
Le Camp du Mal en Éthiopie
Couleurs de la Vie :
Noir
Salah Omer Elsheik
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
Le 10 février 2026, l’agence Reuters a publié une enquête d’investigation révélant l’existence d’un immense camp d’entraînement secret en Éthiopie, destiné aux combattants de la milice soudanaise des Forces de Soutien Rapide (FSR). Le nombre de combattants est estimé à 4,500 individus, principalement des mercenaires du Soudan du Sud et d’Éthiopie, ainsi que certains Soudanais. Cette évolution est qualifiée de tournant majeur qui pourrait complexifier le cours de la guerre au Soudan et entraîner directement des puissances régionales dans la confrontation.
Le camp est situé dans la région isolée de Benishangul-Gumuz, dans l’ouest de l’Éthiopie, une zone très proche de la frontière soudanaise (précisément l’État du Nil Bleu).
Reuters s’est appuyée sur des images satellites et des témoignages de responsables et de diplomates, montrant une expansion massive du site au cours des derniers mois, abritant des milliers de combattants.
L’objectif du camp est de former les combattants à des méthodes de combat avancées et à l’utilisation d’armes technologiques modernes, afin de renforcer les rangs de la milice des FSR, qui fait face à une pression croissante de l’armée soudanaise sur divers fronts.
Reuters a cité huit sources (dont un haut responsable éthiopien) affirmant que les Émirats Arabes Unis ont financé la création du camp. Le rapport mentionne que les Émirats ont contribué à fournir des instructeurs et une assistance logistique aux combattants à l’intérieur du camp.
Répercussions Stratégiques :
L’existence d’un camp dans cette région signifie aider la milice des FSR à ouvrir un nouveau front de combat au sud-est, visant à disperser les efforts de l’armée soudanaise qui se concentre actuellement sur la reprise du Darfour.
Le camp représente la première preuve tangible (selon Reuters) du rôle direct joué par l’Éthiopie dans l’accueil de forces combattantes, ce qui pourrait entraîner une détérioration grave des relations déjà tendues entre Khartoum et Addis-Abeba.
Les analystes estiment que ce soutien extérieur pourrait donner aux FSR un « second souffle » et tenter de réduire l’efficacité du blocus que l’armée s’efforce d’imposer sur les lignes d’approvisionnement traditionnelles venant de l’ouest.
L’Éthiopie joue désormais un rôle dangereux et manifeste en s’ingérant dans la guerre au Soudan et en soutenant la milice rebelle contre le gouvernement légitime, oubliant que le Soudan pourrait représenter pour elle une menace directe et lui rendre la pareille en aidant l’opposition éthiopienne, qui est nombreuse. De plus, la présence de ce camp à proximité du Barrage de la Renaissance (GERD) constitue une menace directe pour l’ouvrage si des combats venaient à éclater dans cette zone.