Mofaddal avec les professionnels des médias… La rencontre a-t-elle mis fin à la peur mutuelle entre les renseignements et les médias ?

 

  • Le général Mofaddal fixe de nouveaux paramètres pour sortir de la zone grise et de la prudence dans les relations
  • Le directeur du service de renseignement a également dit « Non à la guerre », mais d’une autre manière
  • La nouvelle charte d’éthique des médias est une nécessité impérieuse pour absorber tous les impacts négatifs du discours de haine

Rapport – Dr. Ibrahim Hassan Zou Al-Noun

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

J’ai suivi, peu avant la tenue du Forum des professionnels des médias soudanais à Khartoum la semaine dernière, ce qu’ont écrit certaines plumes à qui l’organisme organisateur du forum a omis d’adresser une invitation pour une raison ou une autre, sans qu’il n’y ait, bien entendu, l’intention d’écarter un tel ou un tel.
Il est vrai que j’ai sympathisé avec certains de ceux qui ont été omis, d’autant plus que je connais de manière générale le rôle qu’ils ont joué durant la guerre actuelle (la guerre de la dignité), où ils ont combattu par le mot les ennemis de la patrie, aussi bien ceux qui sont apparus au grand jour que ceux qui se sont tapis derrière les plateformes numériques et les dispositifs d’encodage (claviers).
Cependant, lorsque le forum a pris fin et que j’ai lu et écouté tous les résumés des communications présentées, ainsi que les discussions, les débats et les couvertures médiatiques qui les ont accompagnés, ainsi que ce qui a été écrit à ce sujet, j’ai acquis la certitude que le forum a atteint ses objectifs escomptés. Et peut-être que la rencontre du président du Conseil de souveraineté de transition, le général de corps d’armée Abdel Fattah Al-Burhan Abdel Rahman, au siège principal du commandement général avec les participants au forum, a donné à cet événement une autre portée.
Le président Al-Burhan y a révélé pour la première fois les détails de ce qui s’est produit au moment où la guerre a éclaté, lorsque les héros de la garde présidentielle ont sacrifié leur vie pour le symbole de la souveraineté ; et cela est une autre histoire. Le siège du commandement général fait partie de ces lieux qui possèdent un parfum particulier depuis les débuts de leur fondation jusqu’à ce jour.
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Il est universellement reconnu que la caractéristique dominante, d’un point de vue historique, de la relation entre les renseignements et les médias à travers le monde — et le Soudan ne fait pas exception — repose sur un état de peur mutuelle et de suspicion constante, en raison de la complexité de cette relation.
La cause en revient à la fonction fondamentale des renseignements, qui est le secret et la rétention d’information (tout ce que vous entendez ici reste ici , défense d’approcher et de photographier, accès à l’information selon le besoin strict ), tandis que la fonction des médias est de communiquer les nouvelles, d’informer et de révéler les faits au grand public (le scoop médiatique, celui qui se lève tôt écrit et diffuse la nouvelle fraîche, la nouvelle a de la valeur aujourd’hui, elle n’en a plus demain).
De la nature même de ces deux fonctions est né cet état de peur mutuelle, bien que chaque partie puisse se trouver contrainte de traiter avec l’autre depuis une zone grise empreinte d’une extrême prudence.
La méfiance des renseignements envers les médias réside dans les motifs de « divulgation de secrets et d’opérations sensibles », souvent révélés par ce que l’on appelle l’investigation journalistique. De même, les renseignements redoutent la divulgation d’opérations secrètes dont le moment n’est pas encore venu de révéler les détails.
Ce type d’opérations secrètes et d’informations dont la divulgation est interdite fait l’objet de paramètres juridiques définissant le moment de leur divulgation, car elles peuvent être liées ou rattachées à la sécurité nationale. La plus grave préoccupation des renseignements à l’égard des médias est que ces derniers orientent l’opinion publique, modifient ses tendances et la façonnent sur de nombreuses questions dont les renseignements, au vu des informations en leur possession, estiment que la publication des détails causerait plus de tort que de bien. Quant aux motifs de la peur des médias vis-à-vis des renseignements, ils résident dans ce qui suit :
L’infiltration et l’orientation cachée (les services de renseignement à travers le monde cherchant à s’infiltrer dans les institutions médiatiques, à recruter des journalistes comme agents et à faire fuiter des fausses nouvelles conçues spécialement pour faire passer des agendas politiques précis). De même, les organes médiatiques craignent la surveillance de la part des renseignements, les menaces personnelles, la poursuite, l’arrestation, l’élimination physique et « le fait d’approcher des lignes rouges », en plus du recours aux moyens d’interdiction de publication par la loi et selon l’esprit de la loi, la fermeture de journaux, le blocage de sites web, le retrait de licences et les poursuites engagées par les services des obligations financières (impôts). Ce constat s’applique de manière générale dans la plupart des pays du monde, et parfois, en raison de complexités spécifiques, le Soudan n’en fait pas exception.
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En analysant le contenu du discours prononcé lors de la rencontre du général de corps d’armée Ahmed Ibrahim Ali Mofaddal, directeur général du Service général de renseignement, avec les professionnels des médias ayant participé au forum dont les travaux se sont tenus dans les salles de l’hôtel Canon à Khartoum la semaine dernière, on peut dire que le principal résultat de cette rencontre venue en marge du forum réside dans les affirmations du général Mofaddal selon lesquelles les médias sont un partenaire authentique et un acteur essentiel dans la protection de la sécurité nationale.
Il est indispensable de prendre conscience que les médias constituent l’outil et la puissance douce qui protègent la stabilité de l’État et orientent la prise de conscience communautaire. Il s’agit d’un impératif en temps normal, mais ce besoin s’accroît dans les circonstances exceptionnelles et les états de guerre, où la nécessité d’avoir des médias qui combattent par la puissance douce et affrontent les médias adverses devient encore plus grande, dans la même mesure où la force brute (l’armée) fait face aux hostilités. Les médias et l’armée sont deux forces qui, bien que leurs moyens diffèrent, visent toutes deux à repousser l’agression et à faire face aux menaces.
Parmi les fonctions les plus importantes des médias — et cela fait partie de l’analyse du contenu du discours du général de corps d’armée Ahmed Ibrahim Mofaddal devant le forum des professionnels des médias —, figurent la construction de la conscience, le renforcement de l’unité nationale, la diffusion d’une culture positive, l’ancrage des valeurs de citoyenneté, de tolérance et d’acceptation de l’autre, le rejet du discours de haine, l’élimination des appels au régionalisme et au tribalisme mortifères, ainsi que l’incitation au rassemblement et à la définition de repères pour un consensus national autour des constantes nationales.
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Parmi les expressions remarquables, le directeur général du Service général de renseignement a déclaré haut et fort : « Non à la guerre », mais d’une autre façon (« Nous ne voulons tous pas la guerre et nous souhaitons son arrêt ; nous sommes contre la guerre, mais nous sommes avec l’État »). Il y a là une allusion subtile au fait que le Soudan mène une guerre contre son existence géographique (son démantèlement en micro-États faibles) et mène une guerre dont les instigateurs tentent d’effacer son identité et son héritage civilisationnel et historique.
Le général Mofaddal l’a détaillé en disant : « Notre rejet de la guerre ne doit pas nous priver du droit de légitime défense du pays et de ses institutions », insistant sur le rejet de tout arrangement conduisant au morcellement du pays ou à la sécession d’une partie de son territoire.
Le général Mofaddal a évoqué, dans le fil de son discours, ce qui indique la nécessité de sortir de la zone grise et de la prudence dans les relations entre les médias et les renseignements, comme s’il voulait dire que l’état historique de peur mutuelle entre les médias et les renseignements avait pris fin, état qui avait été imposé par des circonstances particulières non seulement au Soudan, mais dans la plupart des pays, en particulier ceux connus sous le nom de pays du tiers-monde.
Il ne fait aucun doute que les médias soudanais, dans tous leurs supports, sont restés maîtres de l’initiative et continuent de jouer des rôles appréciables dans la gestion des crises traversées par le pays. Ils jouent actuellement des rôles visibles dans la bataille de la dignité en cours, constituant un rempart solide contre les rumeurs et absorbant tous les effets de la guerre psychologique.
Les médias ont rempli ces rôles avec tout le professionnalisme et la rigueur requis pour faire face à toutes les menaces accompagnant la guerre actuelle, dans laquelle les parties adverses ont utilisé toutes les méthodes de guerre psychologique, non seulement pour viser le moral des combattants dans les rangs des forces armées, des forces conjointes et de leurs soutiens issus de toutes les franges du peuple soudanais, mais aussi pour affecter le moral de l’ensemble du peuple soudanais ; mais il n’en sera rien.
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L’une des choses importantes que j’ai dégagées du discours du général Mofaddal avec les professionnels des médias lors de leur forum est que le média est une arme à double tranchant.
Le premier est positif : il renforce la stabilité, soutient le développement et constitue un outil de sensibilisation, d’orientation, de guidage et d’éducation qui exerce une critique publique à l’égard des organes de gouvernement et d’administration pour les corriger et leur transmettre les erreurs afin d’y remédier dans le cadre de la loi et selon les principes de responsabilité connus, sans porter atteinte à la sécurité nationale ni aux constantes nationales.
Le second est négatif : l’un de ses principaux inconvénients est qu’il menace la sécurité nationale. Le général Mofaddal a voulu confirmer que les médias soudanais ont des rôles positifs dans la guerre actuelle (la bataille de la dignité) et qu’ils exercent des rôles où il leur incombe, tout en les exerçant, de maintenir un équilibre délicat entre la liberté d’expression — qui ne saurait être absolue — et la responsabilité nationale, que tout professionnel des médias soudanais doit intégrer en exerçant l’un des métiers les plus nobles et les plus élevés.
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En somme, le discours du général Ahmed Ibrahim Mofaddal, directeur général du Service général de renseignement, devant les professionnels des médias participants au forum de Khartoum, a concordé avec les délibérations, les débats et les travaux du forum.
La communication présentée par Salah Omar Al-Sheikh, secrétaire général de l’Union générale des journalistes soudanais et rédacteur en chef d’Asdaa Soudania , sur les politiques et législations des médias et de la presse, a abordé ce qu’a évoqué le général Mofaddal par la suite.
En effet, les évolutions techniques successives ont imposé une nouvelle réalité aux médias en général, et aux médias numériques en particulier, ces derniers étant devenus un équivalent majeur dans le processus médiatique où s’estompent toutes les différences entre les formes et moyens de médias écrits, auditifs et visuels de manière frappante, comme l’a indiqué la communication de Salah Omar Al-Sheikh, ce qui exige, du point de vue conceptuel, de redéfinir le professionnel des médias et le journaliste d’une nouvelle manière qui accompagne ces évolutions et nouveautés.
Parmi les éléments éclairants qui ont accompagné le forum et ont convergé avec ce qui a été proposé par le général Mofaddal, directeur général du Service général de renseignement, figure le consensus des participants au forum sur l’établissement d’une nouvelle charte d’éthique des médias qui intègre les mutations actuelles imposées par la guerre et envisage avec une nouvelle perspective la phase d’après-guerre et la construction d’une paix durable.
Le lancement du processus de signature de cette charte par les participants au forum et par les non-participants constitue une lumière qui nous fait voir une nouvelle réalité pour les médias soudanais, prenant en compte les mutations mondiales qui nous entourent et intégrant la réalité soudanaise dans tous ses détails.