L’armée annonce et la milice garde le silence… Qui était sous le feu des drones à Nyala ?

 

Rapport – El-Tayeb Abbas  

 

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina  

 

Pour la première fois depuis le début de la Guerre de la Dignité, l’armée soudanaise a publié un communiqué concernant une frappe aérienne ayant ciblé des positions de la milice des Forces de soutien rapide. Jusqu’alors, les communiqués de l’armée se limitaient aux mouvements terrestres et aux victoires sur le terrain, ce qui suscite des interrogations sur l’ampleur du bombardement et le profil des cibles visées.

La direction générale des Forces armées a annoncé, dans un communiqué de presse publié vendredi dernier, l’exécution par l’armée de l’air de frappes concentrées sur des centres de commandement de la milice rebelle du Soutien rapide et sur des regroupements de ses mercenaires dans la ville de Nyala.

Le communiqué des Forces armées a précisé que ces frappes ont entraîné la mort de dizaines de mercenaires de la rébellion et la destruction de centres de commandement. Les Forces armées ont confirmé dans leur communiqué susmentionné qu’elles suivaient les rassemblements de mercenaires et les centres de commandement de la milice jusqu’à leur élimination complète.

Selon des sources sur le terrain qui se sont confiées aux échos soudanais,  les frappes ont été douloureuses et ont touché des chefs de terrain ainsi que des experts en drones, tandis que le commandement de la milice rebelle garde le silence sur ses pertes et s’abstient de les annoncer de peur d’effondrer le moral de ses soldats et de ses mercenaires.

Dans un nouveau développement survenu hier samedi, des sources dignes de foi de la ville de Nyala, capitale de l’État du Darfour du Sud, ont révélé l’arrivée d’un avion d’évacuation émirati à l’aéroport de la ville pour transporter 13 personnes, entre blessés et dépouilles de tués, parmi lesquels figurent des Émiratis, à la suite des récents raids aériens menés par les Forces armées soudanaises sur des sites militaires appartenant à la milice du Soutien rapide.

Les sources ont rapporté aux échos soudanais  que l’opération d’évacuation est intervenue après le ciblage de sites utilisés pour diriger et gérer les opérations de lancement de drones appartenant à la milice à l’intérieur de la ville de Nyala.

Selon les informations, l’opération d’évacuation a compris le transfert de blessés et de dépouilles de personnes tuées lors des frappes, parmi lesquelles se trouvaient des citoyens émiratis, sans que des détails supplémentaires soient disponibles jusqu’à présent concernant leur nombre ou la nature des missions qu’ils accomplissaient sur les sites ciblés.

Ces informations interviennent un jour après les raids aériens lancés par l’armée soudanaise, avant-hier vendredi, sur des centres de commandement et des regroupements militaires de la milice dans la ville de Nyala, chef-lieu de l’État du Darfour du Sud, que la milice rebelle utilise comme capitale de son prétendu gouvernement.

Les nouvelles informations concernant la présence émiratie parmi les personnes évacuées revêtent une importance particulière au vu des preuves croissantes documentées par des enquêteurs des Nations Unies concernant les réseaux de soutien militaire et logistique extérieur qui ont permis à la milice du Soutien rapide d’obtenir des armes, des drones et des combattants étrangers.

Sur les plateformes de réseaux sociaux, l’ampleur des frappes était plus évidente, des militants affiliés à la milice ayant exprimé, à travers des enregistrements audio et vidéo, leur colère de voir une force de cette taille laissée sans brouillage.

De son côté, la page (El-Dajjal Franka Dawla), gérée par des militants affiliés aux Janjaweed, a publié un commentaire sur le bombardement d’avant-hier vendredi, déclarant : « Vous êtes capables de faire du brouillage au domicile des dirigeants et dans leurs toilettes, mais vous n’êtes pas capables de brouiller un siège de commandement ».

Sur le terrain, des observateurs indiquent que le bombardement a ciblé de hauts dirigeants des forces de la milice rebelle, soulignant que le fait que l’armée consacre, pour la première fois, un communiqué pour parler d’un bombardement aérien révèle l’ampleur de la frappe et les personnalités visées, dont l’identité apparaîtra plus tard, quels que soient les efforts des dirigeants de la milice pour dissimuler la vérité à leur sujet.

Dans le même ordre d’idées, le chercheur Dr. Mohamed El-Moustafa a prévu que la frappe soit douloureuse, indiquant que ce qui a été publié concernant la mort et la blessure d’experts étrangers en drones n’est que la partie émergée de l’iceberg. Dr. El-Moustafa estime que cette frappe aura des répercussions, rappelant la portée de la déclaration des Forces armées, entièrement consacrée à l’événement, non pas pour un simple bombardement aérien passager comme il en survient quotidiennement, mais parce que cette frappe précise pourrait être la goutte d’eau qui fera déborder le vase, selon ses termes.