El-Obeid… Entre la visite des Nations Unies et la déclaration de la Ligue des États arabes

 

Avant le crépuscule
Abdelmalik Al-Naeem Ahmed

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina 

 

Nous avons suivi, durant les jours qui ont précédé les grandes victoires de l’armée nationale, avec toutes ses composantes, sur l’axe de l’Ouest et son arrivée au cœur des zones de contrôle de la milice et de son autorité établie dans les États de l’ouest – Darfour et nous avons suivi les discours inexacts concernant le siège d’El-Obeid et l’imminence de sa chute aux mains de la milice…

Ces informations ont été préparées par les officines de désinformation médiatique émiraties, en coopération avec de nombreuses parties à l’intérieur et à l’extérieur du Soudan. L’objectif était de mener une guerre psychologique contre les combattants sur le terrain et de terroriser les citoyens pacifiques… L’État des Émirats ne s’est pas contenté de lancer des drones contre les citoyens et les biens civils à El-Obeid et de tuer des innocents, mais il a également voulu semer la terreur dans leurs cœurs pour les pousser à fuir et à se déplacer, ce qui ne s’est pas réalisé après la fuite forcée de la milice vers l’extrême ouest géographique afin de préserver ce qu’elle prétend être ses zones libérées.

El-Obeid est désormais sous le contrôle de l’armée dans toutes les directions. C’est pourquoi la milice s’obstine à utiliser des drones et à mener une guerre lâche contre le citoyen. La déclaration du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, l’ambassadeur Mohie eldin Salem – lui-même fils de la ville – devant les réunions du Conseil des droits de l’homme à Genève, a mis à nu les violations de la rébellion et de la milice contre la ville pendant plus de deux ans, en lançant des drones tueurs sur les écoles, les hôpitaux, les jardins d’enfants, ainsi que les stations d’essence, d’électricité et d’eau. Toutes ces structures sont considérées comme des cibles civiles, et le visé ici est le citoyen, bafouant ainsi ses droits garantis par la loi à une vie digne… Cette déclaration a reçu un large écho, et les participants à la conférence ont publié un communiqué condamnant la milice des Forces de soutien rapide. Cependant, ce communiqué a évité de condamner les Émirats en raison de leur influence et des pressions qu’ils exercent non seulement sur ce Conseil, mais sur toutes les organisations et instances régionales ou internationales, y compris l’Union africaine et la Ligue arabe. Néanmoins, les Émirats ont été contraints à Genève d’accepter la condamnation de leur allié, les Forces de soutien rapide, pour se protéger eux-mêmes. Mais le fait que tout le monde sache que les Émirats sont ceux qui soutiennent et financent les Forces de soutien rapide a placé leur délégué dans une position peu enviable.

À la lumière de cette évolution sur le terrain en faveur de l’armée et de l’expulsion de la milice des environs d’El-Obeid, la ville et ses citoyens ont un besoin urgent d’aide humanitaire et de secours immédiats, d’autant plus qu’il y a de nombreux déplacés venus chercher la sécurité dans la ville en provenance de plusieurs régions du Nord-Kordofan et du Sud-Kordofan, fuyant les violations de la milice et des rebelles de leur propre communauté issus du groupe d’Abdelaziz al-Hilu.

Les sables du Sud-Kordofan ont bougé sous les pieds de ces derniers après l’assaut d’Al-Atoro à Kaouda et la fuite d’Al-Hilu et de ses partisans, ce qui constitue une nouvelle lecture de la scène qui penche en faveur de l’armée nationale et de la population de l’État.

Il a été rapporté dans l’actualité que le nouveau secrétaire général de la Ligue des États arabes, l’ambassadeur Nabil Fahmy, a publié une déclaration après sa prise de fonction officielle en succession à l’ambassadeur Ahmed Abou – el Gheit à la fin de la semaine, dans laquelle il a affirmé son soutien à la ville d’El-Obeid, son souci pour la sécurité et la sûreté du citoyen, et son attachement à travailler dans le cadre du Quintette… La première déclaration du nouveau secrétaire n’a rien apporté de nouveau et n’est pas sortie du cercle de la condamnation, de la dénonciation et de l’expression de la préoccupation.

Ce sont toutes des émotions, des sentiments et un langage affectif qui ne correspondent pas à ce qui est réellement attendu d’une organisation régionale ayant un rôle à jouer. Si le secrétariat général de la Ligue arabe suivait les événements avec précision, il aurait modifié le contenu de la déclaration, car El-Obeid n’est plus menacée ni assiégée aujourd’hui, mais ses citoyens ont besoin d’aide humanitaire ; où se trouve donc la Ligue arabe face à cela ? Où est le délégué de la Ligue qui devrait se trouver actuellement à l’intérieur d’El-Obeid pour s’enquérir de la situation de ses habitants et leur apporter du soutien, puisque la Ligue a été incapable de condamner ceux qui les ciblent avec des drones, de l’Éthiopie aux Émirats, à travers leurs instruments au sein de la milice ?

En contrepartie, la représentante des Nations Unies au Soudan, Denise Brown, est arrivée à la ville d’El-Obeid pour s’enquérir de la situation des citoyens dans plusieurs zones frappées par les drones. Elle a visité les camps de déplacés et a effectivement commencé à fournir des aides humanitaires aux personnes touchées. Bien qu’elles soient modestes, cela constitue une bonne initiative. La visite n’était pas destinée à rencontrer des responsables et à écouter des rapports, autant qu’elle était purement de terrain et pratique. Pour information, elle fait partie des membres du Quintette mentionné dans la déclaration du nouveau secrétaire général de la Ligue arabe. Ce qui est demandé aujourd’hui à la Ligue arabe, c’est de descendre réellement sur le terrain et de fournir des aides humanitaires au citoyen affecté, tant on parle de la nécessité d’une trêve sous couvert d’action humanitaire.

En conclusion, nous disons à quiconque prétend soutenir le processus de paix au Soudan, qu’il s’agisse d’organisations ou d’États, qu’il faut commencer par faire pression sur l’État des Émirats pour qu’il cesse immédiatement son soutien et son financement à la rébellion, puis classer la rébellion comme organisation terroriste. De plus, le soutien à la plateforme de Djeddah doit se faire en faisant pression pour appliquer ses recommandations sur le terrain. Le premier de ses points est le départ de la milice de tous les sites qu’elle occupe, afin que le processus politique et les négociations puissent commencer dans une atmosphère saine et non sous les pressions ou le chantage de n’importe quelle partie.