Par une opération complexe et étudiée, les détails de la récupération de (570) pièces archéologiques

Rapport – El Tayeb Abbas :
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

Le Service de Renseignement Général (GIS) a annoncé l’exécution d’une opération nationale complexe ayant permis la récupération de 570 pièces archéologiques soudanaises pillées pendant la période de guerre, parallèlement à la mise en échec d’un plan de contrebande d’un grand nombre d’antiquités vers l’étranger.
Le directeur général adjoint du service, le général Abbas Bakheet, a déclaré que l’opération de récupération a été menée avec un professionnalisme et une responsabilité élevés, en coordination avec les autorités compétentes. Il a affirmé que le service possède la capacité nécessaire pour poursuivre les criminels et qu’il n’y aura aucun refuge sûr pour ceux qui cherchent à porter atteinte au patrimoine du Soudan ou à piller ses richesses.
Les antiquités exposées par le ministère de la Culture, de l’Information et du Tourisme lors d’une conférence de presse tenue mardi à Port-Soudan, représentent l’aboutissement des efforts fournis par les services de sécurité pour récupérer des objets archéologiques précieux, dont la plupart avaient été sortis clandestinement du pays.
Le directeur adjoint du renseignement a précisé, lors de son allocution lors de la cérémonie de restitution des antiquités, que l’opération était une véritable bataille pour la protection de l’histoire et du patrimoine national du Soudan. Il a ajouté qu’elle a été menée de manière scientifique et méthodique pour inventorier et classer les pièces récupérées, soulignant une coordination totale avec les autorités judiciaires et les partenaires régionaux pour récupérer les antiquités via les cadres légaux.
Abbas a assuré que l’œil du service restera vigilant et que sa main est capable de surveiller avec précision toutes les tentatives et tous les domaines du crime organisé. Il a rappelé que la préservation des antiquités fait partie intégrante de la sécurité nationale et de l’identité nationale.
Il a souligné que la protection des antiquités soudanaises est la responsabilité de l’ensemble du peuple soudanais et a loué le rôle patriotique de certains citoyens soudanais qui ont coopéré et soutenu les efforts de récupération des biens pillés.
Le pillage des musées : Le sous-secrétaire du ministère de l’Information, Jraham Abdel Qader, a révélé la formation d’un comité spécialisé pour la protection de la culture et des antiquités, en coordination avec le Service de Renseignement Général et d’autres instances nationales. Il a affirmé que les efforts de ce comité ont abouti à des résultats qualifiés de “prodigieux”.
Il a expliqué que les opérations d’inventaire et de révision ont concerné le musée d’Al-Jazirah, où 68 pièces sur un total de 408 ont disparu, le musée ethnographique qui a perdu le même nombre de pièces sur un total de 4.600, en plus de la perte d’environ 200 pièces du musée de la Maison de Khalifa (Beit al-Khalifa).
Jraham a indiqué que le Musée National a subi un pillage de sa salle d’exposition et de sa chambre forte en béton, concernant près de 4.000 pièces archéologiques. Cependant, les pièces restantes ont été inventoriées et rangées, et sont de nouveau prêtes à être exposées. Il a affirmé que la récupération de 570 pièces d’un seul coup est une réalisation sans précédent accomplie grâce à la solidarité nationale, appelant les soudanais à préserver ce trésor civilisationnel.
Des antiquités entre les mains des citoyens : Le sous-secrétaire à la Culture, à l’Information et au Tourisme a révélé l’existence d’objets détenus par des citoyens qui les ont conservés en raison de relations sociales. Par ailleurs, le ministre des Finances, Jibril Ibrahim, a appelé à l’importance de former un comité issu des autorités compétentes pour sillonner tous les États du pays afin de collecter les antiquités pillées et de les restituer. Il a également exhorté les pays voisins à soutenir le Soudan dans la récupération de ses biens archéologiques.
De son côté, le directeur adjoint du renseignement a lancé un appel sincère à tous les citoyens sur la nécessité de signaler toute pièce archéologique pillée ou détenue, afin de la remettre aux autorités compétentes, et de ne pas coopérer avec toute activité criminelle dans le domaine des antiquités.
L’opération de récupération révélée est perçue comme une étape cruciale dans le processus de restitution du reste des antiquités pillées à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Le ministre des Finances a souligné que la célébration de la restitution de centaines de pièces pillées représente un événement majeur, car elles expriment l’histoire, l’identité et la civilisation, notant que ceux qui les ont volées visaient à effacer l’identité du Soudan et à défigurer sa civilisation.
Des chercheurs estiment que l’État fait face à une autre bataille qui n’est pas moins importante que celle sur le terrain militaire, soulignant l’importance d’allier persuasion et fermeté pour récupérer les pièces pillées à l’intérieur, tout en renforçant les relations avec les pays de la région pour les impliquer dans la bataille de restitution des antiquités qui ont été pillées et transférées hors du Soudan.
Les pièces récupérées couvrent différentes périodes historiques du Soudan, s’étendant de la préhistoire jusqu’à l’ère moderne, ce qui témoigne de l’importance majeure de ces objets. De même, la valeur symbolique de ces antiquités impose une grande responsabilité aux autorités pour mener une bataille sur tous les fronts afin de récupérer le reste du patrimoine pillé, qui représente littéralement la mémoire de la nation soudanaise.