Les victoires de l’armée et la direction vers l’ouest

Avant le crépuscule
Abdelmalik Al-Naeem Ahmed

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina 

La région du Darfour demeure une partie chère et précieuse de la patrie, de par son histoire millénaire, sa position géopolitique distinguée, ainsi que son rôle économique dans le renforcement de l’économie nationale, en plus de son attrait touristique pour quiconque a visité ses villes, ses campagnes et le jebel Marra… De même pour le Kordofan “Al-Gharra”, terre de générosité intérieure et extérieure, et sa capitale El-Obeid, la mariée des sables, lorsqu’il s’agissait d’une seule région regroupant ses trois États actuels, avant que le Mouvement populaire ne souille la terre de Kauda et ne s’étende dans certaines villes du Sud-Kordofan, puis vers son ouest… Tout cela avant l’agression régionale et internationale contre le pays, soutenue par les Émirats et face au silence régional et international.
C’est cela l’Ouest du Soudan bien-aimé et le Darfour, avec ses composantes culturelles et sociales dont les habitants ont autrefois drapé la Kaaba honorée, et dont la bonne réputation s’est étendue au-delà des frontières, avant que n’arrivent les (Tatars du XXe siècle) pour en prendre le contrôle, grâce à la complicité régionale et au mauvais voisinage de certains pays envers lesquels le Soudan a pourtant eu de grands mérites, mais qui ont mordu la main qui s’était tendue vers eux, que ce soit le Tchad, l’État du Soudan du Sud ou l’Éthiopie.

La région du Nil Bleu n’était pas loin du cercle des événements. Elle s’est fait connaître par la bonté des mœurs de ses habitants, leur tolérance et leur coexistence entre leurs différentes composantes, en plus des richesses économiques qu’elle possède.
C’est pourquoi elle demeure, elle aussi, une zone de convoitise pour l’État du mal et l’entité qui le dirige et oriente sa boussole. Il y a donc eu des agressions répétées via la porte de l’Éthiopie, terrorisant ses habitants par des drones et des attaques successives, allant jusqu’à l’occupation de zones précieuses avant que l’armée nationale, appuyée par toutes ses forces militaires et sociales, ne les libère.
L’occasion du discours d’aujourd’hui réside dans ces grandes victoires de l’armée soudanaise et de ses composantes parmi les Forces conjointes, les mobilisés et le Service de renseignement général sur le champ de bataille dans les régions du Darfour, du Nil Bleu et des trois États du Kordofan, déplaçant le théâtre des opérations vers l’Ouest, là où la rébellion et ses soutiens ne le souhaitaient pas. Cependant, le plan Yasir al-Atta, chef d’état-major, a bouleversé la donne et plongé les mercenaires dans un grand embarras face à leurs bienfaiteurs et soutiens.
Au moment où la rébellion illusionnait le monde en prétendant assiéger El-Obeid, affirmant qu’elle était à portée de main pour y répéter l’expérience d’El Fasher, voilà que les aigles des airs soudanais et leurs combattants pénètrent dans l’ouest et le nord du Darfour, chassant la rébellion de positions qu’elle pensait devenues inaccessibles pour l’armée. Mais leurs illusions ont été déçues : l’armée nationale a pris le contrôle de Wadi Ardamata, Wadi Kaja, Jebel Moon et Kulbus, et est entrée à Um Baru et Tina, au nord-ouest de l’État du Nord-Darfour, qui sont les dernières zones du Nord-Darfour à être sorties du contrôle de la rébellion.
L’entrée de l’armée dans des zones importantes de l’ouest et du nord du Darfour représente une grande menace pour ce qui est qualifié d’autorité de la “Fondation” (Tassis), qui s’imaginait qu’elle ne quitterait jamais ces régions.
Les victoires de l’armée et des Forces conjointes dans les États du Darfour ont contraint la rébellion et les membres des Forces de soutien rapide à quitter de force le Kordofan pour aller secourir les leurs au Darfour, ce qui a entraîné de grandes divisions au sein de la rébellion en raison des affiliations tribales, dont le prix a été très lourd pour la plupart de ces tribus à cause de leur complaisance avec la rébellion.
Les victoires de l’armée à Um Samima et dans d’autres régions du Kordofan ont poussé de nombreux chefs rebelles à se rendre volontairement à l’armée avec tout leur équipement de guerre, comme cela s’est produit dans la ville d’El-Obeid… De plus, l’entrée hier de l’armée et des mobilisés dans la ville de Kurmuk, dans la région du Nil Bleu, et sa libération des mains de la rébellion — qui l’avait occupée avec un soutien émirati-éthiopien en mars dernier — a déstabilisé la rébellion dirigée par Joseph Touka, entraînant des divisions au sein de ses rangs et la reddition de certains de ses chefs de terrain à l’armée dans la région, tandis que beaucoup d’autres fuyaient vers l’intérieur des camps de la rébellion à Benishangul, en territoire éthiopien.
Ces victoires enregistrées sur le champ de bataille au cours de cette semaine exigent de redoubler d’efforts, d’accroître le soutien populaire à l’armée et d’apporter le soutien du commandement militaire à toutes les colonnes mobiles.
Il ne faut prêter aucune attention, en ce moment, aux appels de (Boulos) ou d’autres à une trêve ou à un arrêt de cette marche nationale pour la libération du pays… Que le Darfour tout entier soit l’objectif ultime, et que le rétablissement de l’autorité de l’État sur cette région et l’expulsion du groupe de la “Fondation” soient les éléments qui déterminent la fin de la bataille, et non la trêve de Boulos ou le désir des Émirats…
Et que cela soit un point de transition pour la communauté internationale et ses organisations afin de reclasser les Forces de soutien rapide comme organisation terroriste, qu’il convient de traiter selon cette approche. Ces victoires ont coïncidé avec la déclaration du ministre des Affaires étrangères devant le Conseil des droits de l’homme à Genève, confirmant ce que le Soudan n’a cessé de répéter concernant les violations des droits de l’homme par la rébellion à travers les crimes qu’elle a commis et continue de commettre grâce au soutien émirati illimité.