
Le Sommet quatuor d’El-Alamein… Une nouvelle alliance pour la sécurité régionale
Avant le crépuscule
Dr. Abdelmalek El-Naeem Ahmed
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
- Nous avons abordé dans l’article d’hier le moment où s’est tenu le sommet quatuor des présidents de l’Égypte, du Soudan, de l’Érythrée et de la Somalie, hôte de la République Arabe d’Égypte. Nous avons également abordé les sujets discutés par les présidents et nous sommes allés plus loin dans la lecture et l’analyse des liens qui unissent les quatre pays et des menaces sécuritaires pesant sur l’ensemble des quatre nations. Le dénominateur commun de ces menaces provient d’un seul pays : l’Éthiopie et le régime d’Abiy Ahmed, devenu un outil entre les mains de l’État des Émirats arabes unis, agresseur du Soudan en soutenant la milice, en amenant des mercenaires et en exploitant l’Éthiopie comme patte de chat pour le lancement de drones et de combattants sur la région du Nil Bleu, déplaçant ses habitants et allant jusqu’à tenter d’assassiner le gouverneur par une tentative de bombardement de sa résidence. Sans parler de son agression contre les eaux et de son empiétement sur le territoire de la Somalie, tandis que son conflit avec l’Érythrée est historique et connu.
- La nouveauté dans ces circonstances réside dans l’ébullition interne que connaît le régime d’Abiy Ahmed et l’alliance de sept groupes armés éthiopiens pour mettre fin à son règne et l’écarter de la présidence du pays, malgré les différends et les guerres qui existent entre ces groupes, mais qui se sont tous accordés sur cet objectif. Cela double la pression sur Abiy Ahmed, à l’intérieur de la part des mouvements armés, et à l’extérieur de la part des pays voisins qui souffrent tous du régime d’Addis-Abeba.
- Si tel était le cas concernant les sujets du sommet quatuor d’El-Alamein et la date de sa tenue, les résultats du sommet, ce qui en a découlé et les rencontres bilatérales entre ses présidents ont établi de nombreux plans et défini les stratégies pouvant être appliquées pour stopper toute ambition de l’Éthiopie — et à travers elle des Émirats et d’Israël — de s’étendre dans la région, et pour protéger la sécurité régionale ainsi que les intérêts des quatre pays, tant que le Conseil de paix et de sécurité africain, l’Union africaine et ses institutions ne sont plus capables de protéger la sécurité des pays de la région, ce qui donne à la nouvelle alliance quadripartite formée lors du sommet d’El-Alamein son importance particulière et son rôle escompté pour repousser les agressions et stopper tout empiétement prévisible sur les intérêts des quatre pays.
- Des recommandations importantes et des décisions requises et nécessaires sont ressortis du sommet quadripartite d’El-Alamein concernant la sécurité régionale des pays de la zone. La première recommandation du sommet a été le non-reconnaissance de tout gouvernement parallèle au Soudan ou en Somalie, dans ce qui est connu sous le nom de Somaliland, reconnu uniquement par l’État de l’entité sioniste parmi tous les pays du monde, ce qui confirme l’objectif de séparation de la région et confirme d’autre part le rôle des Émirats en Somalie, en plus de leur ingérence flagrante et découverte au Soudan par le soutien à la milice, aux mercenaires et à la rébellion de la famille Dagalo.
- Le rejet par les recommandations du sommet quatuor d’El-Alamein de tout gouvernement parallèle et sa reconnaissance exclusive du gouvernement légitime du général de corps d’armée Abdel Fattah al-Burhan et de l’appareil exécutif présidé par Dr. Kamil Idris constitue une gifle cinglante au visage de l’Amérique, qui a refusé d’accorder un visa d’entrée au président Burhan pour participer aux travaux de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies à Washington, et une réfutation du projet américain ancien et renouvelé qui appelle à la formation d’une armée nationale indépendante, à la constitution d’un nouveau gouvernement civil, et qui préconise un retrait limité de la rébellion des positions qu’elle occupe et non de la totalité d’entre elles, en plus de la trêve piégée.
- Parmi les recommandations du sommet d’El-Alamein figure l’affirmation de la sécurité de la mer et de sa protection contre tout empiétement et toute agression, d’autant plus qu’il existe un chevauchement et un partage entre les quatre pays dans la mer Rouge et que l’Érythrée possède des frontières s’étendant jusqu’à Bab el-Mandeb, ce qui revêt une grande importance pour le commerce international. C’est pourquoi la sécurité des eaux territoriales de la mer Rouge et des ports qui la bordent conserve une importance particulière et des intérêts, et représente un centre de pouvoir pour ces pays avec lequel ils peuvent négocier et faire pression pour réaliser leurs intérêts sans concession ni mendicité envers quiconque.
- Parmi les recommandations du sommet quadripartite et ce qui a été convenu figure également la protection du fleuve Nil, étant donné que le Soudan est un pays de transit et l’Égypte un pays d’embouchure, en plus de l’Éthiopie qui représente le pays de la source du Nil Bleu, l’un des plus importants tributaires du fleuve Nil avec le Nil Blanc. L’accord sur la sécurisation du fleuve Nil intervient en raison des multiples dépassements de l’Éthiopie dans la gestion du barrage de la Renaissance et de sa prise de décision unilatérale concernant les opérations de remplissage du réservoir du lac et la capacité requise sans accord avec les partenaires, ce qui constitue une menace et un manque de respect envers l’accord signé entre les pays du bassin du Nil et celui signé entre l’Égypte et le Soudan qui fixe la quote-part d’eau des deux pays, ainsi qu’une absence de prise en compte des intérêts communs des trois pays.
- C’est pourquoi de telles décisions surviennent avec importance pour préserver la sécurité hydraulique du Soudan et de l’Égypte, et envoient un signal particulier à l’Union africaine et à ses institutions : son incapacité à stopper l’extension de l’agression éthiopienne sur les pays voisins ne signifie pas nécessairement le silence des pays lésés par le comportement politique d’Abiy Ahmed et par son alignement sur les Émirats pour menacer la sécurité régionale des pays d’Afrique de l’Est et centrale, sans parler de ce qui a frappé le reste des pays du continent en raison de ce complot.
- En conclusion, nous disons que le sommet d’El-Alamein, qui a offert aux quatre présidents l’opportunité de se concerter et de s’accorder sur des questions touchant à leur sécurité commune, ouvre la voie à d’autres pays africains partageant des intérêts communs pour signer des accords similaires protégeant leur sécurité et réalisant leurs intérêts, tant que l’Union africaine et ses institutions ont failli à jouer leur rôle envers les États membres, comme c’est le cas pour la question du Soudan au cours des années de guerre qui se poursuivent encore, alors que les activités du Soudan sont suspendues depuis l’année 2021, comme si l’affaire n’était pas une priorité ou n’avait pas d’importance à son ordre du jour.