
Conseil des ministres… Le programme « Lumière et Eau » pour les complexes résidentiels… Qu’en est-il du citoyen et des quartiers ?
Avant le crépuscule le
Dr. Abdelmalek Al-Naeem Ahmed
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
Il est évident que le « gouvernement de l’espoir », représenté par le ministère de l’Énergie — l’autorité compétente en matière de fourniture d’électricité —, a échoué à résoudre le problème de la faiblesse de la production électrique, tant hydraulique que thermique.
Il a eu recours à d’autres solutions qui semblent plus faciles pour le gouvernement que d’autres alternatives, mais qui demeurent difficiles et coûteuses pour le citoyen ordinaire aux revenus limités. C’est toutefois la marque constante de l’incapacité à accomplir pleinement le devoir, alliée à une politique de pression sur le citoyen qui ne se limite évidemment pas au secteur de l’électricité et de l’eau — pourtant considérés comme des services essentiels et indispensables —, mais qui s’est étendue aux denrées de première nécessité dont les prix ont monté en flèche, puis aux médicaments et aux tarifs des transports, sans contrôle ni surveillance.
Sans parler de l’enseignement général dans les écoles privées, censé être un droit et un devoir de l’État envers son citoyen, où les frais de scolarité ont dépassé toutes les limites du possible avec le début de l’annonce de la nouvelle année scolaire, alors même que les Soudanais reviennent des pays de refuge et des zones de déplacement, épuisés physiquement comme économiquement.
Le ministère de l’Énergie n’a pas réussi à activer ses accords avec les deux pays partenaires, l’Éthiopie et l’Égypte, concernant le barrage de la Renaissance et le Haut Barrage, afin d’assurer une électricité raisonnable au citoyen soudanais, bien que ces deux voisins bénéficient d’une électricité continue et ininterrompue tout au long de la journée.
Cela intervient dans un contexte où la situation de l’électricité aujourd’hui au Soudan est le moins que l’on puisse décrire comme très mauvaise, sans aucun espoir d’amélioration au vu des déclarations faites par les responsables du secteur électrique et des solutions proposées, que l’on ne peut qualifier au mieux que de plus faciles pour le gouvernement et pour le ministère de l’Énergie ; et cela, ma foi, est la définition même de l’échec.
Le Conseil des ministres a tenu sa réunion ordinaire à la fin de la semaine dernière sous la présidence du Dr Kamel Idris, a discuté d’un ensemble de sujets, notamment la reconstruction des destructions qui ont frappé les infrastructures de la capitale, telles que les ponts, les routes et autres, puis l’économie détériorée et la monnaie nationale qui a perdu sa valeur malgré la création d’un comité national pour la gestion de l’économie, du comité du ministre des Finances, du comité de la Banque du Soudan, puis du comité du ministre de la Défense.
Malgré la présence de tous ces comités, le dollar sur le marché parallèle a dépassé la barre des 6.000 livres soudanaises, une autre question importante qui a souvent été abordée dans cette rubrique.
À l’issue de la réunion, le Conseil des ministres a annoncé, par la voix du sous-secrétaire du ministère de l’Information, de la Culture, du Tourisme et des Antiquités, Graham Abdelkader, le programme « Lumière et Eau » dédié à l’approvisionnement des complexes résidentiels en services d’électricité et d’eau via l’énergie solaire d’ici un an, ce qui signifie que le projet s’achèvera dans douze mois. C’est une bonne chose de fixer un délai temporel pour l’achèvement du projet afin que la presse puisse assurer un suivi et un contrôle.
En s’engageant dans le programme « Lumière et Eau » pour les seuls complexes résidentiels à l’exclusion des autres — et sur ce point nous avons également des observations —, le Conseil des ministres s’est appuyé sur le fait que le Soudan possède l’un des taux de rayonnement solaire les plus élevés au monde.
La question est donc : s’agit-il d’une découverte inédite en son genre ? Le soleil brûlant a-t-il un jour déserté le Soudan ? Ou bien est-ce que « la nécessité est mère de l’invention », s’il y a là une quelconque invention ou innovation ?
Les capacités techniques actuellement disponibles auprès du gouvernement indiquent qu’il est possible de générer 15 mégawatts d’énergie solaire et 1,5 mégawatt d’énergie éolienne, tandis que la capacité installée pour l’énergie solaire atteignait environ 190 mégawatts à la fin de l’année 2025.
Si telle est réellement la situation — et c’est bien le cas —, la décision du Conseil des ministres et le programme proposé « Lumière et Eau » soulèvent plus de questions qu’ils ne fournissent de réponses concernant l’électricité, et n’apportent pas de solutions radicales pour une « marchandise » considérée comme l’un des piliers de la vie qu’est l’électricité.
Même après l’achèvement du projet, l’écart semble considérable et béant entre le besoin réel du citoyen en électricité et la quantité produite, tout en gardant à l’esprit que le nombre de citoyens arrivant à Khartoum et dans d’autres villes depuis l’étranger est en constante augmentation, que les usines à l’arrêt vont remettre leurs machines en marche, tout comme les universités, les écoles et les hôpitaux.
Le « gouvernement de l’espoir » et le ministère de l’Énergie prennent-ils réellement conscience de ces réalités ? Ou fonctionnent-ils selon la politique de « gérer au jour le jour » ?
La déclaration du sous-secrétaire du ministère de l’Information confirme que les entités ciblées par les services d’eau et d’électricité dans ce projet sont les « complexes résidentiels »… Où se trouvent-ils ? Combien sont-ils ? Qui sont leurs habitants ? Et qu’en est-il des quartiers populaires dont les résidents ne pourront pas installer l’énergie solaire dans leurs maisons ? Et ce, en supposant que tous les habitants des quartiers « huppés » soient en mesure de se fournir en énergie, bien que les conditions de vie des Soudanais aient profondément changé durant cette guerre dont les criminels n’ont fait aucune distinction entre riches et pauvres ?
Le gouvernement a-t-il réellement adopté une exonération totale des taxes et des douanes sur les équipements d’énergie solaire pour tous les citoyens destinés à un usage personnel, ou est-ce la multiplicité des guichets d’application de la décision qui entrave cette exonération ? Enfin, qu’en est-il de l’exonération des appareils électroménagers pour les citoyens à usage personnel, alors que leurs maisons sont devenues complètement désertes et dévastées ? Si seulement nous pouvions entendre des réponses utiles aux questions qui traversent l’esprit de chaque citoyen, non pas par simple curiosité, mais par nécessité, afin que le citoyen comprenne, devienne partie prenante de la solution et y contribue.