Khaled (Silk)… Le séminaire de Londres et la nouvelle accusation contre l’armée

Avant le crépuscule
Abdelmalek Al-Naeem Ahmed

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
• L’ingénieur Khaled Omar Youssef, politiquement connu sous le nom de « Khaled Silk », est originaire de la région de Fadasi Al-Halimab dans l’État de Jazira, d’où la milice a expulsé ses proches, y compris sa propre petite famille, sous la menace des armes. Khaled occupe actuellement le poste de vice-président du Parti du Congrès soudanais, présidé par l’ingénieur Omar Al-Digair, après avoir été dirigé par Ibrahim El-Sheikh, qui avait succédé au regretté fondateur Abdel Majid Imam.
• Ce dernier l’avait fondé en (1986) à la suite de l’intifada d’avril (1985) et au début du gouvernement de ce qu’on a appelé la Troisième Démocratie, dirigé par le regretté Imam Al-Sadiq Al-Mahdi. Sa courte période (trois ans et demi) a vu la dissolution du gouvernement à trois reprises et sa recomposition par une coalition entre l’Unioniste démocratique dirigé par Maulana Mohamed Osman Al-Mirghani avant son effritement et sa division, le Parti Omma et le Front islamique national, avant que ce dernier ne devienne le Congrès national puis ne se divise en Congrès national et Congrès populaire.
• Ce sont les partis qui ont remporté les élections ayant suivi le gouvernement du Dr. Al-Jazouli Dafallah en (1986). Tous trois ont d’ailleurs connu des divisions et des effritements en plusieurs partis sans couleur ni saveur, à l’instar des mouvements armés en rébellion à l’époque contre le gouvernement, ce qui constitue une autre histoire dont les chapitres se poursuivent et se renouvellent encore.
• Pour en revenir au sujet de l’article d’aujourd’hui, l’ingénieur Khaled (Silk) et le Parti du Congrès soudanais, dont le noyau était la fusion de ce qu’on appelait le Congrès des étudiants indépendants — fondé au milieu des années soixante-dix du siècle dernier — et du groupe Les Libres dirigé par le regretté Abdel Majid Imam, avait été nommé « Congrès national ».
• Cependant, l’apparition du Parti du Congrès national fondé par le gouvernement du Salut national a entraîné ce « petit » parti dans un litige juridique qui s’est terminé par le décès du fondateur Abdel Majid Imam avant d’être tranché en sa faveur.
• Il s’agit là d’un contexte important concernant l’activiste politique Khaled (Silk), qui est désormais considéré comme l’un des dirigeants des Forces de la liberté et du changement, de la coordination (Tagadum et Sumoud) et de leurs annexes… Il a même occupé un haut poste ministériel à l’époque du gouvernement du Dr. Abdalla Hamdok en tant que ministre des Affaires du Cabinet.
• Cette expérience était censée et attendue lui apporter une maturité politique et le faire passer du statut d’« activiste politique » à celui de « nul politicien » qui fait prévaloir l’intérêt de la patrie sur tout autre intérêt. Cependant, ses déclarations lors du séminaire de Londres, sujet de notre propos aujourd’hui, disent le contraire et le placent dans la catégorie de l’« activiste politique immature » qui n’a pas tiré profit des expériences et de l’expertise passées, aussi minimes soient-elles… Qu’a-t-il donc dit lors de ce séminaire dont l’auteur de ces lignes a tiré sa déclaration via une vidéo en direct, accompagnée des applaudissements de complaisance d’une partie de l’assistance, apparemment avec timidité ? Peut-être est-ce parce que nombre de déclarations négatives à l’encontre de la patrie et de l’armée nationale prononcées par sa bouche sont rapidement démenties par lui-même. C’est pourquoi ce dont nous parlons aujourd’hui demeure des propos indemnisables, car documentés par l’image, le son, le temps et le lieu.
• (Silk) a déclaré textuellement, selon la vidéo : « Les gens parlent des violations de la guerre du 15 avril comme s’il s’agissait des premières violations au Soudan. Ils disent… “Au nom de Dieu le Tout-Puissant, ils ont pillé nos maisons !” Vous savez ce que l’armée faisait aux maisons dans le Sud ? Ne prenait-elle pas leurs réfrigérateurs et leurs téléviseurs ?… Elle les brûlait avec les gens à l’intérieur… C’est documenté, mes amis… » Fin de ses propos.
• On a du mal à croire que de telles accusations émanent de quelqu’un qui cherche à se présenter comme politicien et dirigeant pour la phase à venir. Elles sont inacceptables, même si elles venaient de la bouche d’une personne au début de son activité politique de la pratique politique, alors qu’en est-il de quelqu’un occupant le rang de dirigeant de parti, de personnalité constitutionnelle et d’ancien ministre ?
• Où était Khaled lorsque l’armée commettait « tous ces crimes dans le Sud » selon ses accusations, lui qui est diplômé du début des années 2000 ? D’où a-t-il tiré ses informations et peut-il les prouver devant les tribunaux si l’institution militaire porte plainte contre des accusations de cette gravité, qui s’ajoutent aux accusations précédentes concernant l’utilisation par l’armée d’armes chimiques prohibées, qu’ils ont désormais soumises au Conseil de sécurité dans l’espoir d’élargir la portée de l’embargo sur les armes et l’aviation à l’ensemble du Soudan conformément à la résolution (1591) adoptée en 2005 après le déclenchement du conflit armé au Darfour, afin de faire triompher la milice, la rébellion et la famille Dagalo sur l’armée nationale et les forces qui la soutiennent.
• L’armée renoncera-t-elle à son droit en tant qu’institution et fermera-t-elle les yeux sur toutes ces accusations ? Et de telles personnes sont-elles dignes de se voir accorder une « amnistie temporaire » pour participer au dialogue national à l’intérieur du Soudan, dont le sol et le peuple sont protégés par l’armée nationale aujourd’hui accusée ? S’agit-il là du discours d’un politicien mûr, vice-président de parti et véritable détenteur d’une cause, ou s’agit-il d’un règlement de comptes passés au mépris de l’intérêt national ?
• Des accusations et des déclarations telles que celles qui font l’objet de la discussion d’aujourd’hui ouvrent grand la porte à une question fondamentale : les politiciens sont-ils irresponsables de ce qu’ils disent, que ce soit vrai ou faux ? Eux qui sont censés s’appuyer sur le soutien de leurs masses dans leurs faits et gestes, et non sur la force des armes qu’ils portent, ni sur le soutien de l’extérieur, les dirhams des Émirats, les instructions de Mossad Boulos et l’intimidation américaine à leur encontre ? Quand un politicien est-il digne de se présenter pour gouverner le pays ? Enfin, quel est l’avis du parti auquel appartient ce dirigeant excentrique ? S’agit-il de partis fonctionnant sans institutionnalisme, où chaque dirigeant est libre de faire ce qui lui chante ?
• À mon sens, l’institution militaire ne doit pas renoncer à son droit, qui est le droit de la patrie et non une simple affaire institutionnelle, tant que l’armée accusée est celle qui défend la patrie, son peuple, ses biens et son honneur contre ceux que soutiennent Khaled (Silk) et son groupe.