
Les forces russes menacent de poursuivre “Séléka” à l’intérieur du territoire soudanais
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
Les forces russes alliées au gouvernement de la République centrafricaine (RCA) ont menacé de poursuivre les rebelles de la coalition « Séléka » à l’intérieur des frontières soudanaises en cas de repli de ces derniers. Cette déclaration fait suite à l’attaque menée mardi par le groupe rebelle contre la ville centrafricaine d’Am Dafok, voisin du Soudan.
Des sources locales concordantes avaient rapporté hier mardi à « Darfour24 » que les forces de la coalition rebelle de la Séléka en RCA avaient pris le contrôle de la ville frontalière d’Am Dafok. Cette offensive intervient quelques jours après la mainmise du groupe sur les localités d’« Am Kermalaya » et de « Bir Souleymane », à l’issue d’affrontements armés contre les forces gouvernementales et leurs alliés russes.
Dans un communiqué officiel consulté par « Darfour24 », le gouvernement centrafricain a annoncé que les forces armées (FACA) et leurs alliés russes avaient lancé une opération militaire dans la région d’Am Dafok, au nord-est du pays. Cette opération fait suite à l’assaut de la Séléka qui, selon le communiqué, a fait des morts et des blessés parmi les militaires et les civils, et a également ciblé une base de la mission onusienne.
Le communiqué précise que des groupes armés, qualifiés d’« extrémistes », ont lancé l’assaut mardi à 4h30 du matin contre Am Dafok. L’attaque a fait des blessés dans les rangs des forces armées centrafricaines. De plus, la base de la Mission de l’ONU pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) a été prise pour cible, entraînant la mort d’un casque bleu et faisant quatre blessés parmi les forces de maintien de la paix.
Selon un bilan préliminaire cité par le texte, des pertes civiles – comprenant des femmes et des enfants – sont à déplorer. Le communiqué accuse les assaillants d’avoir perpétré des pillages systématiques et des viols, y compris sur des mineurs, en plus d’avoir exécuté par décapitation un assistant parlementaire ainsi que le chef du quartier « Oundi-Fouk ».
Le document ajoute qu’une partie de la population civile a fui en direction de la ville de Birao, où se trouve une base de spécialistes russes, tandis que d’autres civils ont trouvé refuge au quartier général de la MINUSCA.
Le gouvernement a souligné que cette attaque « n’était pas une surprise », révélant qu’un combattant s’étant rendu aux forces russes dans la soirée du 29 juin avait fourni des renseignements précieux sur l’imminence d’une offensive dans le nord-est du pays. Ce dernier aurait affirmé que l’opération mobiliserait entre 2.000 et 2.500 combattants en provenance du Soudan et du Tchad, parmi lesquels figurent des mercenaires de diverses nationalités.
Le communiqué prétend, par ailleurs, que le transfuge a désigné Karim Meckassoua comme le cerveau du financement et de la planification stratégique de l’opération, tandis qu’Haroun assurerait le commandement des opérations sur le terrain, secondé par Abdelkassim El-Goni Tidjani, Yahya Idriss (représentant de Nour eldin Adam), Abdallah Tagou et Kader Kenengar.
Le texte allègue également que les assaillants ont été formés par des instructeurs français et d’autres d’origine arabe au sein de camps mobiles situés dans la zone frontalière entre le Tchad et le Soudan. Ces formations auraient inclus, d’après le communiqué, des programmes d’endoctrinement idéologique liés à l’extrémisme islamiste, ce qui « confirme à nouveau », selon les termes du gouvernement centrafricain, le soutien de la France aux groupes armés s’activant contre la RCA.
Le communiqué indique que les forces armées centrafricaines et leurs alliés russes ont élevé leur niveau d’alerte et qu’une opération militaire spéciale est en cours pour sécuriser la zone et neutraliser les assaillants.
Le document cite enfin les alliés russes, qui ont averti que toute tentative de repli des assaillants vers le Soudan donnerait lieu à une traque transfrontalière, réaffirmant qu’« il n’y aura aucun refuge pour les criminels ».
En conclusion, le communiqué appelle les citoyens à la solidarité et à la vigilance, assurant que les forces de défense et de sécurité, appuyées par leurs alliés, poursuivent la traque des assaillants, et que la République centrafricaine « continuera à se battre jusqu’au rétablissement total de la sécurité et de la souveraineté ».