Une délégation du conseil de paix et de sécurité africain visite Khartoum et rencontre Al-Burhan et Kamil Idriss

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
Le président du Conseil de souveraineté de transition, commandant en chef des forces armées, le général d’armée Abdel Fattah Al-Burhan, a rencontré au palais présidentiel la délégation du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, en présence du ministre des Affaires étrangères Mohie eldin Salem.
Le représentant permanent de l’Algérie auprès de l’Union africaine, président rotatif du Conseil pour le mois d’août et chef de la délégation, l’ambassadeur Mohamed Khaled, a qualifié la rencontre de « fructueuse » et a abordé des questions liées à la paix, à la sécurité et à la stabilité au Soudan, saluant l’intérêt et l’engagement témoignés par le président du Conseil de souveraineté en faveur des questions de paix et de stabilité.
Le chef de la délégation a confirmé la position constante et ferme du Conseil de paix et de sécurité africain concernant le respect de la souveraineté du Soudan, de son intégrité territoriale et de son unité nationale, ainsi que la réalisation des aspirations du peuple soudanais à restaurer la paix, la sécurité et la stabilité, à reconstruire le développement et à instaurer une gouvernance démocratique.

Règlement politique :
Il a expliqué que la rencontre avait abordé la situation actuelle dans le pays, le Conseil ayant exprimé sa vive inquiétude face à la poursuite de la guerre et aux lourdes pertes humaines, à la destruction des infrastructures et à l’aggravation de la crise humanitaire qui en ont résulté.
Le chef de la délégation a souligné que la seule voie pour parvenir à une paix durable passe par le dialogue, la réconciliation nationale et la conclusion d’un règlement politique global répondant aux aspirations du peuple, notant que le Conseil salue les démarches relatives à l’initiative de paix et au retour du gouvernement à l’exercice de ses fonctions depuis la capitale Khartoum, en tant qu’étape charnière pour restaurer le fonctionnement des institutions, fournir les services de base, rétablir la confiance et réussir la transition démocratique.
Il a appelé le gouvernement et les forces politiques à renforcer le caractère inclusif du processus de transition et à œuvrer pour parvenir à des consensus nationaux afin d’aboutir à un ordre constitutionnel à travers des élections libres et transparentes.
Rôle central :
Le chef de la délégation a souligné le rôle central de l’Union africaine dans le processus de paix au Soudan, saluant les efforts du Groupe des Cinq sous la conduite de l’Union africaine. Il a réitéré la position du Conseil condamnant toute ingérence extérieure dans les affaires intérieures du Soudan dans la mesure où elle alimente le conflit, affirmant le rejet de toute tentative de créer des entités ou des gouvernements parallèles portant atteinte à l’unité du Soudan et à sa souveraineté.
Il a salué les mesures de réouverture du bureau de liaison de l’Union africaine à Khartoum, exprimant son souhait de renforcer le rôle de l’Union et de soutenir le retour du Soudan à l’exercice de ses activités au sein de l’Union africaine.
Auparavant, le Premier ministre soudanais Kamil Idriss s’était entretenu avec la délégation africaine et avait révélé le lancement prochain des préparatifs du dialogue soudanais, affirmant que tout arrangement pour le processus mené à l’extérieur du pays ne concernait pas le gouvernement soudanais.
Le Premier ministre a présenté un exposé à la délégation sur les derniers développements de la situation dans le pays, ainsi que sur l’ampleur des destructions et des ravages causés par la milice des Forces de soutien rapide et ses partisans.
Il a souligné que la visite de la délégation constitue un message fort affirmant la continuité des relations de l’Union africaine avec le Soudan, insistant sur le fait que ces relations doivent reposer sur le respect mutuel entre les pays de l’Union, rappelant que le Soudan est l’un des fondateurs importants de l’Union, et passant en revue ses efforts historiques dans la construction de l’Union africaine et le soutien à l’unité et à la solidarité continentales.
Il a indiqué que la délégation constaterait par elle-même, au cours de sa visite, l’ampleur des violations, des crimes et des destructions commis par la milice à l’encontre du Soudan, y compris la destruction des infrastructures, des services publics et des institutions de l’État.
Fin de la guerre :
Il a présenté l’initiative de paix du gouvernement soudanais, qu’il a soumise au Conseil de sécurité des Nations unies en décembre 2025, reposant sur le retrait de la milice des Forces de soutien rapide des zones qu’elle a occupées, et sur l’engagement dans des procédures d’intégration et de démobilisation jusqu’à la fin de la guerre, précisant que l’initiative a reçu un accueil favorable de la part des organisations régionales et internationales ainsi que des entités religieuses mondiales.
Il s’est interrogé sur le rôle joué par l’Union africaine dans la crise soudanaise, affirmant l’aspiration du Soudan à recevoir l’appui et le soutien de l’Union pour désigner la milice comme organisation terroriste en raison de son comportement criminel.
Lignes rouges :
Il a mis en garde contre les lignes rouges qui ne peuvent être franchies, représentées par l’absence d’équivalence entre les Forces armées soudanaises et la milice rebelle, et la non-ingérence extérieure dans les affaires du pays, soulignant que seuls les Soudanais déterminent la manière de gérer les affaires de leur pays.
Le Premier ministre a confirmé que les Forces armées progressent actuellement dans la région du Grand Kordofan, et se déplaceront vers la région du Grand Darfour jusqu’à la libération totale du pays, notant que ce qui se passe au Soudan exige la solidarité de l’Union africaine car cela pourrait s’étendre à tous les pays africains et les impacter.
Il a annoncé que le dialogue soudano-soudanais, pleinement approprié par l’ensemble du peuple soudanais, sera lancé prochainement, et qu’il conduira à un rétablissement national global, à une réconciliation nationale totale et à une reconstruction constitutionnelle intégrée, soulignant que le dialogue s’achèvera par des élections libres et transparentes au cours desquelles le peuple choisira une nouvelle direction pour conduire la nation.