Un plan de recrutement et d’installation des milices des FSR au Tchad

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
Des sources politiques de haut niveau ont révélé des démarches intensives menées par le président tchadien, Mohammed Idriss Déby, pour bâtir des alliances internationales visant à sortir son pays d’une crise économique étouffante et à faire face à la détérioration des conditions sociales, sur fond de craintes quant aux répercussions de la guerre soudanaise sur la situation interne du Tchad.
Selon ces sources, le président tchadien a officiellement sollicité une aide d’urgence auprès de la France, du Maroc et des Émirats arabes unis afin de faire face à la réalité socio-économique critique. La feuille de route tchadienne proposée comprend une stratégie anticipative controversée pour gérer les scénarios futurs dans la région du Darfour. Ce plan prévoit l’aménagement de camps destinés à absorber les vagues de réfugiés attendues parmi les tribus arabes dans l’hypothèse d’une avancée des Forces armées soudanaises et d’un rétablissement de leur contrôle sur le Darfour. Le projet inclut également un volet stratégique visant à réemployer la milice des Forces de soutien rapide (FSR) ou à l’intégrer au sein des structures tchadiennes en cas de retrait forcé du territoire soudanais.
Dans le cadre de ces ententes, les Émirats arabes unis s’engageraient à prendre en charge les volets logistiques et de développement du projet, en finançant la construction de villages modèles intégrés ainsi que le forage de 600 puits artésiens afin de garantir l’accès à l’eau potable et d’assurer les infrastructures de base dans les zones d’accueil.
Toutefois, malgré les garanties de développement et les promesses d’assistance, le plan du président Déby se heurte à une opposition ferme et catégorique de la part de hauts responsables militaires et politiques tchadiens, en particulier issus du tribu Zaghawa (dont provient l’élite au pouvoir au Tchad).
Les dirigeants de l’opposition accusent le gouvernement de poursuivre un projet tendant à installer et substituer des tribus arabes dans leurs fiefs historiques de l’est du Tchad, menaçant ainsi de provoquer une mutation démographique globale susceptible de redéfinir l’équilibre des forces dans le pays.
Des leaders militaires et politiques ont adressé des critiques directes aux Émirats arabes unis, estimant qu’Abou Dhabi projette de transposer le scénario du conflit soudanais sur le sol tchadien. Ils dressent un parallèle entre le soutien émirati accordé aux FSR au Soudan et les démarches actuelles, avertissant que de telles initiatives risquent de déclencher des affrontements ethniques dévastateurs capables de compromettre la stabilité précaire de l’État tchadien.