Retour des étudiants et des résidences universitaires… La décision du ministère et la flexibilité requise

Avant le crépuscule

Dr. Abdelmalek Al-Naeem Ahmed

Traduction: Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

• Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a récemment émis une décision portant sur la fermeture des centres extérieurs de toutes les universités soudanaises à l’étranger, qui avaient été ouverts durant les années de guerre en raison de l’impossibilité de poursuivre le processus éducatif et l’enseignement à l’intérieur du pays, y compris pour les universités situées dans les États sûrs qui n’ont pas été détruites par la milice des Forces de soutien rapide, et ce, compte tenu de la présence de nombreux étudiants et de leurs familles hors du Soudan. Les décisions d’étudier à l’étranger avaient été prises par les administrations des universités en vertu de leurs prérogatives et de leurs propres évaluations.
• En contrepartie, la décision du ministère a obligé les universités à retourner à leurs sièges d’origine et à commencer l’enseignement en présentiel pour tous les étudiants à partir du début de la nouvelle année académique universitaire au cours du mois de septembre prochain, selon le calendrier académique des secrétariats aux affaires scientifiques de chaque université, car cela relève de la compétence des universités et de leurs administrations.
• La décision est sans doute judicieuse, et le fait d’établir des universités à l’étranger était une mesure d’urgence dictée par des circonstances de force majeure pour garantir la continuité du processus éducatif et éviter que les étudiants ne prennent encore plus de retard alors que leurs familles ont un besoin urgent d’eux, d’une part.
• D’autre part, la reconstruction des universités et la normalisation de la vie en leur sein ne peuvent se faire sans la présence de l’élément humain. La présence de l’administration universitaire avec toutes ses instances et directions — doyens de facultés, doyen des étudiants, chefs de départements et directeurs des services d’appui — à ce moment précis semble nécessaire, importante, voire inévitable, et s’est déjà concrétisée dans plusieurs universités, en particulier l’Université de Khartoum, fidèle à son habitude de pionnière et d’avant-gardiste.
• L’Université de Khartoum a devancé les décisions du ministère de l’Enseignement supérieur concernant le retour à ses sièges à Khartoum.
• En effet, le mois de novembre de l’année 2025 a vu le retour des étudiants de première année des promotions 2023 et 2024 et le début des cours en présentiel dans les locaux de la Faculté d’éducation de l’Université de Khartoum pour les étudiants de (23) facultés, dans ce qu’on a appelé l’année préparatoire.
• Les étudiants de première année ont achevé l’année académique avec succès et ont terminé les examens de fin d’année en juillet dernier, et se préparent maintenant à commencer la nouvelle année dans toutes les facultés à la mi-septembre prochain, conformément à l’annonce du Secrétariat aux affaires scientifiques de l’université.
• L’expérience a sans doute été accompagnée de nombreux obstacles, problèmes et souffrances, tant pour les étudiants que pour les professeurs et l’administration. Mais grâce à la patience et à la détermination de réussir l’expérience, le navire de l’année préparatoire a traversé vers un havre de paix, et les étudiants se dirigeront vers leurs facultés respectives au début de l’année, ce qui constitue le prochain défi. En effet, un certain nombre de facultés ne sont pas prêtes au niveau requis et nécessitent un double d’efforts pour fournir le minimum de besoins aux étudiants, aux membres du corps professoral et aux directeurs des services d’appui.
• Cela exige une évaluation objective et pratique de la situation à partir de la réalité du terrain, puis la prise de décisions qui atteignent le premier objectif : maintenir la continuité du processus d’enseignement, exécuter la décision, et préserver et garantir les droits des étudiants, des membres du corps professoral et de tous les employés de l’université, toutes catégories et fonctions confondues.
• Cela requiert une coordination au plus haut niveau entre l’administration de l’université, le ministère de l’Enseignement supérieur et le Fonds national de protection sociale des étudiants et le sujet s’applique à toutes les administrations universitaires se trouvant dans les mêmes conditions.
• L’occasion du propos d’aujourd’hui est ma participation en tant qu’invité à une émission télévisée sur la chaîne Al-Zarqa avant-hier soir, mardi, intitulée « Agenda du futur ». L’invité en studio était Dr. Ahmed Hamza, secrétaire général du Fonds national de protection sociale des étudiants, et j’étais invité via Zoom depuis Caire.
• Le sujet de l’émission était extrêmement important : dans quelle mesure le Fonds, les administrations des universités et le ministère de l’Enseignement supérieur sont-ils prêts à accueillir les étudiants dans les résidences universitaires, et sont-elles prêtes à un pourcentage satisfaisant et raisonnable ? L’émission a également abordé plusieurs axes relatifs à la coordination entre le Fonds et les partenaires, ainsi que l’activité culturelle, la prise en charge sanitaire et d’autres missions du Fonds.
• Mon attention a été attirée par la réponse du secrétaire général du Fonds de protection sociale des étudiants, Dr. Ahmed Hamza, à la question sur le pourcentage de maintenance et de reconstruction dans les résidences universitaires jusqu’à présent.
• Il a mentionné que la reconstruction et la maintenance ont atteint 60 % dans l’État d’Al-Jazira, 50 % dans l’État de Sennar, et dans certains États où les résidences ont été affectées par l’hébergement des déplacés, le pourcentage varie entre 60 % et 70 %… Quant aux résidences de l’État de Khartoum, ce qui constitue le cœur du problème et où se trouvent les résidences des étudiants de l’Université de Khartoum (Al-Zahra, Hassan Hussein, Hasseeb, Al-Razi, la Mer Rouge) — les plus touchées en raison de leur emplacement dans les zones d’opérations —, ainsi que les résidences des complexes de Shambat, de la Faculté d’éducation et de Soba… Le pourcentage de maintenance dans les résidences du Fonds dans l’État a atteint, comme il l’a indiqué, 32 %… Ce qui me semble être un pourcentage très modeste, pour ne pas dire faible.
• Ma remarque a été que ce pourcentage paraît faible par rapport à la date annoncée pour le retour des étudiants au cours du mois prochain. Même si tous les matériaux requis pour la maintenance sont disponibles après la visite du général Abdel Fattah al-Burhan à l’Université de Khartoum et son engagement à rénover toutes les résidences, le temps reste insuffisant pour achever la reconstruction.
• Le secrétaire général a confirmé mes propos en déclarant que la reconstruction pourrait nécessiter deux ans ou plus. C’est pourquoi j’ai proposé de commencer une nouvelle phase de réunions et de sessions de discussion objectives et réalistes entre le Fonds, les administrations des universités et le ministère de l’Enseignement supérieur, afin de convenir d’abord d’appliquer la décision de retour avec une grande flexibilité qui prenne en compte toutes les parties concernées et impactées négativement ou positivement par l’application de la décision.
• Cela permettrait d’assurer le respect et l’exécution de la décision d’une part, et de garantir la continuité du processus éducatif ainsi que le maintien et la préservation des membres du corps professoral en service ou sous contrat temporaire parmi les anciens professeurs, en raison de leur importance et de leur rôle dans l’ensemble du processus éducatif, de la recherche scientifique, des études supérieures et même du classement des universités d’autre part.
• Car aujourd’hui est apparu le problème du manque de « préparation » des résidences au niveau requis, sachant que le nombre d’étudiants de l’État de Khartoum ayant besoin de ces résidences est d’environ (79) mille étudiants et étudiantes.
• En plus d’un environnement adéquat pour l’étude et le logement, ils ont besoin d’autres services tels que l’eau, l’électricité, les soins de santé et des repas nutritifs à des prix abordables. Le Fonds a-t-il vraiment anticipé tout cela ? Et l’on sait quelles protestations les étudiants pourraient déclencher, risquant d’affecter le processus éducatif et les études elles-mêmes si les résidences ne sont pas prêtes au niveau minimum, alors que leur état actuel est connu après ce qu’a bien voulu déclarer le secrétaire général du Fonds.
• Tout en étant pleinement convaincu de l’importance de la décision de retour et de la normalisation de la vie universitaire, et même de la vie du citoyen, j’ai proposé dans des interventions et débats précédents sur le sujet que, pour réussir la mise en œuvre de la décision, la souplesse absolue est requise de la part des administrations des universités, en convainquant le ministère de l’Enseignement supérieur.
• Cette flexibilité réside dans la poursuite de l’expérience réussie pendant les années de guerre, à savoir l’enseignement hybride via des plateformes électroniques et en présentiel simultanément. Ainsi, l’expérience de la plateforme d’enseignement électronique créée et supervisée par l’administration de l’université, le Secrétariat aux affaires scientifiques et le ministre de l’Enseignement supérieur (l’un de ses capitaines lorsqu’il était vice-président de l’université) doit être renforcée et non compromise.
• Car elle permettra d’atteindre un ensemble d’objectifs, le premier étant de conserver les membres du corps professoral qui se trouvent à l’étranger et dont le retour est difficile pour des raisons familiales et sociales particulières, ainsi que les grands professeurs sous contrat temporaire dont les universités ont un besoin supérieur au leur.
• Je suis même allé plus loin dans ma proposition concernant l’utilité d’associer l’enseignement présentiel et via les plateformes électroniques, pour qu’il inclue même les étudiants présents dans les États des universités, en alternant les cours au cours de la semaine par exemple, afin que les étudiants ne se rendent pas quotidiennement dans les salles de cours.
• Cela permettrait de réduire les coûts de transport et de petit-déjeuner d’une part, d’alléger la charge des universités en matière de consommation d’eau et d’électricité d’autre part, et d’atténuer la pression sur les résidences universitaires enfin.
• Ce sont là quelques idées et opinions soumises à la discussion et au débat, que nous avançons dans l’esprit que la moitié de votre opinion se trouve chez votre frère, et pour affirmer l’importance de s’inspirer du principe de concertation et de l’avis des autres sur des questions qui concernent tout le monde et affectent tout le monde.
• Surtout lorsqu’il s’agit d’un sujet qui touche les gens de savoir, les donneurs d’opinion et les savants de la nation… guident du conséquence de son développement.