
L’indépendance que nous voulons
Les couleurs de la vie
Gris
Salah Omer Elsheik
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
Le 70e anniversaire de l’indépendance arrive alors que le Soudan vit une situation catastrophique. Certains de ses fils, ou ceux qui prétendent l’être, travaillent avec l’aide étrangère à le détruire, alors que l’expérience de soixante-dix ans d’indépendance aurait dû être une expérience de développement et de construction, plaçant le Soudan au rang des pays avancés du monde entier, grâce à ses ressources humaines et à ses richesses qui le rendent autosuffisant et capable de soutenir ses frères dans leurs besoins les plus élémentaires, notamment la nourriture, étant donné qu’il est considéré comme le grenier du monde, objet de convoitise des envieux et des jaloux des bienfaits que Dieu nous a accordés.
Parce que nous avons commis plusieurs erreurs qui ont arrêté tout progrès, la première étant que nous avons toujours lutté pour savoir qui gouverne le Soudan, et non comment le gouverner. C’est pourquoi nous n’avons pas pu nous mettre d’accord sur une constitution permanente qui détermine nos priorités et nous unisse, car toutes les tentatives n’ont pas satisfait tout le monde, et chaque fois qu’un nouveau dirigeant arrive au pouvoir, il annule ce qui a été fait et impose sa propre constitution, sans penser aux autres. Ainsi, nous sommes restés dans un cycle de préparation et d’annulation à chaque changement de gouvernement.
Nous vivons actuellement une période charnière, voire existentielle. Nous devons d’abord préserver notre pays de la désintégration, de la division. La plaie de la sécession du Sud n’est pas encore cicatrisée, et déjà des appels à la sécession émergent ici et là, certains étant incités ou planifiés par des forces étrangères qui ne veulent pas le bien du Soudan et cherchent à le diviser pour mieux le contrôler et s’emparer de ses riches ressources.
La guerre a laissé en nous des séquelles profondes et difficiles qui nécessiteront un long temps pour être surmontées, et pour dépasser les ressentiments et les conflits tribaux qu’elle a engendrés. Ces crimes commis contre les Soudanais n’ont épargné aucun citoyen.
C’est pourquoi, si nous voulons réaliser une véritable indépendance, nous devons commencer par l’être humain soudanais. Le développement et le progrès doivent commencer par le citoyen soudanais, qui est capable de se réconcilier avec lui-même et avec les autres. Mais cela nécessite une concentration claire et un programme national pour la construction de l’être humain soudanais, qui commence par la réparation du tissu social, la construction de la confiance entre les composantes sociales, et la transformation de la diversité en une valeur positive qui nous profite et nous mène vers une société meilleure et un citoyen soudanais capable de construire une nation saine et prospère.