
Le rapport international et l’implication des Émirats
Avant le crépuscule
Dr. Abdelmalek Al-Naeem Ahmed
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
Nombreuses sont les preuves et les démonstrations qui confirment l’implication de l’État des Émirats arabes unis dans la guerre du Soudan, à travers son soutien continu à la milice rebelle en argent, en armes et en équipements militaires. Plus les forces armées infligent des défaites aux rebelles, plus l’État des Émirats double son soutien, prétendant avoir des objectifs qu’il doit impérativement réaliser.
Et si seulement ces objectifs servaient l’intérêt des Émirats en tant qu’État ou celui de son peuple ! Au contraire, ils sont devenus un outil entre les mains d’Israël, qui les manipule à sa guise, et une pioche de destruction dans le flanc du Moyen-Orient pour concrétiser le grand slogan Du fleuve à la mer.
Tous les rapports publiés sur les violations de la milice des Forces de soutien rapide — présentés continuellement par l’ambassadeur Al-Harith Idriss, représentant permanent du Soudan auprès des Nations unies, et Hassan Hamid, représentant du Soudan auprès du Conseil des droits de l’homme à Genève, conjointement avec les rapports du Procureur général et du ministre de la Justice — ont confirmé, preuves à l’appui, le soutien de l’État des Émirats aux mercenaires et à la milice.
Cependant, ces instances et organisations n’examinent pas les questions de droits de l’homme selon les normes éthiques reconnues ou conformément aux dispositions des lois internationales qu’elles prétendent protéger et préserver.
Il est compréhensible que ces accusations puissent faire l’objet de doutes et de rejets lorsqu’elles émanent d’institutions rattachées au gouvernement du Soudan. Mais lorsque des parties neutres ou sans lien avec le gouvernement soudanais et son armée nationale témoignent, la situation est assurément différente et mérite que l’on s’y arrête et qu’on l’étudie.
Deux événements majeurs survenus ces derniers jours confirment dans une large mesure l’implication de l’État des Émirats dans ces crimes commis contre le peuple soudanais. Le premier est le rapport international publié récemment par des experts, qui a dressé un tableau clair du soutien émirati à la milice et de son alimentation des feux de la guerre.
Le rapport des experts internationaux a déterminé la nature et les itinéraires de cette conspiration contre le Soudan, en utilisant notamment Bosaso dans le Somaliland comme lieu de rassemblement des combattants, des armes et du matériel militaire avant leur acheminement vers l’Éthiopie, d’où sont lancées les attaques de drones stratégiques mortels et de combattants vers la région du Nil Bleu, l’aéroport de Khartoum et même El Obeid.
Le rapport a précisé le type d’armement, les avions militaires et les lignes de ravitaillement entre l’est et le sud de la Libye de Haftar, puis plusieurs zones via le port de Koufra, vers le désert oriental ou les aéroports d’Am djarass et de N’Djamena au Tchad. Beaucoup ont suivi les incidents d’arrestation et de capture d’ingénieurs et de pilotes émiratis et colombiens dans plusieurs sites de combat à Nyala, El Fasher, Dalang et d’autres régions ployant encore sous l’occupation des mercenaires, face au reniement total des Émirats qui adoptent pourtant le rôle de médiateur dans le problème qu’ils contribuent à aggraver.
Quant au second événement qui prouve la condamnation de l’État des Émirats, il s’agit du rapport du comité de la résolution 1591, chargé de l’enquête sur les crimes de violation des droits de l’homme au Darfour depuis le déclenchement du conflit en 2003 et qui se sont poursuivis jusqu’au déclenchement de la guerre actuelle. L’État des Émirats continue d’entraver la transmission de ce rapport au comité des sanctions afin de faire condamner directement les Émirats.
Il s’est avéré que le rapport contenait une condamnation complète de l’État des Émirats et prouvait la présence d’étrangers participant à ces combats à travers leur recrutement par les Émirats. Il est connu qu’un vote aura lieu prochainement concernant l’élargissement de la zone d’interdiction de survol et de ravitaillement en armes à l’ensemble du Soudan, au lieu de se limiter au seul ciel du Darfour.
En conclusion, nous disons qu’en raison de ces deux événements, le Conseil de sécurité et l’ONU doivent impérativement agir selon une méthodologie et une vision différentes afin de libérer ces rapports et de les placer sur la table du comité des sanctions d’une part, et de condamner explicitement les Émirats sur la base des preuves et démonstrations apportées prouvant leur implication d’autre part.
Pouvons-nous espérer voir ces institutions internationales impuissantes se tenir debout face à l’emprise, à l’influence et à l’argent de l’État agresseur, serait-ce une seule fois, et dire leur mot avec sincérité et impartialité, sur la base des rapports et des informations irréfutables qu’elles ont reçus de leurs propres sources ?