Les dirigeants africains lancent un appel au monde pour arrêter la guerre au Soudan et mettent en garde contre la légitimation des coups d’État

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
Samedi, les dirigeants africains ont appelé le monde à intervenir immédiatement pour mettre fin à la guerre au Soudan et résoudre le conflit qui oppose l’armée et la milice des Forces de soutien rapide (FSR) depuis près de trois ans.
Les travaux du 39ème Sommet africain ont débuté samedi dans la capitale éthiopienne, Addis-Abeba, au niveau des chefs d’État et de gouvernement, avec un ordre du jour examinant la guerre au Soudan, le terrorisme dans les pays du Sahel africain, ainsi que les questions de sécurité, d’énergie et d’eau sur le continent.
Le Soudan a été absent pour la cinquième fois consécutive en raison de la suspension de son adhésion, tandis qu’Évariste Ndayishimiye, président du Burundi, a pris la présidence de l’Union africaine pour la nouvelle session. Le Burundi assumera cette présidence à un moment où le continent traverse des dynamiques complexes, allant des défis de paix et de sécurité dans plusieurs régions aux guerres dans d’autres zones comme le Soudan.
Les discours de la majorité des présidents et chefs de gouvernement africains se sont transformés en une tribune pour décrire l’ampleur de la crise soudanaise et appeler à l’arrêt immédiat de la guerre.
Le président de l’Angola et président sortant de l’Union africaine, Joao Lourenço, a souligné lors de son allocution de passation de pouvoir à son homologue burundais, une tolérance zéro envers les coups d’État sur le continent. Il a simultanément appelé à travailler ensemble pour le règlement de la guerre au Soudan, déclarant : « Il faut faire taire les armes en Afrique et mettre en place des solutions efficaces à cet effet, particulièrement pour les conflits prolongés sur le continent. Nous continuerons à œuvrer pour résoudre les différends et les conflits complexes qui ont détruit le Soudan et le Congo, et pour mettre fin à la guerre entre l’armée et la milice. »
Lourenço a ajouté que le conflit au Soudan a entraîné une catastrophe humanitaire sans précédent et des déplacements massifs, soulignant que le monde doit assumer son rôle envers le Soudan et prêter attention à ce qui s’y passe. Il a également exhorté les dirigeants mondiaux à aider le peuple soudanais à parvenir à la paix et à obtenir la sécurité.
Réitérant sa position de fermeté, Lourenço a affirmé qu’aucun coup d’État ne serait toléré sur le continent, notant que les crises sécuritaires en Afrique ont atteint un niveau sans précédent, où les auteurs de coups d’État organisent des élections pour eux-mêmes et les remportent. Il a poursuivi : « Nous assistons à l’émergence de nouvelles menaces et de coups d’État… nous ne les tolérerons pas, ni le fait que des putschistes organisent des élections et s’élisent eux-mêmes ; c’est inacceptable. Il est regrettable qu’ils soient acceptés, car ce n’est pas un critère d’accès au pouvoir et cela encourage les coups d’État ; c’est inadmissible. »
De son côté, le président de la Commission de l’Union africaine Mahmoud Ali Youssef a déclaré que les défis auxquels le continent est confronté sont immenses en raison des guerres qui font rage.
À son tour, le président de la nouvelle session de l’Union africaine et chef de l’État burundais, Évariste Ndayishimiye, s’est engagé lors de son discours de prise de fonction à faire preuve de neutralité vis-à-vis des questions continentales. Il a affirmé qu’il travaillerait sur la situation au Soudan, dans l’est du Congo, en Somalie et dans les zones de conflit, ajoutant que ces crises nuisent à l’ensemble du continent, sapent l’économie et coûtent la vie à des milliers de jeunes. Il a poursuivi : « Il y a de nombreuses crises sécuritaires sur le continent, dans un paysage géopolitique entouré de nombreux défis, ce qui nécessite le respect du dialogue et de la primauté du droit international. » Il s’est engagé à bâtir la paix, la sécurité, la stabilité et le développement, affirmant son engagement à résoudre les conflits, restaurer la paix et faire tout son possible pour concrétiser l’initiative « Faire taire les armes ».
Pour sa part, le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a insisté dans son allocution sur la nécessité d’œuvrer pour mettre fin immédiatement à la guerre au Soudan. Il a appelé les forces politiques soudanaises à construire un espace de paix, à mettre un terme aux conflits et à trouver une voie politique inclusive. Guterres a ajouté que l’Afrique a besoin de justice, d’atteindre les objectifs de développement durable, de réformer l’architecture financière mondiale et d’obtenir un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU, qualifiant le fait d’en être privé d’inacceptable.