Gouverneur du Darfour : Après le massacre d’El Fasher, une trêve n’est plus envisageable

 

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Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

Le gouverneur du Darfour, Minni Arko Minawi, a déclaré qu’un cessez-le-feu au Soudan n’était plus envisageable après le récent massacre d’El Fasher. Il a affirmé que la situation au Soudan n’était pas simplement une guerre sur le terrain ou une lutte de pouvoir, mais une guerre contre l’humanité dans sa forme la plus atroce.

Dans un article publié sur sa page Facebook, Minawi a déclaré qu’El Fasher était un foyer de souffrances humaines, témoin du massacre et du déplacement de milliers de civils sous un siège suffocant, le tout sous les yeux de tous, et notamment des Nations Unies et de ses agences.

Il explique qu’El Fasher était comme un enfant épuisé qui implorait « la trêve et le soulagement », mais que cet enfant avait été enterré avec son espoir après que le monde échoué à lui offrir le strict minimum d’espoir pour la vie.

Minawi a affirmé que les Forces de soutien rapide (FSR), milice soutenue par les Émirats arabes unis, sont les principaux responsables du chaos, qualifiant les menaces qu’elles représentent de plus meurtrières à long terme. Il a aussi déclaré que ces milices ne constituent pas seulement une menace militaire, mais une force de destruction systématique de la paix, la stabilité, la nature et l’humanité réunies, guidées par des agendas politiques et idéologiques étrangers à notre terre africaine.

Minawi a comparé la trêve dont on parle actuellement à de sales manœuvres habilement dissimulées sous de la soie, destinées à garantir une paix illusoire promue par les loups.

Minawi a posé cinq conditions à l’acceptation de la trêve, la première est le retrait des milices de toutes les villes et des sites stratégiques, ainsi que le retour du contrôle du territoire aux institutions nationales. Il a exigé la libération des milliers de personnes enlevées et a insisté sur la nécessité d’expulser les mercenaires étrangers. Il a également demandé la réouverture des axes routiers principaux et la participation de toutes les forces nationales au processus de paix.

Il a également mis en garde contre l’idée que la libération de Khartoum et du centre constituerait la solution finale à la guerre, déclarant : « Cette négligence pourra mener ses auteurs vers l’inconnu. » Il a ajouté : « Les Forces de soutien rapide ne savent pas où tirer leur dernière balle, car elles ignorent pour quel projet elles meurent, tuent et pillent. »

Il a poursuivi : « C’est une machine qui tourne et qui est alimentée, et on ne sait pas quand elle s’arrêtera. » Quant au propriétaire du projet, son objectif ultime est : la source et l’embouchure des deux affluents du Nil et la mer Rouge.

Minawi a souligné que la trêve humanitaire constitue un pas dans la bonne direction, mais qu’elle ne sera pas suffisante si elle n’est pas intégrée à un cadre global reflétant les aspirations du peuple. Il a affirmé que la paix ne sera possible qu’en présence d’une réelle volonté de responsabilisation et de reconstruction d’une nation inclusive, respectueuse de la dignité de chaque citoyen soudanais.