
Avec des preuves de « génocide et de persécution » : la Cour pénale internationale ouvre la boîte noire des crimes du Darfour
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
La Cour pénale internationale (CPI) a confirmé, mardi, que la procureure adjointe, Nazhat Shameem Khan, a rencontré des communautés touchées par le conflit dans la région du Darfour, au sein de deux camps de réfugiés dans l’est du Tchad. Elle y a écouté les témoignages des victimes concernant les violations commises, réaffirmant que la situation au Darfour demeure une priorité d’enquête pour le bureau du procureur.
La Cour pénale internationale a déclaré que la procureure adjointe, Nazhat Shameem Khan, a mené des entretiens avec des personnes touchées par le conflit au Darfour dans les camps de Farchana et de Goz Beïda, dans l’est du Tchad, et a écouté leurs récits ainsi que leurs perceptions des violations qu’elles ont subies.
La Cour a expliqué que Mme Khan a informé les victimes que les affaires examinées par le bureau du procureur reposent sur les récits et les dépositions des habitants du Darfour, soulignant l’importance des témoignages des victimes dans le déroulement des enquêtes en cours.
La Cour a ajouté que la situation au Darfour continue de représenter l’une des priorités du bureau du procureur, dans le cadre des enquêtes relatives aux crimes présumés commis dans la région.
Selon le communiqué, les preuves recueillies par le bureau du procureur reflètent l’ampleur des crimes allégués, y compris les actes de persécution contre la population du Darfour, ainsi que les violences sexuelles à grande échelle subies par les victimes.
Le mandat de la Cour pénale internationale concernant la situation au Darfour remonte à la résolution 1593 du Conseil de sécurité des Nations Unies, adoptée en 2005, qui a déféré le dossier de la région à la Cour pour enquêter sur les crimes commis depuis 2002.
En vertu de ce renvoi, la Cour est devenue compétente pour examiner les crimes relevant de sa juridiction, notamment les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et les crimes de génocide commis au Darfour au cours de la guerre actuelle au Soudan.
Depuis lors, le bureau du procureur de la Cour a ouvert des enquêtes sur l’affaire, et les juges de la Cour ont délivré des mandats d’arrêt contre plusieurs anciens responsables soudanais, dont l’ex-président Omar el-Bachir, sur la base d’accusations de crimes commis dans la région. La Cour continue de suivre le dossier du Darfour, tout en poursuivant la collecte de preuves et l’audition des témoignages des victimes et des personnes affectées.