
Des politiques économiques turbulentes
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Les Couleurs de la Vie
Salah Omar El – Cheikh
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
Noir
L’effondrement de la livre soudanaise face aux devises étrangères a frappé l’économie d’une lourde paralysie et a bloqué le mouvement économique. Pire encore, il a eu un impact direct et préjudiciable sur l’importation et l’exportation en raison de l’instabilité de la monnaie, qui empêche de fixer facilement les prix.
Les commerçants ont cessé d’acheter et de vendre par crainte des pertes massives qui les menacent, tandis que le citoyen, impuissant et dépassé, se retrouve désemparé face à une vague de cherté de la vie écrasante dans tous les domaines : l’alimentation, les soins et les transports. La menace la plus vive pèse sur ceux qui avaient entamé la réhabilitation de leurs maisons, car les prix des matériaux de construction ont doublé, accentuant leur épuisement et leur tristesse face à ce qui leur arrive… Cette instabilité des politiques économiques menace de prolonger l’insécurité et d’aggraver la souffrance des citoyens, pourtant si heureux de voir la vie normale reprendre dans leur pays.
Les citoyens les plus affligés et les plus anxieux sont les déplacés et les réfugiés qui retournent chez eux, revenant désormais par milliers vers leur patrie, pour être ensuite pris de court par cette cherté de la vie écrasante et galopante. Il est évident que le “gouvernement de l’espoir” ne dispose d’aucun plan pour faire face à cette guerre économique que nous avons provoquée de nos propres mains.
Le Soudan, ce pays dont les ressources dépassent le nombre de ses habitants et dont les excédents profitent à ses voisins et à toute la région… voit son peuple souffrir de la corruption, de la faible production et d’une guerre allumée par des ignorants haineux. Ces derniers ont pourtant joui de ses richesses, mais cela ne leur a pas suffi ; assoiffés de pouvoir, ils ont décidé de s’en emparer par la force, déclenchant une guerre dont les victimes sont les innocents, les femmes et les enfants… Ils ont détruit ses infrastructures, son histoire et ses vestiges, et ils continuent de s’égarer aveuglément dans leur tyrannie.
La crise économique qui a causé tout cela n’est pas uniquement le fait de la guerre, mais découle aussi de décisions contradictoires et confuses. Les plus récentes concernent l’importation du pétrole, sujet ayant fait l’objet de trois décisions conflictuelles oscillant entre le monopole et la libéralisation économique ; trois décrets émis en trois jours qui ont embrouillé la scène pour aboutir à l’introduction d’une autre matière dans ce tableau déjà trouble : l’or. En effet, la Banque centrale a imposé aux importateurs de pétrole le dépôt d’une caution de 200 kilos d’or, après avoir aboli le monopole et autorisé les entreprises à importer sous ladite condition.
Malgré cela, la livre soudanaise chute de manière terrible et effrayante. Les décisions n’ont pas stoppé son effondrement, mais ont plutôt déclenché une avalanche de protestations de la part des acteurs lésés par ces mesures, maintenant la scène économique dans la tourmente.
ô ma patrie.