États-Unis… Le silence délibéré face aux positions émiraties soutenant la milice

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  • Les positions de Washington à l’égard des agissements d’Abou Dhabi n’ont pas besoin d’explication…
  • L’opposition de certains membres du Congrès au soutien apporté par les Al Nahyan aux Al Daglo n’est-elle que de la poudre aux yeux ?
  • Pourquoi les États-Unis n’accordent-ils pas aux analyses de Hudson l’attention requise, bien qu’il soit un conseiller sincère ?
Rapport : Dr. Ibrahim Hassan Zou Al-Noun 
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina 
Il a été rapporté dans les nouvelles, (mardi), que plus de 20 membres du Sénat américain ont adressé une lettre urgente au secrétaire d’État américain, Marco Rubio, dans laquelle ils demandent la suspension immédiate de toutes les transactions d’armes et autres ventes militaires destinées aux Émirats arabes unis, et ce, en raison de leur implication dans la fourniture d’un soutien militaire à la rébellion au Soudan.
Les membres du Congrès signataires de la lettre ont mis en garde contre l’extrême danger de la poursuite du flux d’armes américaines vers Abou Dhabi, soulignant que ce soutien contribuera directement à permettre aux Forces de soutien rapide de poursuivre leurs violations continues du droit international humanitaire et du système des droits de l’homme, ainsi que la répétition des massacres et des violations graves contre les civils, à l’instar de ce qui s’est produit dans la ville d’El Fasher et d’autres villes et localités soudanaises.
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Cette démarche des membres du Congrès américain est considérée comme l’une des nombreuses mesures prises par des instances américaines de haut niveau à l’égard du soutien émirati fourni, depuis le début de la guerre le 15 avril 2023, à la milice rebelle des Forces de soutien rapide.
Ce soutien est étayé par des preuves et des indices clairs n’ayant besoin d’aucune confirmation ni renforcement… Mais parfois, on a l’impression que de telles démarches ne sont rien d’autre que de simples cris qui ne trouvent personne pour leur accorder l’attention nécessaire.
Il est en effet évident que Washington adopte une politique d’approche diplomatique prudente à l’égard des rôles joués par Abou Dhabi dans la guerre du Soudan, dont tout le monde sait qu’ils permettent aux Émirats arabes unis d’étendre leur hégémonie par la force sur tous les gisements de richesses du sous-sol, en particulier l’or soudanais.
Ils le pillent parfois par la grande porte, c’est-à-dire par des voies de contournement légal, et très souvent par les fenêtres de la contrebande, en soustrayant une partie des revenus pour acheter des armes afin de soutenir leurs alliés et agents qui gardent ces intérêts et leur ouvrent même les portes de la mainmise sur les richesses soudanaises de la manière que nous vivons actuellement.
Les législateurs américains ont insisté dans leur lettre au secrétaire d’État américain, en faisant référence à ce qui se passe au Soudan, sur la nécessité de lier toute vente d’armes future aux Émirats à leur engagement total à stopper les approvisionnements en armes et les mouvements logistiques qui alimentent le conflit au Soudan, considérant que la poursuite du soutien actuel à la milice constitue une violation des conventions internationales et menace d’un effondrement total de la sécurité humaine dans la région.
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Il est connu que ces démarches de procédure entreprises par le Congrès américain s’inscrivent dans le contexte des pressions internationales et des rapports de l’ONU dénonçant le rôle extérieur dans l’embrasement de la guerre au Soudan, ces rapports appelant à l’imposition d’un embargo total sur le flux d’armes vers les parties au conflit afin de protéger les civils de la guerre et de ses séquelles.
Cependant, une question très importante se pose : pourquoi les États-Unis d’Amérique utilisent-ils une diplomatie de la porte entrebâillée à l’égard des Émirats arabes unis, soutien et parrain de la guerre au Soudan, qui se rangent clairement du côté de la milice rebelle des Forces de soutien rapide et lui fournissent — en plus des armes et du soutien logistique de combat sous toutes ses formes (convois, drones, antiaériens, mercenaires, etc.) — toutes les formes de soutien médiatique, juridique et diplomatique, de manière directe et indirecte ? Les Émirats ont en effet mobilisé un certain nombre de pays, en particulier des pays voisins du Soudan (à l’exception de l’Érythrée et de l’Égypte) et des pays du voisinage élargi du Soudan, pour soutenir la position des Forces de soutien rapide dans les instances régionales et internationales de manière scandaleuse.
Parmi les pays voisins du Soudan, on cite : le Tchad, l’Éthiopie, la Centrafrique, le Soudan du Sud et la Libye de Haftar ; et parmi les pays du voisinage élargi : le Kenya et l’Ouganda. Pour répondre de manière absolue à cette question, les États-Unis d’Amérique ne veulent pas perdre l’un de leurs plus grands et plus fidèles alliés dans la région arabe, dont l’influence s’étend jusqu’aux confins de la mer Rouge et à la région de la Corne de l’Afrique, que Washington considère comme sa basse-cour pour faire passer ses politiques au Moyen-Orient et en Afrique subsaharienne en raison de son importance géopolitique. Bien plus, la stratégie des Émirats arabes unis ne vient compléter la stratégie de présence directe ou indirecte de Washington dans la région.
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Selon mon évaluation, les positions américaines ont été bâties sur un ensemble de piliers fondamentaux reposant sur le principe de ne pas perdre un allié fort et fidèle, non seulement pour elles-mêmes, mais aussi pour leur protégé, l’entité sioniste (Israël).
De nombreux indicateurs montrent que les Émirats arabes unis représentent un soutien pour Israël, en particulier après la signature des accords d’Abraham sous le parrainage américain en 2020, dont la substance, à travers leurs textes visibles de tous, est de bâtir un partenariat stratégique entre les deux pays.
Il est connu qu’un certain nombre de pays arabes ont noué des relations diplomatiques avec Israël, mais elles n’ont pas pris la forme de celles entretenues avec Abou Dhabi. Il est nécessaire de rappeler qu’Israël a adopté, depuis l’ancien Premier ministre David Ben Gourion et après la guerre de juin 1967, des alliances régionales à caractère stratégique avec certains pays comme l’Iran à l’époque du Shah, la Turquie et l’Éthiopie.
Le but était de tisser des alliances avec des pays non arabes de la région afin de briser l’encerclement arabe autour d’elle. Mais ce qui est frappant, c’est que les Émirats ont bâti les mêmes relations avec ces pays et y ont ajouté des pays de l’environnement africain dont ils ont tiré profit pour atteindre leurs objectifs dans la guerre actuelle au Soudan.
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Il convient de noter et d’accorder de l’importance au fait que l’ancien responsable américain à la Maison-Blanche, proche des centres de décision de la politique étrangère américaine et du Conseil de sécurité nationale, Cameron Hudson, n’a cessé, depuis le début de cette guerre allumée par Abou Dhabi — qui a fourni toutes les formes de soutien aux Forces de soutien rapide s’étant rebellées contre l’État soudanais dont elles faisaient partie —, d’en faire porter très souvent la responsabilité à Abou Dhabi.
Il a indiqué à plus d’une reprise que l’ignorance continue et délibérée du rôle régional joué par les Émirats dans la guerre du Soudan fait de la communauté internationale un partenaire effectif dans le prolongement de la guerre et la persistance d’une crise humanitaire extrêmement complexe.
Il faisait souvent des déclarations de ce type, à caractère officiel, aux médias internationaux et aux différents médias numériques, dont le point commun était que la poursuite du flux d’armes depuis l’extérieur, en provenance des Émirats ou par leur intermédiaire, contribuera à prolonger le conflit, augmentera la complexité des questions à caractère humanitaire et réduira les chances d’une paix durable ; et même si une paix était conclue, elle serait incomplète et fragile.
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Les déclarations de Hudson concordent parfaitement avec la lettre des parlementaires américains au Congrès, dont le nombre a dépassé les 20 députés.
En effet, les Émirats arabes unis ont continué à s’enfoncer dans leur égarement, s’appuyant toujours sur les réseaux qu’ils ont créés pour approvisionner les Forces de soutien rapide en matériel militaire et logistique à travers de vastes réseaux de pays et de sociétés multinationales servant de points intermédiaires, incluant la Libye de Haftar, le Soudan du Sud, l’Éthiopie, le Tchad et la Centrafrique, en plus de la Somalie (région du Puntland). Hudson a mentionné que ces réseaux n’étaient pas anarchiques, mais conçus avec soin pour contourner le contrôle international et déjouer les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU.
Malgré tout cela, il faut répondre à des questions importantes et pressantes : pourquoi Washington n’accorde-t-elle pas aux déclarations de l’expert stratégique proche des centres de décision américains, Cameron Hudson, l’attention requise, alors qu’il est, pour l’administration américaine et les décideurs, l’équivalent d’un conseiller sincère ? Et une chose en entraînant une autre, le secrétaire d’État américain Marco Rubio accordera-t-il de l’attention à la lettre de plus de 20 membres du Sénat américain, dans laquelle ils ont pointé du doigt les complexités de la guerre au Soudan, dont l’embrasement est attisé avec sang-froid par les quantités de (bois, gaz et essence) que les Émirats arabes unis s’engagent à fournir, transporter et livrer aux rebelles.
Le secrétaire d’État américain accordera-t-il l’attention nécessaire à l’affaire, ou suivra-t-il la ligne de son administration basée sur une diplomatie prudente, parce que l’affaire ne dépasse pas le cadre d’éviter toute confrontation dure avec son alliée stratégique dans la région afro-arabe (Abou Dhabi), et que toute l’affaire ne sort pas de la stratégie des intérêts économiques communs ?