
La fable des armes chimiques et les sanctions américaines
Avant le crépuscule
Abdelmalik Al-Naeem Ahmed
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
Le monde n’a pas oublié l’accusation portée par les États-Unis d’Amérique et leur vassale la Grande-Bretagne du temps de Bush contre l’Irak quant à l’existence d’armes de destruction massive, sous le couvert de laquelle l’Irak a été envahi et détruit dans le but de briser la puissance des Arabes et de frapper leurs centres de force pour faciliter ensuite l’absorption de la région et le domptage de ses dirigeants. C’est ce qui se produit aujourd’hui dans la guerre américano-israélienne contre l’Iran, que Trump ravive en frappant à nouveau l’Iran sous prétexte qu’un certain nombre de soldats américains ont été tués pendant la guerre. Ainsi, la vengeance contre l’Iran demeure dans ce cas un devoir sacré pour l’Amérique, comme si ceux tués par la milice rebelle des Forces de soutien rapide au Soudan n’étaient pas des êtres humains, et comme si ceux tués par l’Amérique et Israël en Iran, en Palestine et au Sud-Liban n’étaient pas des citoyens ou des soldats.. Tels sont les critères biaisés de l’Amérique dans son évaluation des droits de l’homme.
Après avoir détruit l’Irak, l’Amérique et la Grande-Bretagne ont découvert que la fable et l’accusation d’armes de destruction massive en Irak étaient inexistantes et qu’aucune preuve n’a été trouvée pour les étayer. Mais il s’agissait d’un complot visant à contrôler le pétrole irakien afin de préserver le dollar, après que le pétrole fut devenu l’une de ses plus grandes menaces. En Grande-Bretagne, le scientifique qui avait été trompé en adoptant la fable de l’existence des armes de destruction massive s’est suicidé, et les excuses sont venues timidement après l’exécution du plan.
En 1998, le dix-huit août, au cours d’un après-midi de mardi mémorable, l’Amérique a bombardé l’usine pharmaceutique d’Al-Shifa dans la région de Khartoum Bahri, la réduisant en ruines et tuant ceux qu’elle a tués. L’accusation était qu’il s’agissait d’une usine d’armes chimiques, sur instigation de Mubarak Al-Fadil dans une trahison avérée de sa patrie. L’Amérique a alors découvert qu’une telle accusation n’existait pas, et ni elle, avec tous ses services, ni Mubarak Al-Fadil lui-même n’ont pu fournir de preuves de ces accusations. Ce qui a amené plus tard les tribunaux américains à statuer en faveur du propriétaire de l’usine d’Al-Shifa et à l’indemniser financièrement et intégralement pour toutes les pertes. Les faits marquants de ces deux incidents demeurent que l’Amérique accuse et punit sur la base d’accusations, échoue à prouver l’accusation, mais ne revient pas sur sa conspiration contre celui qu’elle estime faible devant elle, emportée par l’orgueil dans le péché et en rendant la justice elle-même.
L’occasion du propos d’aujourd’hui réside dans ces sanctions américaines imposées au Soudan sous l’accusation d’utilisation d’armes chimiques par l’armée nationale contre les citoyens pendant cette guerre… C’est ainsi que l’accusation a été lancée et que les sanctions ont été annoncées sur des motifs erronés et à un moment opportunément mal choisi également.
Premièrement, l’Amérique n’a pu fournir aucune preuve ni confirmation de ces accusations et ne le pourra pas. Deuxièmement, elle n’a pas accepté d’envoyer une commission spéciale sur les armes prohibées pour examen et enquête avant d’imposer des sanctions. Troisièmement, et pour la première fois, l’Amérique envisage de s’appuyer sur l’un des organismes des Nations Unies relatifs à l’interdiction des armes pour se substituer à elle, ne serait-ce que par la parole avant l’acte.
En ce qui concerne le timing, l’Amérique prétend maintenant être la plus soucieuse d’un cessez-le-feu au Soudan, demande une trêve humanitaire et propose un projet de trajectoire politique pour parvenir à la paix au Soudan à travers le mémorandum de Mossad Boulos, attendant la coopération du gouvernement du Soudan pour réaliser le possible à partir de ces propositions. Puis la voilà qui impose ses sanctions et adopte une position totalement biaisée en faveur de la rébellion et de ses soutiens dans sa création, sa résilience et son avancée en accusant l’armée. Comment dès lors peut-elle être un médiateur acceptable, ou même un médiateur dont on espère quelque chose ?
L’Amérique emboîte désormais le pas à l’État des Émirats, aux rebelles et à leurs soutiens politiques, emboîtant le pas à pas. Comment peut-elle attendre une quelconque réaction positive du gouvernement du Soudan et de son peuple aux solutions, mémorandums ou feuilles de route qu’elle propose, peu importe le nom qu’on leur donne ?
L’observateur du comportement américain, non seulement avec le Soudan mais avec tous les pays du monde — caractérisé par la supériorité, l’arrogance, la manipulation des lois internationales et leur violation au vu et au su de tous, ainsi que le deux poids deux mesures dans une même cause —, ne s’étonne certainement pas de ce qu’elle fait actuellement avec le Soudan en termes de fluctuation des positions, de contradiction des décisions, d’accusations injustifiées et sans preuve ni démonstration, et de sanctions imposées sur cette base.
Il devient absolument certain que celui qui compte sur elle récoltera la chimère, et que celui qui se couvre avec elle se retrouve nu, le dos et le ventre découverts face à l’ennemi. Les témoignages de l’ancien conseiller de la Maison Blanche Cameron Hudson sur les directions américaines passée et présente, ainsi que sur ses accusations arbitraires contre les pays et les gouvernements, dont la dernière vise l’armée soudanaise — que sont ces témoignages irréprochables de Hudson sinon une confirmation catégorique de ce que nous avons avancé ?
Après tout cela, la communication avec Mossad Boulos conserve-t-elle une quelconque utilité ou valeur ? Ou s’agit-il d’un scénario pour gagner du temps au profit de l’ennemi et de ses soutiens ?