Mercenaires des Émirats arabes unis au Soudan : secrets et détails révélés pour la première fois (1)

 

  • Une agence émiratie de sécurité a engagé des milliers de mercenaires pour envahir le Soudan
  • L’histoire du mercenaire éthiopien qui a failli de me tuer près du pont de terre de Sinja
  • Des mercenaires africains envoyés aux Émirats arabes unis, puis au Soudan, sous contrat de sécurité
  • Des Somaliens repèrent des avions émiratis transportant des mercenaires africains en route pour le Darfour.
  • Les salaires attractifs des officiers mercenaires atteignent 6,000 dollars américains par mois.
  • Des mercenaires colombiens entraînent des mercenaires africains à combattre aux côtés des milices rebelles.
  • Un officier colombien spécialisé aux drones.
  • Des mercenaires traversent le désert du Darfour.

Enquête menée par Al-Taj Othman

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

Certains gouvernements et décideurs internationaux, ainsi que des populations locales, doutent encore de l’existence de mercenaires étrangers combattant aux côtés des milices rebelles dans le conflit qui ravage le Soudan. Certains en sont conscients mais font comme si de rien tout en ayant des doutes, gardent le silence délibérément, motivés par des intérêts personnels ou ceux de leur pays. Ils financent même des campagnes médiatiques de désinformation.
(Échos soudanais) révèle, à travers les épisodes de cette enquête, des secrets publiés pour la première fois, prouvés par des documents et des témoignages, concernant des informations étonnantes sur les mercenaires de Mohammed ben Zayed, qui s’efforce d’envahir le Soudan, de piller ses richesses, d’anéantir son peuple, de détruire ses infrastructures, de piller ses biens, de violer ses femmes, d’enrôler sa jeunesse et de tenter d’effacer son identité.
Le mercenaire élite:
Après la chute de Sinja, capitale de l’État de Sennar, et mon déplacement vers Dinder (à pied), ville encore hors du contrôle de la milice où j’y ai passé la nuit. Le lendemain, la milice rebelle a pris d’assaut la ville, et je suis donc retourné à Sinja, toujours à pied…
En chemin, je passais le village de Wad Al-Reef, à l’est de Sinja, où j’ai retrouvé des amis qui ont insisté pour que je reste deux ou trois jours avec eux. J’y ai effectivement passé trois jours inoubliables, malgré les menaces constantes de certains membres de la milice rebelle circulant à moto.
Nous avions l’habitude de passer l’après-midi à bavarder près de la route Sinja-Dinder, qui à cette époque grouillait de convois de véhicules de combat et d’autres véhicules pillés aux citoyens, notamment des ambulances et d’autres véhicules portant une plaque d’immatriculation jaune.
Tous ces véhicules étaient chargés du butin pillé par la milice dans les maisons et au marché de Dinder, ainsi que des véhicules de combat de la milice. Nous discutions de la milice, de la participation de mercenaires étrangers à la guerre, ce qu’ils niaient. Soudain, un véhicule de combat de la milice passa à toute vitesse sur la route, attirant l’attention de mes amis sur un Sudiste assis à l’intérieur. Je dis alors :
Ils leur dirent : « Regardez, c’est un mercenaire du Sud-Soudan, et il appartient à la tribu Nuer, à en juger par ses traits. Il était grand et assis à côté du chauffeur, avec un fusil de précision et une loupe entre les jambes. » Je leur dis : « Ce Nuer du Sud ne prouve-t-il pas la participation de mercenaires à la guerre aux côtés des milices rebelles ? »
J’ai ajouté que j’avais aperçu plusieurs mercenaires éthiopiens à l’intérieur de la ville de Sinja, entrés avec la milice et d’une extrême férocité. Pendant ce temps, nous, un groupe d’habitants du quartier est de Sinja, étions assis à l’ombre d’un margousier.
Juste en face de nous se trouvait la digue de terre qui protège la ville des crues du Nil Bleu. Nous avons entendu un bruit , comme si quelqu’un brisait une vitre de voiture ; un jeune homme curieux, qui se trouvait parmi nous, a alors jeté un coup d’œil par-dessus le muret d’une des maisons qui surplombaient la digue.
Je me suis approché de lui et lui ai demandé de faire demi-tour pour que les miliciens, qui patrouillaient le quartier est à moto et nous abattaient, ne le voient pas. Soudain, l’un d’eux est apparu à quelques mètres et a crié au jeune homme avec un fort accent éthiopien : « Aqiq… Aqiq ! » Puis il a tiré un coup de feu avec son pistolet.
La balle a failli de me frapper à la tête, ainsi que celle du jeune homme curieux qui se tenait près du mur de la maison, si je ne l’avais pas tiré à l’écart. J’ai entendu le sifflement de la balle au-dessus de nos têtes, et Dieu merci, elle ne nous a pas touchés et que les mercenaires éthiopiens ne nous ont pas poursuivis ; sinon, nous serions tous morts.
Après que mes amis ont vu le mercenaire tireur d’élite Nuer du Sud sur la route Sinja-Dinder, et après que je leur ai raconté mon histoire avec les mercenaires éthiopiens à Sinja, ils ont été convaincus de mon point de vue selon lequel il y a effectivement des mercenaires étrangers participant avec les Mahawish au pillage et au massacre du peuple soudanais.
Recrutement de mercenaires :
Depuis le début de la guerre en 2023, de nombreuses annonces circulent sur Internet, émanant d’agences de recrutement qui recherchent d’anciens soldats du monde entier pour des postes d’agents de sécurité aux Émirats arabes unis. Ces annonces précisent que les candidats doivent être d’anciens militaires pour travailler comme agents de sécurité aux Émirats arabes unis et dans ses institutions, ainsi que dans certains pays africains, ces emplois offrent des salaires alléchants.
Par conséquent, des milliers de candidatures sont arrivés du monde entier pour rejoindre les équipes de sécurité aux Émirats arabes unis et dans les pays africains, comme l’indiquait l’annonce électronique publiée par plusieurs sociétés de sécurité, dont par exemple la société émiratie GSG, appartenant à l’homme d’affaires émirati Mohammed Hamdan Al Zaabi.
Cette société, qui se présentait dans ses publicités en ligne comme une entreprise de sécurité, cherchait à recruter du personnel pour travailler aux Émirats arabes unis dans le domaine de diverses opérations de sécurité, notamment la protection des installations émiraties à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Cette société de sécurité émiratie entretient des relations directes avec des alliés des Émirats arabes unis, représentés par des agences de sécurité dans certains pays africains.
Cette agence se présente dans ses publicités en ligne comme une agence de sécurité (à des fins de camouflage), affirmant gérer des programmes de formation militaire et de sécurité pour certains pays africains. L’agence ou société émiratie a réussi à attirer un grand nombre de personnes souhaitant travailler comme agents de sécurité dans des installations aux Émirats arabes unis.
La situation est différente à l’intérieur comme à l’extérieur des Émirats arabes unis en raison des salaires élevés affichés dans les offres d’emploi en ligne. Ces travailleurs sont d’abord envoyés aux Émirats arabes unis et proviennent pour la plupart de pays africains comme le Tchad, le Niger, le Mali et le Soudan du Sud.
Ils sont ensuite envoyés au Soudan pour combattre aux côtés des milices rebelles contre l’armée soudanaise. L’agence émiratie Al-Zaabi est chargée d’acheminer des milliers de mercenaires au Soudan pour combattre dans les rangs de ces milices.
Les agences de sécurité les plus dangereuses :
Parmi les agences de sécurité étrangères ayant déployé des milliers de mercenaires aux côtés des milices rebelles impliquées dans le massacre de milliers de civils innocents, figure l’agence colombienne A4SA. Des sources sécuritaires révèlent ici les activités de cette agence, qualifiée de dangereuse.
La véritable opération de recrutement et d’envoi de mercenaires au Soudan a commencé en 2024 par l’agence (A4SE) enregistrée au Panama, dirigée par le colonel colombien (Quijano) et son épouse, tuée lors des combats d’El-Fasher, nommé d’anciens combattants de l’armée colombienne sous prétexte de travailler comme gardes de sécurité aux Émirats arabes unis et dans certains pays africains.
Elle a commencé à envoyer le premier contingent de mercenaires en 2024, composé d’environ 400 mercenaires, qui ont d’abord été transportés aux Émirats arabes unis et de là par des itinéraires secrets et changeants pour éviter d’être repérés, comme en passant par Erbil en Irak, ou Benghazi en Libye, ou par la route de Madrid en Espagne.
Puis l’Éthiopie, et de là le port somalien de Bosaso, puis N’Djamena, la capitale tchadienne, où les mercenaires sont accueillis par des représentants des Forces de soutien rapide. Ils sont ensuite transportés à Nyala, dans la région du Darfour, et de là envoyés dans différentes zones de combat au Soudan. Le transfert des mercenaires est supervisé par deux officiers colombiens à la retraite, Ivan Darioka.
Le premier commandant du bataillon colombien, John Jairo, dirigeait personnellement les opérations militaires à El Fasher. L’agence colombienne parvint à recruter un très grand nombre d’anciens soldats de l’armée colombienne et des soldats de Wagner pour combattre aux côtés des milices au Soudan.
Cela se fait en leur offrant des salaires attrayants qui leur font saliver, environ (2,600) pour un soldat mercenaire et (6,000) dollars américains par mois pour un officier retraité.
Complétant les informations importantes précédemment fournies par la source sécuritaire, les Émirats arabes unis offrent une récompense de 10,000 dollars pour chaque officier mercenaire qui survit à « l’enfer soudanais », à condition qu’il combatte pendant six mois consécutifs aux côtés des milices au Soudan.
Il est apparu plus tard aux mercenaires colombiens que les salaires en dollars qui leur avaient été promis par les Émirats arabes unis par l’intermédiaire des agences de sécurité colombiennes et émiraties n’étaient qu’une illusion, puisqu’ils étaient réduits de moitié pour les officiers et retardés de plusieurs mois pour les soldats mercenaires.
D’après certains rapports internationaux, des mercenaires éthiopiennes, recrutées pour combattre dans les rangs des milices rebelles, sont entrées au Soudan comme mercenaires (tireuses d’élite) par l’intermédiaire de l’agence de sécurité susmentionnée. Parmi les mercenaires les plus connus et les plus en vue figurent les Colombiens recrutés par les Émirats arabes unis pour combattre aux côtés des milices.
Le colonel (Alvaro Quijano), propriétaire de l’agence de sécurité colombienne dont nous avons parlé précédemment, et chef de l’opération de recrutement de mercenaires colombiens, et (Lombana Moncayo), un mercenaire chevronné et féroce qui a été tué lors des batailles d’El Fasher.
Prochain épisode :

— Que savez-vous du bataillon secret émirati connu sous le nom de « Bataillon de mercenaires Mohammed Zayed », dirigé par un ancien agent du FBI ?
— Contrats pour le recrutement de 800 mercenaires colombiens pour un montant de 529 millions de dollars.
— Camps de mercenaires secrets dans le désert de Zayed City.