Rupture de « l’artère des Al-Daglo » : l’armée écrase les bases d’approvisionnement frontalier

  • L’armée de l’air tranche : 21 frappes coupent le souffle de la milice aux frontières

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
Des sources militaires soudanaises ont révélé la destruction de deux sites importants d’approvisionnement des milices de soutien rapide (RSF) aux frontières soudano-tchadienne et libyenne. Le triangle d’approvisionnement provenant de la Libye et du Tchad vers Darfour représentant une source d’inquiétude constante pour les forces armées soudanaises.
Les sources ont révélé à Sudan Tribune l’exécution d’environ 21 frappes préventives contre des approvisionnements de la milice qui étaient en route vers le pays via les frontières nord-ouest et ouest. Bien que les sources se soient abstenues de préciser la nature exacte du matériel, elles ont indiqué qu’il comprenait des dispositifs de brouillage et des drones. Elles ont précisé que les deux plus grands sites de réception de soutien et d’approvisionnement de la milice sur la frontière ouest ont été totalement détruits, sans entrer dans les détails de la localisation géographique de ces deux points.
Le gouvernement soudanais accuse son homologue tchadien de fournir un soutien logistique à la milice, tandis que des accusations visent le groupe du général Khalifa Haftar en Libye pour le transfert de fournitures aux Forces de soutien rapide. Les sources militaires ont confirmé que le commandement de la défense aérienne et l’armée de l’air surveillent de près les frontières soudano-tchadienne et libyennes.
Des experts militaires interrogés par Sudan Tribune estiment que la dynamique de l’approvisionnement militaire repose sur des routes stratégiques qui exploitent les vides sécuritaires aux frontières. Des sources à la frontière ouest indiquent à Sudan Tribune que ces itinéraires relient les centres de distribution en Libye aux points de réception des RSF. Elles ont affirmé qu’une partie de l’approvisionnement de ces forces est assurée par des réseaux transfrontaliers et des groupes opérant dans le trafic d’armes.
L’expert militaire et stratégique, le brigadier-général à la retraite Mohammed Abdel Jalil, estime que la guerre soudanaise a instauré une nouvelle réalité qui efface les frontières entre le travail officiel et la contrebande. Il a souligné, dans son entretien avec Sudan Tribune, l’émergence de ce qu’il appelle la « main-d’œuvre armée indépendante » comme acteur clé.
Il a comparé ces groupes à des « prestataires de sécurité » qui gèrent des points de contrôle, imposent des taxes informelles et sécurisent l’escorte des camions transportant des fournitures militaires et logistiques. Ils fournissent également, parfois, des couloirs pour l’évacuation des blessés ou des soldats se retirant du front.
Il a ajouté, par ailleurs, que ces groupes ont fourni à la milice de grandes quantités de carburant de contrebande et d’armes en provenance de Libye. Il a noté que la concentration de l’armée de l’air soudanaise sur la frontière ouest avec le Tchad a poussé le commandement du Soutien Rapide à réfléchir rapidement à de nouvelles entrées, se tournant récemment vers la Libye.