
Sans dépôts extérieurs… Le ministre des Finances révèle les raisons de la baisse du dollar
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
Le ministre des Finances et de la Planification économique, Gibril Ibrahim, a démenti que le Soudan ait reçu le moindre dépôt financier de l’étranger ayant contribué à l’amélioration du taux de change, affirmant que les politiques gouvernementales ont réussi à instaurer une certaine stabilité de la livre face aux devises étrangères.
La monnaie locale avait enregistré une baisse drastique au cours des semaines passées, avant que le gouvernement n’intervienne en injectant 400 millions de dirhams en devises étrangères dans les banques pour couvrir les besoins d’importation.
Lors d’un entretien accordé à la Télévision du Soudan, Gibril a déclaré que le pays traverse des conditions économiques difficiles en raison des répercussions de la guerre, reconnaissant la souffrance des citoyens et assurant que le gouvernement s’emploie à redresser la situation économique et à préparer des alternatives pour améliorer le niveau de vie.
Il a ajouté qu’au début de la guerre, il s’attendait à ce que le cours du dollar atteigne environ 10.000 livres au cours de l’année 2025, en raison de l’arrêt de la production et de la hausse de la demande en devises étrangères. Cependant, les mesures gouvernementales ont contribué à limiter la hausse du taux de change, et il prévoit une baisse continue du dollar sur le marché parallèle, tout en reconnaissant que cela ne s’est pas encore répercuté sur les prix des biens de consommation.
Le ministre des Finances a expliqué que la solution fondamentale à la crise économique réside dans l’augmentation de la production et l’apport d’une valeur ajoutée aux produits soudanais, au lieu de les exporter sous forme de matières premières.
Le ministre a également révélé que le gouvernement dépense environ 50 milliards de livres par mois pour soutenir le secteur de l’électricité, afin de financer les travaux de maintenance, d’exploitation, de réhabilitation des infrastructures et d’améliorer la stabilité de l’approvisionnement.
Sur le plan politique, il a affirmé que l’acquisition d’alliés internationaux pendant la guerre n’est pas chose aisée, car les relations internationales reposent sur des intérêts mutuels. Il a souligné l’importance de fournir un financement suffisant à l’effort de guerre, mentionnant que le gouvernement a réduit de manière significative les salaires des fonctionnaires afin d’orienter les ressources vers la guerre, et qu’il a pris en charge des coûts considérables pour rétablir les services de base à Khartoum.
L’économie soudanaise poursuit son déclin sous l’effet de la poursuite de la guerre, de la hausse des dépenses de sécurité et de défense, ainsi que de la faiblesse des exportations. À cet égard, la Banque centrale du Soudan a indiqué, dans son résumé statistique du commerce extérieur pour l’année 2025, que les exportations se sont élevées à environ 2,64 milliards de dollars contre des importations d’une valeur de 6,49 milliards de dollars, enregistrant ainsi un déficit commercial d’environ 3,86 milliards de dollars.