La présidence d’Al-Burhan et la dissolution du Conseil de souveraineté : un appel prématuré à une étape ultérieure

En clair
Fath Al-Rahman Al-Nahas

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina 

 

Des revendications ont fait leur apparition publique, appelant à proclamer Al-Burhan « président de la République » et à dissoudre le Conseil de souveraineté, ce qui signifie le passage à une étape « prématurée », sans valeur ni sens quant à la « précipitation » vers celle-ci, même si cette invite cache des « désirs émanant d’en haut » que nous espérons inexacts… Car ce qui préoccupe le peuple à l’heure actuelle et qu’il considère comme le « plus important », c’est que la bataille se poursuive « jusqu’à son terme » en matant la rébellion et en l’« éliminant » totalement, comme l’a « promis » Al-Burhan lui-même. Dès lors, il n’est pas acceptable que les partisans de la dissolution du Conseil et de l’investiture d’Al-Burhan en tant que président « détournent » l’attention du peuple des « préoccupations » de l’étape actuelle et le « distraient » en sautant par-dessus vers une nouvelle étape dont ni Al-Burhan ni le peuple ne se « réjouiront » tant que la guerre n’aura pas été tranchée. Pire encore, cela pourrait plonger la patrie dans des « différends politiques » prévisibles qui doubleraient les complexités du contexte national actuel… Même si nous comprenons que ces appels émanent de parties « soucieuses » de l’intérêt de la patrie et estimant le « rôle » historique d’Al-Burhan dans la « conduite » de la bataille ainsi que les « victoires » remportées sous son commandement, nous estimons néanmoins qu’ils ne doivent pas le distraire avec cette question de la présidence, car il jouit déjà d’un « mandat » du peuple, se trouve à la « tête de l’État » et préside la « cabine » du Conseil de souveraineté militaire.
Al-Burhan et ses compagnons parmi les chefs militaires du Conseil ont vu leur cote de popularité augmenter grâce à leur prise en charge de la direction de cette phase « critique » de l’histoire de la patrie et à leur gestion de la guerre avec « efficacité, fermeté et compétence ». Par conséquent, il n’est pas juste que leur « récompense » soit la réclamation de la dissolution de leur conseil militaire et le « jet » d’Al-Burhan dans le brasier d’une bataille politique dont les parties prenantes risquent de susciter des « différends » avec les partisans de la présidence et ceux qui les manipulent « en coulisses »… Al-Burhan ne doit pas accepter cette « offre » et doit s’en « distancer », du moins en ce moment où la guerre fait rage, et poursuivre la gestion de la bataille jusqu’à son terme ultime, afin de récolter le « plus grand statut » dans notre histoire nationale et le plus grand « soutien » du peuple soudanais. Il commencera ensuite, avec ses compagnons du commandement « historique », du gouvernement « de transition » et de l’appareil « sécuritaire », la préparation et l’appel à une « conférence de dialogue national » pour délibérer sur la fondation et la planification de l’avenir du nouveau Soudan. Y participeront les hommes politiques nationaux, les « figures » religieuses et tribales, les savants et les penseurs pour dégager une « formule évoluée » pour les institutions gouvernementales constitutionnelles et la « structuration partisane » optimale, afin d’aboutir à une « architecture d’État » inébranlable, puis de « fixer » l’échéancier de transition vers l’étape des « élections libres » pour le Parlement et la présidence.
Il n’y a pas de temps pour les théorisations et les appels « luxueux » alors que la plaie du pays « saigne » encore et que la guerre n’a pas déposé ses armes. Nous n’avons nul besoin de sauter par-dessus l’étape actuelle vers une phase qui sera le théâtre de l’explosion de conflits politiques dont le pays se « passerait volontiers »… Laissez Al-Burhan et le Conseil de souveraineté achever le « parcours », car la victoire est à portée de main et les « archers » sont sur la montagne… Et nous craignons fort de voir, d’ici peu, les partisans de la dissolution et de la présidence hâtive se ranger dans le camp de l’opposition politique… Il vaut mieux pour Al-Burhan d’accéder à la présidence par des élections libres ; il sera « qualifié » pour les disputer et remportera les voix « décisives » de la majorité du peuple… Seigneur, ai-je transmis le message ? Sois-en témoin.
Nous écrirons encore et encore.