Le Sommet Africain condamne les interventions étrangères au Soudan

 

 

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

Le Sommet Africain a condamné les interventions étrangères au Soudan et a appelé à une trêve humanitaire menant à un cessez-le-feu complet.  À l’issue de ses sessions, le Sommet Africain a déclaré : « Nous condamnons fermement les interventions étrangères au Soudan, et nous appelons à une trêve humanitaire menant à un cessez-le-feu global et au lancement d’un dialogue soudanais inclusif. » Le sommet a également condamné la reconnaissance du “Somaliland” par Israël et a souligné son rejet catégorique des tentatives de partition. En outre, le Sommet Africain a affirmé son refus absolu de toute tentative de déplacement forcé du peuple palestinien vers l’Égypte ou la Jordanie, exigeant que l’État de Palestine devienne membre à part entière de l’ONU, conformément à la volonté de la majorité de la communauté internationale.

Le président de la Commission de l’Union Africaine, Mahamoud Ali Youssouf, a déclaré que le sommet s’est concentré sur le principe de la tolérance zéro à l’égard des changements anticonstitutionnels, ainsi que sur les efforts pour « faire taire les armes », expliquant que la majorité des délibérations du sommet ont porté sur les questions de paix et de sécurité dans leurs dimensions stratégiques.

Il a souligné la demande de l’Union Africaine pour un siège permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU, révélant par la même occasion que 18 pays africains prévoient de créer une plateforme unifiée pour faire face aux défis du terrorisme sur le continent.

Le président du Burundi, président de la session actuelle de l’Union Africaine, a annoncé dimanche la fin des travaux du 39ème sommet à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne. Pendant deux jours, le sommet a discuté des conflits internes au Soudan et dans les pays du Sahel, ainsi que de la lutte contre le terrorisme transfrontalier. Les dossiers de la sécurité hydrique, de l’assainissement, de la zone de libre-échange et de la dette qui pèse sur le continent ont également dominé l’ordre du jour.

De son côté, Mossad Boulos, conseiller du président américain pour les affaires africaines, a déclaré avoir tenu une réunion importante avec la vice-présidente de la Commission européenne, Kaya Kallas, en marge de la Conférence de Munich sur la sécurité. M. Boulos a ajouté dans un tweet sur la plateforme X : « Nous recherchons une trêve humanitaire décisive au Soudan, et il est nécessaire de mener une action commune et coordonnée pour faire taire les fusils et les drones, et passer à un dialogue soudano-soudanais permettant le retour à un gouvernement dirigé par des civils. »

Pour sa part, le Premier ministre soudanais, Kamil Idriss, a déclaré lors d’une session de dialogue en marge de la Conférence de Munich sur la sécurité en Allemagne, samedi, que l’initiative de son gouvernement visant à mettre fin à la guerre dans le pays bénéficie d’un soutien international et régional, et repose sur la priorité donnée à la protection des civils et à l’état de droit. Kamil Idriss avait présenté, en décembre dernier, l’initiative de son gouvernement devant le Conseil de sécurité de l’ONU, visant à instaurer la paix au Soudan par un cessez-le-feu global et le désarmement des Forces de Soutien Rapide.

La situation humanitaire au Soudan s’aggrave depuis le début de la guerre à la mi-avril 2023 entre l’armée soudanaise et la milice des Forces de Soutien Rapide, entraînant la mort de dizaines de milliers de personnes et le déplacement d’environ 13 millions de personnes, selon les Nations Unies.