
La bataille de la prise de conscience et de la souveraineté… Les médias et les services de renseignement sur un même front national
Quelque Chose pour la Patrie
Salah Ghariba
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
Les changements géopolitiques et militaires que traverse le Soudan confirment que les guerres modernes ne se gagnent plus uniquement sur les champs de bataille à travers le sifflement des balles et le tonnerre de l’artillerie, mais qu’elles se livrent avec une ferveur égale sur le front de l’opinion publique et de la construction du récit national.
Dans ce contexte complexe, les déclarations du directeur du Service général des renseignements, le général d’armée Ahmed Ibrahim Mofaddal, lors du Forum des professionnels des médias soudanais à Khartoum, viennent tracer les contours d’une nouvelle phase de repositionnement prioritaire des institutions de l’État vers un concept de sécurité nationale globale.
L’apparition de la direction du Service général des renseignements au milieu des professionnels des médias — et sans les barrières traditionnelles — constitue un message symbolique et une indication pratique de haute importance. Elle reflète le rétablissement de la capitale et la reconquête de sa centralité administrative et sécuritaire, parallèlement à la transformation de la relation entre les organes de sécurité et les institutions de presse, passant du cercle historique de la méfiance et de la suspicion à un modèle de partenariat solidaire.
Le conflit actuel, s’agissant d’une guerre exceptionnelle ciblant l’existence même de l’État soudanais et de ses institutions, impose à la plume et au fusil de se tenir dans la même tranchée pour protéger la sécurité nationale et démanteler les complots transfrontaliers.
L’un des points les plus marquants du discours politique et sécuritaire du Service réside dans l’affirmation que « le glaive de la loi » ne sera pas utilisé pour réprimer ou restreindre la liberté d’expression, mais plutôt comme une référence institutionnelle pour encadrer les performances et protéger les droits. Cette approche jette les bases d’un État d’institutions et de justice, et fait tomber les prétextes qui tentent de dépeindre le conflit comme une bataille entre parties militaires et journalistiques, tout en soulignant que l’expression responsable fait partie intégrante de la stabilité sociale et politique.
Les messages adressés ont abordé des angles vitaux touchant au cœur de la crise soudanaise, notamment :
La purification du territoire national :
L’affirmation catégorique de la poursuite des opérations militaires jusqu’à l’établissement d’un contrôle total, tout en maintenant les portes de la paix ouvertes à quiconque dépose les armes, ce qui traduit un équilibre entre la force dissuasive et la volonté de stabilité.
La gestion du dossier régional :
L’accent mis sur la nécessité de mener un dialogue objectif avec les pays voisins, accompagné d’une profonde reconnaissance du rôle des médias dans le renforcement de la diplomatie populaire, incluant un avertissement implicite aux pays incitateurs sur le fait que la fermeté face aux ingérences extérieures ne se fera plus au détriment de la sécurité nationale de notre pays.
La reprise du tissu social :
L’attribution de la mission d’éteindre les discordes et d’endiguer le tribalisme aux professionnels des médias, considérés comme la pointe de la lance pour restaurer la cohésion nationale et dépasser les discours de haine attisés par les conflits.
L’appel à se rassembler autour d’un dialogue inter-soudanais indépendant dépasse les alignements politiques étroits ; il indique que l’intérêt du Soudan et sa stabilité priment sur tous les agendas de dialogue externes ou les gains partisans. La construction d’un récit médiatique national cohérent et la défense de la souveraineté du pays et de ses institutions représentent la véritable réponse aux pratiques d’aventure et aux ingérences étrangères.
Le Soudan traverse un ensemble exceptionnel de défis sécuritaires, économiques et sociaux qui nécessitent la mobilisation de toutes les forces vives de la nation. La transparence et la responsabilité médiatique, alliées à une conscience aiguisée des services de renseignement, demeurent le rempart inexpugnable pour consolider les fondations de l’État et restaurer sa vitalité afin qu’il s’engage résolument vers le développement et une paix durable.