
Consultations intensives pour la formation du Conseil Législatif de Transition au Soudan
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
Des sources informées ont révélé des mouvements de grande envergure menés par le Conseil de Souveraineté, visant à mettre fin au vide constitutionnel par la formation du Conseil Législatif de Transition. Cette démarche intervient dans un contexte de complexités politiques et de terrain dues à la guerre qui oppose le gouvernement à la milice rebelle des Forces de Soutien Rapide (FSR) depuis près de trois ans.
Les amendements apportés à la Charte Constitutionnelle en février dernier ont accordé de larges prérogatives au président du Conseil de Souveraineté, Abdel Fattah al-Burhan, notamment pour la nomination et le limogeage du Premier ministre, en plus de l’augmentation du nombre de membres du Conseil de Souveraineté.
Des sources concordantes ont déclaré à (Sudan Tribune) que la direction du Conseil de Souveraineté a entamé une série de consultations intensives avec les forces politiques qui lui sont favorables. Selon ces sources, l’orientation actuelle dépasse l’idée d’une nomination unilatérale, car la direction cherche à obtenir un appui politique civil qui conférerait la légitimité nécessaire au futur Conseil, dont la nomination se fera par décret du Conseil de Souveraineté.
Selon les informations recueillies par (Sudan Tribune) auprès de sources militaires, la composition proposée pour le Conseil Législatif sera diversifiée afin d’éviter les critiques liées à l’isolement politique dont souffre le gouvernement actuel.
Les principales forces pressenties pour participer au Conseil Législatif de Transition incluent les partis (Unioniste Démocrate “Original” et le Parti de la Nation “Oumma”), des membres des mouvements signataires des accords de paix, ainsi que des représentants des régions. Les nominations comprendront également un groupe de technocrates et des représentants des États et de la société civile.
Les observateurs estiment que l’accélération du rythme de ces consultations vise à atteindre plusieurs objectifs stratégiques, notamment l’adoption des budgets et des lois, et à couper l’herbe sous le pied des initiatives internationales, particulièrement celle du “Quatuor”, en créant une nouvelle réalité politique de l’intérieur avec la participation de grands partis.
À travers la formation de ce Conseil Législatif, la direction de l’armée vise à créer une plateforme législative permettant de formuler des lois et d’interagir avec les différentes initiatives pour l’arrêt de la guerre au Soudan, tout en ratifiant un certain nombre d’accords et d’ententes avec des pays soutenant les forces armées, tels que la Russie, la Chine, l’Arabie Saoudite et la Turquie.