
Après la détérioration de la santé de « Hemedti »… Mobilisation sécuritaire d’envergure à Nyala et déploiement de centaines de points de contrôle
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
La ville de Nyala, dans l’État du Sud-Darfour, connaît une mobilisation sécuritaire et militaire d’une ampleur inédite depuis sa prise de contrôle par la milice des Forces de soutien rapide.
Des informations se sont propagées avant-hier concernant la détérioration de l’état de santé du chef de la milice des Forces de soutien rapide, Mohamed Hamdan Dogolo, accompagnées de rumeurs sur le rappel d’urgence d’une équipe médicale étrangère dans la ville.
Des témoins oculaires et des habitants de la ville ont confirmé à Sudan Tribune le déploiement massif d’unités d’élite et de forces spéciales dans les artères principales, les carrefours vitaux, ainsi que les sièges politiques et exécutifs, en parallèle avec le lancement de campagnes sécuritaires conjoints et intensives pour maîtriser la situation.
Ces mouvements interviennent après une longue période d’instabilité sécuritaire croissante qu’a connue Nyala au cours des deux dernières années, des habitants de la ville ont confirmé que les opérations de braquage armé se sont multipliées dans les marchés et les quartiers, perpétrées par des groupes armés vêtus d’uniformes militaires et à bord de véhicules équipés de mitrailleuses Douchka.
Un habitant du quartier d’Al-Wadi à Nyala a rapporté que les résidents ont observé, dès le début de la matinée, le déploiement de forces d’élite et de forces spéciales dans les rues de la ville. Il a également fait état du déploiement de blindés et de véhicules armés, ainsi que de fouilles minutieuses à la plupart des points de contrôle.
Il a estimé que ce déploiement des forces spéciales donne l’impression de vouloir freiner les vols commis par les gangs armés qui ont épuisé la population ces deux dernières années. Il a affirmé qu’une grande appréhension règne dans la rue, estimant qu’une mobilisation d’une telle ampleur et la restriction des déplacements et des communications laissent présager que de grands événements militaires se préparent dans l’ombre, ou que le commandement redoute un danger venu de l’extérieur de l’État.
Tout au long de la période écoulée, la ville de Nyala a été le théâtre de violations à grande échelle comprenant des enlèvements de commerçants et de chefs traditionnels en vue d’obtenir des rançons, ainsi que des exécutions ciblées à caractère régional et tribal.
Les autorités de la ville imposent des restrictions continues sur les réseaux de communication par satellite « Starlink », effectuent des fouilles de téléphones et procèdent à des arrestations de civils accusés d’être en contact avec l’armée, en plus de l’absence d’un appareil judiciaire ferme capable de réprimer les dérapages internes de certains éléments des factions armées. Des suivis et des sources dans la ville ont révélé à Sudan Tribune que cette campagne a été lancée sur instruction du chef de la milice, Mohamed Hamdan « Hemedti », afin d’activer le volet de commandement et de contrôle et de traquer plus de 300 véhicules de combat non immatriculés présents dans la ville.
Des analyses suggèrent la présence actuelle du chef des Janjaweed, Mohamed Hamdan Dogolo « Hemedti », à l’intérieur de Nyala pour diriger lui-même les opérations, alors qu’il est apparu récemment en train d’inspecter les blessés et les hôpitaux de campagne de la ville.