
L’Égypte confirme : Nous ne resterons pas les bras croisés face à ce qui se passe au Soudan
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
En présence de l’Émirats et en l’absence du gouvernement… Réunion consultative au Caire pour mettre fin à la guerre au Soudan
La capitale égyptienne, Le Caire, a accueilli mercredi une réunion internationale et régionale élargie pour examiner les efforts visant à arrêter les combats au Soudan et discuter des moyens de soutenir la voie d’une solution politique afin de mettre fin à la crise humanitaire aggravée.
Ont participé à la réunion des délégations représentant le « Mécanisme consultatif », qui comprend : les Nations Unies, les États-Unis, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Royaume-Uni, la Russie, la Chine, la France, l’Allemagne, la Norvège, la Turquie, le Qatar, l’Irak et l’Angola. Des représentants de l’Union européenne, de la Ligue des États arabes, de l’Union africaine et de l’organisation « IGAD » ont également pris part à cette rencontre, qui s’inscrit dans la continuité d’une série de réunions précédentes tenues à Djibouti, en Mauritanie et à Bruxelles pour coordonner les initiatives de paix.
Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abd el Atty, a souligné la nécessité d’intensifier les efforts internationaux et régionaux pour arrêter l’effusion de sang au Soudan, mettant en garde contre les répercussions de la crise sur la paix et la sécurité dans les pays voisins ainsi que dans les régions de la Corne de l’Afrique et de la mer Rouge. Abd elAtty a réaffirmé les constantes de la position égyptienne reposant sur la préservation de l’unité et de l’intégrité territoriale du Soudan, le rejet de toute tentative de sécession et la sauvegarde des institutions nationales de l’État. Il a également rappelé l’engagement de l’Égypte dans les processus internationaux tels que le « Quatuor » et le « Mécanisme élargi », ainsi que l’accueil par Le Caire de la conférence des forces politiques et civiles (Dialogue du Caire 1) en juillet 2024. Abd el Atty a martelé que la fin du conflit nécessite une trêve humanitaire urgente suivie d’un cessez-le-feu durable, puis d’un processus politique inclusif préservant les institutions de l’État et empêchant la formation d’entités parallèles, appelant la communauté internationale et les donateurs à respecter leurs engagements face à la catastrophe humanitaire.
Badr Abd el Atty avait confirmé, lors de son allocution durant une conférence de presse avec l’envoyé de l’ONU pour le Soudan, que Le Caire avait établi des lignes rouges concernant le Soudan et refusait toute atteinte à son unité, déclarant : « Nous ne resterons pas les bras croisés face à ce qui se passe au Soudan ». Il a ajouté : « Nous n’hésiterons pas à prendre les mesures nécessaires pour préserver le Soudan, et nous rejetons clairement l’effondrement du Soudan ou toute atteinte à son unité ». Il a souligné qu’il n’y avait aucune place pour la reconnaissance d’entités parallèles au Soudan, affirmant le rejet par l’Égypte de toute intervention de toute partie extérieure cherchant à imposer sa volonté au peuple soudanais.
Dans le même contexte, le vice-ministre saoudien des Affaires étrangères, Walid Al-Khereiji, a déclaré que la poursuite de la guerre actuelle au Soudan et ses répercussions constituaient une menace pour la stabilité de la région. Al-Khereiji a ajouté, lors de sa participation à la réunion consultative sur la coordination des initiatives et des efforts de paix au Soudan, que l’annonce de l’alliance « Taasis » (Fondation), incluant la formation d’un gouvernement parallèle au gouvernement soudanais, est totalement inacceptable. Il a poursuivi en affirmant que la proclamation d’entités parallèles en dehors du cadre des institutions légitimes est préoccupante et entrave les efforts déployés via la voie politique pour résoudre la crise, soulignant que l’arrêt des interventions extérieures et du soutien étranger par le biais d’armes illégales et de combattants étrangers est une nécessité urgente pour instaurer un cessez-le-feu et faciliter les opérations humanitaires.
Il a ajouté que le Royaume est attaché au retour du dialogue politique à la lumière de la Déclaration de Djeddah sur « l’engagement à protéger les civils au Soudan » signée le 11 mai 2023, et de l’accord de cessez-le-feu à court terme et des arrangements humanitaires signés le 20 mai 2023. Enfin, il a précisé que le Royaume continue de déployer des efforts et des démarches pour rapprocher les points de vue et parvenir à un cessez-le-feu afin de mettre fin à la crise humanitaire aggravée et de soulager les souffrances du peuple soudanais frère, soulignant que la solution à la crise au Soudan est une solution politique soudano-soudanaise fondée sur le respect de la souveraineté et de l’unité du Soudan et sur le soutien aux institutions de l’État soudanais.
Il a réitéré l’accent mis par le Royaume sur ses priorités absolues concernant le Soudan, qui consistent à garantir sa stabilité, à instaurer un cessez-le-feu, à préserver les institutions de l’État de l’effondrement, et à maintenir son unité, son intégrité territoriale et ses ressources.