Fuite d’Al-Hilu et des dirigeants du Mouvement Populaire depuis Kawda

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

Les révolutionnaires de la communauté Otoro ont réussi à prendre le contrôle du terrain de manière totale sur des positions stratégiques et des sièges présidentiels dans la région de Luweri à Kawda, incluant les résidences de hauts dirigeants du Mouvement Populaire, sur fond d’informations faisant état du départ soudain du président du mouvement et de plusieurs de ses dirigeants de la région.
Les révolutionnaires hanno consolidé leur contrôle sur le cimetière des martyrs et la tombe du feu commandant Youssef Kowa, ainsi que sur des institutions présidentielles comprenant la maison du président du mouvement, Abdelaziz Al-Hilu, la maison de son adjoint, Jagod Mukwar, et la maison du chef d’état-major, Izzat Koko, parallèlement à la sortie d’Al-Hilu et de ses dirigeants hors de la région.
Dans un contexte connexe, un chef tribal de la région des monts Nuba, dans le Sud-Kordofan, a accusé samedi des forces rattachées à l’Armée populaire de libération du Soudan dirigée par Abdelaziz Al-Hilu d’avoir lancé de nouvelles attaques contre des villages de l’éthnie « Otoro » à Kawda et d’avoir arrêté quatre enfants de la tribu travaillant pour une organisation humanitaire.
La tension s’est intensifiée à Kawda et dans ses environs en raison d’affrontements continus depuis mars dernier entre les forces de l’Armée populaire et des membres de la tribu Otoro. Les événements trouvent leur origine dans des différends concernant la délimitation des frontières entre les tribus Otoro et Shawayeh, avant de dégénérer en affrontements armés à la suite desquels l’Armée populaire est intervenue, au milieu d’accusations portées contre elle d’avoir commis des violations à l’encontre de la communauté Otoro.
Au cours du mois dernier, la situation s’est considérablement détériorée, entraînant le déplacement de milliers de civils de Kawda et de ses environs après que leurs maisons ont été incendiées et pillées, tandis que les actes de pillage ont touché le grand marché de Kawda, ainsi que les sièges d’organisations humanitaires, les résidences de responsables, et la prison de « Kudi », d’où plusieurs prisonniers ont été libérés à la suite de ces événements.
Le Mek des Otoro a déclaré dans un communiqué qu’une force dépendant des renseignements de l’Armée populaire a fait irruption hier soir dans le lieu de résidence des employés de l’organisation « Samaritan » dans la région de Kamilila, et a arrêté quatre employés ressortissants de la tribu, à savoir : Makarios Youssef, Jalal Kinda, Jagod Omar et Wdad Bashir, avant de les emmener vers une destination inconnue.
Il a exigé de l’organisation « Samaritan » qu’elle publie une déclaration claire pour condamner l’arrestation et révéler ses circonstances, tout comme il a appelé les organisations des droits de l’homme, les militants et les médias à faire pression sur la direction du Mouvement Populaire afin de libérer les détenus et d’arrêter ce qu’il a qualifié de traque contre les enfants des Otoro.
Dans un second communiqué, le chef tribal a accusé des forces rattachées à l’état-major de l’Armée populaire d’avoir lancé une attaque contre trois villages du Payam de Dabi près de Kawda, à savoir « Al-Goz, Nawali et Kurbula ».
Selon le communiqué, une force composée de trois véhicules et de plusieurs fantassins a attaqué les trois villages, tandis qu’il a accusé des forces stationnées à Kawda d’avoir bombardé la région de Luweri à l’artillerie lourde, indiquant que certains obus sont tombés dans le cimetière des martyrs et y ont causé des dégâts limités.
Le chef tribal a fermement nié que les opérations militaires en cours là-bas soient liées à la délimitation des frontières ou à l’arrestation d’officiers, affirmant que leur objectif était de cibler les civils et de les pousser au déplacement, et a fait porter au Mouvement Populaire dirigé par Abdelaziz Al-Hilu la responsabilité d’avoir donné des directives visant à cibler les civils.
Dans ce contexte, un appel vocal fuité dans lequel s’exprimait le vice-président du Mouvement Populaire de Libération du Soudan, Jagod Mukwar, a révélé que la communauté « Otoro » subissait des opérations de meurtre, d’arrestation, de viol, de déplacement et de pillage, qui ont poussé la communauté à la rébellion, selon ses termes.
Mukwar, qui occupe le poste de membre du Conseil présidentiel et gouverneur de la région des monts Nuba au sein du gouvernement des Janjawid, a indiqué que les violations à l’encontre des enfants des Otoro se déroulaient sur instruction d’Abdelaziz Al-Hilu, président du Mouvement Populaire, et étaient exécutées par le chef d’état-major Izzat Koko.
Mukwar a déclaré, selon l’enregistrement diffusé, que la poursuite de ces pratiques au sein de n’importe quelle communauté tribale serait de nature à pousser ses membres à les rejeter et à se rebeller contre elles.