Accusation officielle somalienne : les Émirats arabes unis transfèrent des mercenaires au Soudan via Bosasso

 

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

Le ministre de la défense du gouvernement fédéral somalien, Ahmed Moalim Fiqi, a confirmé que des mercenaires étaient acheminés vers le Soudan via l’aéroport de Bosaso, ville située dans l’État semi-autonome du Puntland.

Lors d’une audition au Parlement, M. Fiqi a déclaré que des vols réguliers étaient assurés entre Bosaso et certains aéroports soudanais, et que ces vols transportent des mercenaires vers un pays dont la population est victime d’un génocide.

Des articles de presse antérieurs ont révélé que les Émirats arabes unis avaient transporté des mercenaires colombiens via Bosaso pour combattre aux côtés des milices dans leur guerre contre l’armée soudanaise.

Le président colombien a par ailleurs reconnu la présence de combattants de son pays participant au conflit en cours au Soudan. Et ces  déclarations du ministre somalien de la défense constituent la première confirmation officielle de ces vols par un responsable du gouvernement somalien.

Dans une enquête publiée par Middle East Eye le 31 octobre, le site web a confirmé, sur la base de données de suivi des vols, d’images satellites et de témoignages de sources locales et de diplomates américains et régionaux, que les avions transportant du matériel et des mercenaires via le port de Bosaso au profit de la milice appartiennent aux Émirats arabes unis.

Middle East Eye a également cité un haut responsable du port de Bosaso, selon lequel les Émirats arabes unis avaient acheminé plus de 500,000 conteneurs par ce port vers l’aéroport de la ville au cours des deux dernières années. Ces conteneurs portaient des marquages ​​indiquant la présence de matières dangereuses, mais aucune information n’était disponible quant à leur origine ou leur contenu, contrairement aux procédures d’expédition standard.

Les déclarations du ministre somalien de la Défense constituent la première confirmation officielle, de la part d’un responsable du pays d’origine, de l’existence de ces vols, qui, selon les enquêtes, se poursuivent depuis environ deux ans.