Le gouvernement soudanais met en garde les agences de secours contre toute collaboration avec le bras humanitaire de la milice

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

Le gouvernement soudanais a mis en garde les organisations et agences étrangères opérant dans le domaine humanitaire contre toute interaction avec « l’Agence soudanaise pour les secours et les opérations humanitaires » affiliée à la milice, considérant un tel acte comme une violation de la souveraineté du Soudan et une reconnaissance d’institutions parallèles à l’autorité légitime.
« L’Agence soudanaise pour les secours et les opérations humanitaires » assume les missions de distribution de l’aide et de délivrance de permis aux organisations internationales dans les zones sous contrôle des Forces de Soutien Rapide (FSR) dans les régions du Darfour et du Kordofan.
La Commissaire à l’aide humanitaire, Salwa Adam Benya, a enjoint les organisations humanitaires internationales opérant dans le pays de respecter les dispositions de la législation et des politiques nationales régissant l’action humanitaire, de ne pas s’immiscer dans les affaires intérieures et de respecter la neutralité de l’action humanitaire.
Cette directive fait suite à des rapports indiquant l’implication de certaines organisations étrangères enregistrées auprès de la Commission d’aide humanitaire (HAC) dans des transactions institutionnelles avec « l’Agence soudanaise pour les secours et les opérations humanitaires », le bras humanitaire des Forces de Soutien Rapide. La Commissaire a émis une directive stipulant l’obligation pour les organisations humanitaires de se conformer aux dispositions de la législation et des politiques nationales régissant l’action humanitaire au Soudan.
Selon le texte de la décision, la directive comprend un avertissement aux organisations étrangères enregistrées conformément aux dispositions de la loi de 2006 sur l’organisation du travail volontaire et humanitaire et du règlement de 2013 sur l’enregistrement des organisations. Elle stipule que l’enregistrement auprès de ladite « Agence soudanaise pour les secours et les opérations humanitaires », la signature d’un accord ou d’un mémorandum d’entente, ou tout autre type d’interaction institutionnelle avec elle, est considéré — conformément à la loi — comme un acte de soutien à des entités parallèles aux institutions de l’État. Cela porte atteinte à la souveraineté du Soudan et à son intégrité territoriale, et constitue une violation flagrante des dispositions législatives régissant l’action humanitaire au Soudan.
La décision ordonne au directeur des organisations et des projets ainsi qu’au registraire général des organisations de la Commission d’aide humanitaire de surveiller toute interaction relevant de l’article (1) de cette directive et de prendre toutes les mesures juridiques, matérielles et procédurales nécessaires conformément à la loi de 2006 sur l’organisation du travail volontaire et humanitaire, ses règlements, politiques et directives. Cela inclut l’application de l’article (14) (1) (b) de ladite loi, qui prévoit l’annulation de l’enregistrement des organisations concernées.
La décision de la Commissaire à l’aide humanitaire appelle les agences spécialisées des Nations Unies ainsi que les organisations internationales et régionales opérant dans le domaine humanitaire, n’ayant pas encore signé d’accord technique avec la Commission, à soumettre un projet d’accord.
Enfin, la décision exige que les organisations internationales et régionales opérant au Soudan instruisent leur personnel de respecter strictement la souveraineté du Soudan, son intégrité territoriale et son unité nationale, et d’appliquer les principes humanitaires internationaux, notamment la neutralité, l’impartialité et l’indépendance de l’action humanitaire vis-à-vis de tout objectif politique ou militaire.