Le sommet d’El-Alamein trace de nouvelles lignes rouges dans la région

 

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

 

Les dirigeants de l’Égypte, du Soudan, de l’Érythrée et de la Somalie se sont mis d’accord sur un ensemble de décisions stratégiques visant à protéger la sécurité régionale, au premier rang desquelles figure le rejet catégorique des milices et des entités parallèles au Soudan et au Somaliland, ainsi que l’interdiction des mesures unilatérales sur les fleuves transfrontaliers, en premier lieu le fleuve Nil. Le sommet quadripartite s’est conclu par une déclaration commune intitulée Déclaration commune d’El-Alamein, accueillie par le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, avec la participation du président du Conseil de souveraineté soudanais, le général d’armée Abdel Fattah al-Burhan, du président érythréen Isaias Afwerki, et du président somalien Hassan Sheikh Mohamud.

Les dirigeants ont déclaré leur engagement total à soutenir l’unité du Soudan, sa souveraineté, l’intégrité de son territoire et ses institutions nationales légitimes. La déclaration a souligné le rejet catégorique de la création de toute entité parallèle ou de la fourniture de toute forme de soutien aux mercenaires, tout en affirmant l’encouragement de la reprise du processus politique sous une propriété et une direction purement soudanaises. Le sommet a réitéré son soutien absolu à l’unité et à la souveraineté de la République fédérale de Somalie sur l’ensemble de son territoire, déclarant le rejet total de toute reconnaissance ou de tout soutien à ce qui est appelé le Somaliland, considéré comme une atteinte à la souveraineté somalienne. Les dirigeants ont également appelé la communauté internationale à fournir un financement durable à la Mission d’appui et de stabilisation de l’Union africaine en Somalie afin de lui permettre d’aider l’armée somalienne dans la lutte contre le terrorisme et dans l’établissement du contrôle de l’État.

Concernant le dossier de l’eau et de la sécurité hydrique, les dirigeants ont insisté sur l’obligation de respecter le droit international relatif aux fleuves transfrontaliers, en premier lieu le fleuve Nil, soulignant le respect du principe de non-nuisance et la nécessité d’une coordination par le biais de la notification préalable, de la concertation et du consensus. La déclaration a proclamé le rejet complet de toutes mesures unilatérales causant un préjudice aux utilisations d’eau existantes des deux pays d’aval l’Égypte et le Soudan.

Quant à la navigation maritime, les visions des dirigeants se sont accordées sur le fait que la gouvernance de la mer Rouge relève de la responsabilité exclusive des États riverains, tout en réaffirmant le principe de la liberté de la navigation internationale.

La déclaration a mentionné que les consultations se sont concentrées sur la nécessité de respecter les principes fondamentaux du droit international en tant que pilier de la stabilité, en particulier le respect du bon voisinage et le rejet de l’ingérence dans les affaires intérieures des États. Il a également été convenu de promouvoir la coopération économique, commerciale et culturelle entre les quatre pays au service des intérêts et du destin communs de leurs peuples.

Les dirigeants ont approuvé la création d’un mécanisme conjoint pour le suivi des résultats de la déclaration, prévoyant que le sommet quadripartite se tienne de manière périodique et chaque fois que nécessaire afin de renforcer la coordination.