Adjoint d’Al-Burhan : Un vice-président d’un État impliqué dans l’approvisionnement de la milice

  • Agar : Je ne suis au courant d’aucune intention de nommer Al-Burhan président de la République.
  • Adjoint d’Al-Burhan : Je prévois la conclusion d’un règlement formel ou tactique malgré la résistance et la présence de la milice.

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

Le vice-président du Conseil de souveraineté, Malik Agar, a accusé des dirigeants influents de l’État du Soudan du Sud de complicité dans l’acheminement de fournitures aux Forces de soutien rapide (FSR). Dans une interview accordée à (Al Jazeera Net), Agar a déclaré que le vice-président du Soudan du Sud, Taban Deng, ainsi que certains anciens chefs des services de sécurité, sont complices de l’acheminement du soutien à la rébellion. Il a toutefois souligné que ces approvisionnements ne représentent pas la politique officielle de l’État du Soudan du Sud.

Agar a révélé avoir discuté, lors de sa dernière visite à Juba, de l’arrivée de fournitures à la milice via le Soudan du Sud, notant le passage d’environ 350 camions de carburant par la région de Bahr el Ghazal, en plus d’autres cargaisons. Il a précisé que les réunions avec les services de sécurité du Sud ont conclu qu’ils ne pouvaient pas arrêter totalement ce soutien ni le contrôler en raison de l’immensité des frontières.

Dans le même contexte, Agar a nié avoir connaissance d’une quelconque orientation vers la dissolution du Conseil de souveraineté et la nomination d’Abdel Fattah Al-Burhan en tant que président de la République. Il a souligné que l’exécution d’une telle mesure nécessitera une modification du document constitutionnel et de l’Accord de paix de Juba, lequel prime sur la Constitution. Il a admis que la dissolution du Conseil de souveraineté ne serait pas une bonne étape et n’aiderait pas à la stabilité de l’État.

Par ailleurs, Agar a exprimé sa crainte d’une partition du Soudan, affirmant que le pays n’est pas un État mais plutôt une “prison ouverte pour les ethnies”. Il a averti qu’un effondrement dans n’importe quelle région se propagerait immédiatement aux autres, et que toute division d’une partie signifierait la division et l’effondrement du reste du pays.

Il a insisté sur la nécessité d’un changement militaire de la situation sur le terrain avant d’entamer des négociations, car toute négociation actuelle serait un signal vers la partition du Soudan. Il a nié que les négociations puissent mener à un nouveau partenariat avec les Forces de soutien rapide, affirmant que c’est le vainqueur sur le terrain qui dictera ses conditions de négociation.

D’autre part, Agar a qualifié l’alliance entre Al-Hilu et Hemedti d’alliance “tactique, opportuniste et fragile”. Concernant le sort des Forces de soutien rapide et leur résistance, il a qualifié la question de complexe, affirmant que l’ensemble du peuple soudanais n’acceptera pas leur présence. Il a soutenu qu’aucun dirigeant au Soudan ne pourrait accepter de s’asseoir avec eux, conformément à l’opinion publique.

Enfin, il a laissé entendre qu’un certain règlement devra être trouvé en fin de compte, déclarant : “Le moment n’est pas encore venu de dessiner une image précise du règlement”. Et d’ajouter : “Mais je m’attends à ce qu’à un moment donné, un certain type de consensus se produise, même s’il est tactique ou formel ; cela doit arriver”.