Mercenaires et bases secrètes : Une enquête américaine révèle l’implication des Émirats arabes unis dans la guerre au Soudan

 

 

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

 

Une récente enquête d’investigation menée par le réseau médiatique américain “Democracy Now” a révélé de nouveaux détails choquants documentant l’ampleur de l’implication militaire et logistique directe de l’État des Émirats arabes unis dans le déclenchement et la poursuite de la guerre en cours au Soudan.
Le rapport américain a souligné que qualifier le conflit actuel au Soudan de simple “guerre civile” est “une désinformation délibérée de la scène et un obscurcissement de l’opinion publique internationale”, insistant sur le fait que la réalité prouve qu’il s’agit d’une “guerre par procuration par excellence”, planifiée et gérée par Abou Dhabi pour servir ses ambitions géopolitiques.
L’enquête s’est appuyée sur des informations de renseignement et de terrain qui ont identifié quatre axes fondamentaux du rôle émirati dans le conflit. Le plus marquant d’entre eux est la création et la gestion de quatre camps d’entraînement secrets au cœur du désert libyen, en plus d’un camp à l’intérieur du territoire éthiopien, utilisés pour rassembler, entraîner et préparer les combattants avant de les projeter sur les différents fronts de combat au Soudan afin de soutenir les Forces de soutien rapide.
De même, l’enquête a révélé, sur la base de documents qu’elle a consultés, qu’Abou Dhabi a réussi à recruter des centaines de mercenaires étrangers originaires de Colombie, par le biais de sociétés de sécurité privées basées dans la capitale émiratie.
Ces derniers participent aux opérations offensives et supervisent l’entraînement et la qualification des éléments de la milice. L’enquête a également suivi le flux de véhicules blindés de fabrication émiratie, ainsi que d’armes et d’équipements militaires de pointe britanniques et européens vers les théâtres d’opérations au Soudan, expliquant que ces armes avaient été initialement vendues à Abou Dhabi dans le cadre d’accords officiels avant d’être détournées, ce qui constitue une violation de l’embargo sur les armes.
L’enquête a défini les principales motivations de cette intervention, affirmant que la stratégie émiratie s’articule autour du contrôle des ressources aurifères du Soudan, de l’acquisition des ports stratégiques surplombant la mer Rouge, et de la recherche d’une influence sur l’avenir politique du pays afin de garantir ses intérêts à long terme.