Les prisonniers et les disparus… Un état de stagnation jusqu’à quand ?

Avant le crépuscule
Abdelmalek Al-Naeem Ahmed  

  Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina  

Les crimes commis par la milice des Forces de soutien rapide révoltée, lorsqu’elle a profané le gouvernement de Khartoum et plusieurs États du Soudan depuis le 15 avril 2023, ne se sont pas limités aux meurtres, aux pillages, aux vols, à l’occupation des maisons, à la destruction des biens civils et des centres de services, ainsi qu’au viol des femmes libres.
Elle a également exercé de vastes opérations d’extorsion en arrêtant des citoyens depuis leurs domiciles sous de fausses accusations, entamant des opérations de troc financier pour libérer certains et tuant un grand nombre à l’intérieur des centres de détention par des méthodes d’affamement et de privation de médicaments pour les personnes atteintes de maladies chroniques.
Elle a souvent pratiqué la tromperie et le mensonge envers les familles des détenus, des prisonniers et même de ceux qu’elle avait déjà tués dans ses prisons, en empochant l’argent et en manœuvrant pour retarder leur libération.. Et lorsque Khartoum, Wad Madani et Sennar ont été libérées, des milliers de prisonniers et de détenus ont été transférés vers les prisons des villes du Darfour et du Kordofan, dans les zones sous leur contrôle.
La mauvaise réputation de la prison de Dagris dans la ville de Nyala, qui compte plus de vingt mille personnes entre prisonniers et détenus de force, a fait le tour du monde en raison du type de traitement que reçoivent les pensionnaires, sans parler de leur traitement encore pire dans les prisons d’El Fasher, Zalingei, El Geneina et d’autres villes du Kordofan.
Bien que le traitement des prisonniers soit stipulé par la loi, la violation des lois internationales et des droits de l’homme est devenue une chose ordinaire pour la milice, aidée en cela par le silence de la communauté internationale et le fait de fermer complètement les yeux sur les crimes de guerre et le génocide, depuis l’assassinat du gouverneur Khamis Abakar et la mutilation de son corps au vu et au su de milliers de personnes, jusqu’à l’enterrement vivant de milliers de Masalits sans que leurs tueurs ne cillent.. Et même les crimes commis après l’entrée de la milice à El Fasher.
Des statistiques internationales indiquent que le nombre de prisonniers et de disparus a dépassé les (65) mille personnes, sans compter le mystère qui entoure les disparus parmi eux et l’endroit où ils se trouvent actuellement. La milice jouait souvent le jeu du chat et de la souris avec les familles des disparus en lançant, via ses cellules de désinformation médiatique, des rumeurs sur la libération d’un certain nombre de prisonniers et en publiant des listes ; mais lorsque leurs familles cherchaient le lieu de leur présence, elles n’en trouvaient aucune trace.
Ce jeu continue jusqu’à présent pour exercer davantage de pressions psychologiques sur les familles qui continuent de payer le prix de la guerre à travers diverses formes de torture, de douleur et de souffrance issues de ces pratiques immorales de la milice.
Les rencontres de l’envoyé du Secrétaire général des Nations Unies, Pekka Haavisto, avec le général Abdel Fattah al-Burhan et plusieurs responsables soudanais n’ont produit aucun résultat positif en faveur des prisonniers et des disparus. Si seulement il bougeait le moindre petit doigt après l’effondrement qui a frappé le Support Rapide révolté à la suite des défaites qu’il a subies, lesquelles ont plongé le défunt Hemedti dans un état de choc lui faisant perdre conscience, après être resté durant toutes les années de la guerre privé de tout, à l’exception des discours et des rencontres truqués qui ne trompent personne possédant de la clairvoyance et de la raison.
Enfin, un certain réveil a eu lieu du côté du gouvernement, et le conseiller du président du Conseil de souveraineté, Dr. Amjad Farid, a annoncé la formation d’un comité chargé de communiquer avec tous les spécialistes pour connaître les conditions des prisonniers et des détenus. S’il pouvait s’efforcer davantage dans la recherche des disparus, rassurer leurs familles, ramener ceux qui sont encore en vie à leurs proches et déclarer ceux que Dieu a choisis comme martyrs entre les mains des criminels de guerre.
La responsabilité demeure grande sur le gouvernement, le commandement militaire et les organismes flous de la communauté internationale pour entreprendre des démarches pratiques et pénétrer dans les prisons et centres de détention de la rébellion afin de réparer une partie de l’injustice subie par ces prisonniers et détenus, de redonner de l’espoir à leurs familles et de chercher sérieusement les disparus.. Mieux vaut tard que jamais.