Le Congrès américain fait pression pour suspendre les ventes d’armes aux Émirats arabes unis

 

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

La commission des Affaires étrangères du Congrès américain a dénoncé le soutien émirati à la milice des Forces de soutien rapide (FSR), affirmant que ce soutien extérieur ne fait qu’attiser le conflit brutal au Soudan, tout en soulignant la nécessité de tenir pour responsables les pays impliqués en suspendant les ventes d’armes. Les voix américaines dénonçant le rôle émirati dans la guerre au Soudan se sont élevées après que “Reuters” a révélé le financement par les Émirats d’un camp d’entraînement pour la milice en Éthiopie.
La commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants a précisé, dans une publication sur la plateforme “X”, que le membre du Congrès Gregory Meeks “continuera de suspendre toutes les transactions d’armes américaines majeures avec les Émirats arabes unis et tout pays soutenant la milice ou toute partie à ce conflit”.
La commission des Affaires étrangères a déclaré que le Congrès peut couper le soutien extérieur en adoptant le projet de loi présenté par Meeks pour imposer des sanctions aux personnes impliquées dans la guerre, et interdire la vente d’équipements de défense américains majeurs aux pays impliqués dans l’alimentation du conflit.
La représentante Sara Jacobs a appelé à l’éviction de toutes les parties extérieures au conflit soudanais, à commencer par les Émirats arabes unis, et à l’arrêt des ventes d’armes américaines, avertissant que “des millions de personnes risquent la mort en raison de l’insécurité et du manque de nourriture, d’eau et de médicaments”. De son côté, le président de la commission des Relations étrangères du Sénat américain, le sénateur Jim Risch, a écrit sur la plateforme “X” : “Je suis préoccupé par les rapports faisant état d’un centre d’entraînement lié aux Émirats en Éthiopie pour les gangs du soutien rapide impliqués dans le génocide, avec des routes d’approvisionnement potentielles via le Somaliland”. Risch a ajouté que ces mouvements représentent une escalade dangereuse et constituent une raison supplémentaire de classer la milice comme organisation terroriste étrangère, avec les conséquences juridiques qui en découlent contre les réseaux de soutien régionaux par procuration.
“Reuters” avait révélé, le 10 février courant, que les Émirats avaient financé la construction du camp de la milice et fourni un soutien logistique au site, selon huit sources, dont un haut responsable éthiopien, ce qui figurait également dans une note interne émise par les services de sécurité éthiopiens et un télégramme diplomatique.
Pour sa part, le ministère émirati des Affaires étrangères a déclaré qu’il n’était pas partie au conflit et qu’il ne participait “sous aucune forme” aux hostilités, tandis que les porte-paroles du gouvernement éthiopien, de l’armée éthiopienne et des Forces de soutien rapide n’ont pas répondu aux demandes de commentaires sur le rapport de “Reuters”.
L’armée soudanaise avait précédemment accusé les Émirats de fournir des armes à la milice, une accusation jugée crédible par des experts des Nations unies et des législateurs américains.