
Le droit du Soudan (Le Retour) : Le Ministre des Affaires étrangères dissipe les illusions du gel africain
L’Afrique à l’épreuve de la souveraineté nationale
Rapport : Ibtisam Al-Sheikh
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
Dans une scène politique solennelle qui a tenu les observateurs en haleine à Addis-Abeba, le 39ème Sommet africain a posé une question fondamentale et fatidique sur l’imminence du retour du Soudan dans son giron continental. Ce, après un discours décisif du Ministre des Affaires étrangères, Dr Mohieddine Salem, dans lequel il a qualifié la décision de suspension de l’adhésion de “péché politique”.
Responsabilité historique :
Le ministre des Affaires étrangères a placé les dirigeants du continent devant leurs responsabilités, réfutant les arguments sur lesquels s’appuyait la décision du 25 octobre 2021, affirmant qu’il ne s’agissait pas d’un coup d’État mais d’un mouvement correctif pour préserver l’État. Cela nécessite, selon lui, une révision des positions rigides qui ont isolé l’institution africaine de son rôle effectif envers le Soudan.
L’argument irréfutable :
Le discours soudanais ne s’est pas contenté de la défense ; il est passé à l’offensive diplomatique en apportant la preuve contre la milice rebelle. Il a précisé que le gouvernement n’avait jamais fermé les portes de la paix, mais avait exploré toutes les voies préservant la souveraineté, tandis que la milice a choisi d’étendre la zone de terrorisme et de pratiquer des violations documentées que les artifices ne peuvent embellir.
Feuille de route :
Le Soudan a présenté sa vision claire pour une solution via une feuille de route nationale, demandant à l’Union africaine de l’adopter comme unique outil pour mettre fin au conflit. Les experts y voient un test réel de la volonté du continent à soutenir la légitimité, loin des diktats extérieurs qui avaient fait de l’institution africaine, par le passé, une partie de la crise de sabotage.
L’heure de vérité :
Le journaliste Mekki El-Maghrabi a qualifié cette session de “solennelle”, indiquant que le ministre des Affaires étrangères a présenté des données logiques poussant à la levée immédiate de la suspension. Il a dénoncé l’idée d’envoyer une mission d’enquête tardivement, s’interrogeant avec amertume sur l’absence d’une telle enquête au moment où la décision de gel injuste a été prise.
Phares de soutien :
Au milieu d’un “silence africain” suspect, les positions de l’Égypte et de l’Algérie ont émergé comme des phares de soutien à la légitimité soudanaise. Le Caire a appelé au retour immédiat du Soudan à son siège vacant, considérant que la stabilité de la région est organiquement liée à Khartoum, créant ainsi une brèche dans le mur de réticence érigé par certaines parties continentales partiales.
Indicateurs de force :
De son côté, l’expert, le général de division Dr.Amin Ismaïl Majzoub, s’est montré optimiste quant aux indicateurs de force affichés par la diplomatie, surtout avec les revers de la milice sur le terrain au Kordofan et l’approche du dénouement de la bataille au Darfour, ce qui ramène le Soudan à sa position de leader depuis une plateforme de puissance militaire et politique incontournable.
Isolement de l’institution :
Le discours du Soudan a été marqué par un mélange de diplomatie et de clarté. Dr .Majzoub a expliqué que l’Union africaine est aujourd’hui entravée par ses décisions précipitées, ayant perdu sa capacité d’initiative après s’être placée dans la position de spectateur face à la tragédie d’un État considéré comme l’un des fondateurs les plus éminents de l’ancienne Organisation de l’Unité Africaine.
Le plus grand perdant :
Selon les calculs de gains et de pertes, les observateurs estiment que l’Afrique est la plus grande perdante de l’absence du Soudan, celui-ci étant sa porte vers la mer Rouge et le réservoir de ses ressources. Son absence a paralysé les rouages de l’action continentale, tandis que le Soudan est resté libre dans ses espaces arabes et internationaux, se mouvant avec une flexibilité qui dépasse les contraintes bureaucratiques d’Addis-Abeba.
Établissement de la preuve :
Les rapports ont confirmé que le ministre a parfaitement réussi à mettre en avant l’engagement du Soudan envers le processus de (Djeddah) et ses clauses, face au mépris de la milice pour tous les engagements. Cela a placé les dirigeants africains face à leur conscience politique, car il est impossible d’égaliser une armée nationale protégeant la terre et une milice rebelle ciblant l’être humain.
Alternatives stratégiques :
Le discours a lié la feuille de route soudanaise aux investissements internationaux, expliquant que le Soudan possède de vastes alternatives économiques et que son retour à l’Union africaine est dans l’intérêt du continent pour éviter les ingérences extérieures. Il a souligné que le Conseil de paix et de sécurité est aujourd’hui appelé à faire plus que de simples communiqués de préoccupation routiniers et une attente passive.
Souveraineté nationale :
Malgré l’activisme diplomatique, le premier pari à Khartoum reste sur la volonté du peuple et de l’armée. Le Soudan n’attend pas de “brevets de pardon” d’institutions dont l’agenda est inféodé à autrui, mais impose sa présence par l’héroïsme de ses fils sur le terrain, affirmant que la véritable adhésion est celle qui s’écrit avec l’encre du sacrifice et de la pure souveraineté nationale.
Espace de franchise :
Le discours soudanais n’a pas hésité à pointer du doigt l’implication de puissances régionales dans l’attisement du conflit, transformant la session consultative en un espace de franchise totale. Les points ont été mis sur les “i” concernant ceux qui soutiennent la stabilité et ceux qui financent la rébellion, embarrassant les parties qui pensaient que le silence soudanais durerait.
Prémices de l’aube :
Les événements du 39ème sommet ont porté les prémices d’une nouvelle aube pour la diplomatie soudanaise. La glace africaine a commencé à fondre devant la force de la logique, et il est devenu clair que la politique de “gel” a échoué à briser la volonté de l’État, renforçant au contraire sa détermination à bâtir de nouvelles alliances consolidant sa position dans la “Bataille de la Dignité”.
Option unique :
Le Soudan demeure un acteur incontournable dans l’équation continentale, attaché à l’initiative de paix proposée par la direction. L’institution africaine reste quant à elle face à deux choix : soit revenir à l’esprit fondateur et rendre justice au Soudan, soit rester dans son isolement, loin d’une crise dont elle était censée être la clé de la solution.