Le retour des drones au Centre…Que se passe-t-il ?

Avant le crépuscule

 

Dr. Abdelmalek Al-Naeem Ahmed

 

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

 

  • La guerre stratégique des drones à laquelle la milice des Forces de soutien rapide, les mercenaires Janjaweed et la famille Dagalo se sont accoutumés n’est plus un secret pour aucun observateur : c’est une guerre lâche que la milice a adoptée comme alternative pour compenser ses pertes dans la vraie guerre sur le terrain et sa défaite face à l’armée et aux forces d’appui. Elle l’utilise en outre pour distraire l’armée et la détourner des batailles de libération qui sont désormais sur le point d’atteindre l’entrée de la région du Darfour, après la libération hier de Sodari dans le Kordofan du Nord et l’infliction de lourdes pertes aux mercenaires.
  • La lâcheté de la guerre des drones réside dans le fait que ses cibles ont toujours été civiles : stations-services, hôpitaux, jardins d’enfants, écoles et habitations de citoyens. Même les camps de déplacés, chassés de leurs foyers par la rébellion, n’y ont pas échappé, comme cela s’est produit dans le Bleu-Nile, dans le Kordofan du Nord et du Sud, ainsi que dans les villes d’El Obeid, Kosti, Atbara et Omdurman. Le ciblage d’infrastructures civiles par les drones, telles que les stations d’eau et d’électricité, a été la scène la plus fréquente, signifiant une attaque directe contre le citoyen innocent, lui aussi victime de la guerre.
  • L’absence totale d’humanité chez la milice et les mercenaires des Forces de soutien rapide s’est concrétisée dans la profanation des villages et des villes, ainsi que dans la violation des droits des citoyens, soumis à des passages à tabac et à des tortures avant d’être tués, sans oublier le viol de milliers de femmes vertueuses autant d’actes qui relèvent de crimes de guerre et de violations du droit international.
  • La déshumanisation de ces mercenaires s’est également traduite par l’incendie et la destruction de convois d’aide humanitaire destinés aux déplacés des camps, comme ce fut le cas lors du siège d’El Fasher et même après sa profanation et leur entrée dans la ville, ainsi que dans le Kordofan du Nord avec le pillage et l’incendie de camions d’aide fournis par le Centre Roi Salman.
  • Cela a amené le Royaume d’Arabie saoudite à porter plainte publiquement contre les Forces de soutien rapide rebelles et l’État des Émirats arabes unis qui soutient et finance ces opérations criminelles. Paradoxalement, Abou Dhabi accueille ces jours-ci une conférence internationale des Nations Unies consacrée à la prévention du crime et à la justice pénale, ce qui confirme le silence et la complicité de l’organisation internationale avec l’État des Émirats arabes unis dans tous ses crimes. Sinon, quelle est la justification de la tenue d’une telle conférence sur ce sujet, à ce moment précis et dans la capitale de l’État des Émirats arabes unis, Abou Dhabi ?
  • L’État des Émirats arabes unis a employé ses dirhams pour exploiter l’Éthiopie et en faire une base permanente destinée à héberger les camps de la rébellion et à les entraîner pour attaquer la région du Bleu-Nile et occuper plusieurs de ses villes frontalières. C’est même depuis son territoire que s’élancent les drones stratégiques pour bombarder Damazin et certaines villes de la région afin d’y instaurer un climat de terreur, de tuer des citoyens et de frapper et détruire des infrastructures civiles et des centres de services aux citoyens dans le but d’accentuer la pression sur la population… Sans parler des drones partis de Bahr Dar qui ont bombardé l’aéroport de Khartoum et les quartiers de Burri et Al-Safa, et qui ont atteint Kosti et El Obeid.
  • Le propos d’aujourd’hui intervient à la suite de la reprise des tirs de drones, qui n’avaient certes jamais cessé, en particulier dans les zones d’occupation d’une partie du Kordofan et de l’ensemble du Darfour, mais qui se sont renouvelés par leur lancement vers de nouvelles régions dont ils étaient absents depuis plusieurs mois : la région du Centre du Soudan, dans l’État de Gezira, à l’est, au sud et au cœur même du projet agricole le plus célèbre du monde et le plus ancien de l’histoire, à savoir le projet agricole de Gezira créé en 1925.
  • La chute de drones stratégiques il y a deux jours dans la région d’Al-Alila, à 20 kilomètres au nord-est de la ville de Wad Medani, entraînant la destruction d’une partie d’une station-service, ainsi que la chute de deux drones dans le sud de la Gezira au sein des fermes des villages de Wad Matar et Wad Al-Bar Al-Khawalda, contiennent des messages de la rébellion qui paraissent nouveaux et ciblés en soi.
  • En effet, l’État de Gezira connaissait un calme relatif depuis la libération de Medani et de Sennar dans l’État de Sennar, à l’exception de quelques crimes de contrebande interceptés et sanctionnés, et la vie était même revenue à la normale dans la plupart des institutions. Dès lors, quels sont les objectifs de la rébellion en réinstaurant un état de panique et de peur dans les villages du centre de la Gezira ? D’où ces drones ont-ils été lancés ? La question qui vient immédiatement à l’esprit à la suite de cet incident de drones en Gezira est la suivante : existe-t-il des cellules dormantes disposant de plateformes de lancement de drones dans ces régions ? Ou s’agit-il de drones lancés depuis des plateformes situées dans des pays voisins, à leur tête l’Éthiopie ?
  • Il est clair que le retour des drones dans la région du Centre vise à disperser les efforts de l’armée et à la distraire vers d’autres zones sûres et stables, loin des batailles du Kordofan et du Darfour et des victoires que l’armée y remporte.
  • Il vise également à créer un climat de peur et d’instabilité alors que la vie était revenue à la normale et que les agriculteurs de Gezira achevaient la saison d’été pour se préparer à la culture de la saison d’hiver. Cela s’inscrit en outre dans la guerre psychologique alimentée par les officines de désinformation médiatique d’Abou Dhabi, prétendant qu’une vague de famine est imminente en raison du faible niveau des précipitations et de la pénurie alimentaire qui l’accompagne.
  • Il convient donc d’analyser le retour des drones au centre du pays, après la période de calme, de sécurité et de stabilité qu’a connue le Centre, avec attention et sous tous ses angles, afin de comprendre l’ensemble de ses visées à ce moment précis ainsi que les objectifs recherchés. Cette analyse exige également d’identifier l’emplacement de leurs plateformes de lancement : sont-elles situées à l’intérieur de la région ou à l’extérieur, dans le but d’assécher ces sources et de les frapper avant leur lancement, même si elles proviennent de l’un des pays voisins agresseurs, en vertu du principe légal bien connu de la légitime défense… d’autant plus que la défense antiaérienne de l’armée soudanaise est au sommet de sa puissance.