
Pour 4,000 dollars par mois… (2,500) Colombiens combattent dans les rangs du soutien rapide
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
L’Agence France-Presse (AFP) a révélé que des centaines de mercenaires colombiens ont été envoyés au Soudan, attirés par des salaires énormes offerts par des entités émiraties. L’enquête, basée sur des entretiens avec les mercenaires et leurs familles, des registres d’entreprises et l’analyse de sites de tournage de combats, montre comment ces mercenaires ont renforcé les rangs des forces de soutien rapide, accusées de crimes de génocide dans le pays.
Les mercenaires ont été recrutés via des groupes WhatsApp, avant d’être transférés au Soudan via les Émirats arabes unis, où ils ont suivi une formation courte et intensive. L’enquête a révélé que l’accès au Soudan s’est fait par deux voies principales : la première via l’est de la Libye sous influence émiratie, et la seconde via une base aérienne à Bossaso en Somalie, où des forces émiraties supervisent le transport et l’approvisionnement.
Le ministre somalien de la Défense, Ahmed Moalim Fiqi, avait précédemment confirmé que les vols entre l’aéroport de Bossaso et certains aéroports soudanais se poursuivaient, servant à transporter des mercenaires au Soudan, “dont la population est victime d’extermination”, selon ses déclarations.
Un ancien partenaire d’un officier colombien à la retraite a indiqué qu’il y avait un plan pour introduire environ 2,500 combattants dans les rangs des forces de soutien rapide pour renforcer leurs capacités militaires au Darfour.
Les mercenaires colombiens reçoivent entre 2,500 et 4,000 dollars par mois, soit jusqu’à six fois leurs pensions militaires précédentes.
Le 9 décembre 2025, les États-Unis ont imposé des sanctions à quatre citoyens colombiens et à leurs entreprises pour leur rôle dans le réseau transfrontalier.
Selon l’enquête, l’opération a commencé par des messages WhatsApp ciblant les militaires à la retraite en Colombie, prétendant que le travail serait à Dubaï, avant de les informer plus tard que la mission réelle était de se rendre en Afrique pour participer à des opérations de combat et de reconnaissance tactique.
Les Émirats arabes unis, la Somalie et la Libye ont été utilisés comme voies d’accès au Soudan, avec des responsables émiratis présents dans des bases aériennes spécifiques, et le transport d’armes et de mercenaires via des avions de transport de type “Ilyushin Il-76D”.
L’AFP a confirmé que les photos et vidéos vérifiées géographiquement montraient la participation de mercenaires colombiens au siège de la ville d’El-Fashir, où les forces de soutien rapide ont commis des atrocités, notamment des massacres, des enlèvements et des viols, avant de prendre le contrôle de la ville en octobre 2025.
Des rapports de l’ONU et d’experts de la sécurité indiquent que les Émirats arabes unis ont fourni un soutien militaire et logistique aux forces de Hemidti, ce qui est en contradiction avec l’embargo sur les armes imposé au Darfour.
Des rapports occidentaux accusent les Émirats arabes unis de nourrir la violence au Soudan en soutenant les forces de soutien rapide, ce qui a suscité la colère des organisations de défense des droits de l’homme, des membres du gouvernement américain et des experts régionaux.
Selon ces rapports, Abou Dhabi est accusé de fournir un soutien militaire et logistique à ces forces, ce qui contribue à la poursuite du conflit et à l’escalade de la violence au Darfour et dans d’autres régions.
La milice est largement accusée de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, en particulier dans la région du Darfour.
Des rapports de l’ONU et d’organisations de défense des droits de l’homme ont indiqué que ces forces étaient impliquées dans le meurtre de civils, des viols, des arrestations arbitraires contre des populations désarmées, notamment lors de leurs opérations dans la ville d’El-Fashir, à l’État du nord du Darfour.
Certains, y compris des législateurs américains, ont demandé que la milice soit classée comme organisation terroriste en raison de l’ampleur des violations qu’elle a commises contre les civils.