Les victoires de l’armée et la guerre des drones

Avant le crépuscule  

Dr. Abdelmalek Al-Naeem Ahmed  

 

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

 

Les champs de bataille menés par l’armée, les forces conjointes, les forces de soutien issues des civils, les anciens combattants, le Service général des renseignements, les mobilisés et la résistance populaire ont été le théâtre de grandes victoires sur les axes du nord et de l’ouest du Kordofan, du Nil Bleu et dans de vastes parties de la région du Darfour.

Le plan stratégique de combat de l’armée avait d’ailleurs été défini auparavant par le commandant en chef, le général Abdel Fattah al-Burhan, qui a affirmé qu’il n’y aurait pas d’arrêt des batailles de libération et qu’aucune trêve ne se ferait sans conditions, dont la première est le retrait de la rébellion des zones qu’elle occupe et son confinement dans des camps hors des villes, puis le dépôt des armes, après quoi la question des arrangements sécuritaires pourra être examinée.

Quant à ce qu’a réclamé hier Mossad Boulos au Caire lors de sa réunion tripartite avec les ministres des Affaires étrangères soudanais et égyptien concernant l’insistance des États-Unis sur la trêve, cela ne constitue rien de plus qu’une proposition hors sujet, car le Soudan est le seul à déterminer la forme et le mécanisme de toute trêve envisagée.

Le général Yasir Al-Atta, chef d’état-major, a confirmé que la fin de l’année sera l’échéance fixée pour la libération de l’ensemble du territoire national. Animée par cette détermination, l’armée avance désormais d’un pas ferme et confiant sur les axes de Sodari, Hamrat al-Sheikh, Hamrat al-Wiz et le nord du Kordofan, dans le Nil Bleu à Mogja, Haliyat Bout, ainsi qu’aux abords de Kurmuk et Qeisan, et à l’extrême ouest à Nyala, El Daein et aux frontières avec le Tchad et la République centrafricaine, afin de défaire la rébellion et de l’expulser par la force et sans concession.

Les opérations continues de reddition de hauts dirigeants des Forces de soutien rapide rebelles et la prise de contrôle par l’armée des équipements militaires émiratis véhicules, armes et autres  ainsi que ces divisions et cette fragmentation sont le résultat naturel des défaites subies par la rébellion, malgré le maintien du soutien émirati à travers l’Éthiopie, l’est de la Libye et le Soudan du Sud.

Ce dernier est devenu un point de transit et un corridor pour tous les mercenaires de la rébellion, et la présence de nombreux rebelles sud-soudanais dans ces batailles, parmi les morts et les prisonniers, constitue une preuve éclatante de leur soutien à la rébellion et de leur participation aux combats en échange de dirhams émiratis. Les récents mouvements dans la région d’Abyei et leur tentative de prendre le contrôle de la ville en violation de l’accord précédent constituent un autre exemple de l’attrait financier exercé par les Émirats sur ce jeune État.

Parallèlement aux victoires de l’armée sur le terrain, l’État des Émirats a doublé son soutien logistique militaire à la rébellion via l’Éthiopie, et des attaques de drones  considérées comme un modèle de guerre lâche  ont été lancées contre des zones du Nil Bleu, atteignant même Damazin et bombardant des sites civils, ce qui a coûté la vie à un certain nombre de citoyens innocents.

Les frappes de drones sur des sites civils se sont étendues au cours des jours précédents aux villes du nord du Kordofan et à sa capitale El Obeid, dépassant les vingt drones, précédées par d’autres frappes à Omdurman et Atbara, ainsi que dans d’autres zones où leurs effets ont été neutralisés par les défenses aériennes soudanaises.

Face au soutien émirati et au complot éthiopien croissants  après que le président tchadien s’est absorbé dans ses conflits internes et les tentatives de coup d’État qui menacent désormais son trône fragile, que la Libye d’Haftar s’est affairée à ses problèmes internes, et que les zones du désert oriental ont été sécurisées par les défenses aériennes soudanaises, les Émirats se sont tournés vers l’Éthiopie et l’ont exploitée de la manière la plus abjecte qui soit pour menacer la sécurité et la sûreté du Soudan, au milieu du silence honteux et de la complicité déclarée de l’Union africaine, de ses organisations et de ses instances face à ce que font l’Éthiopie et Abiy Ahmed contre le Soudan.

Tout ce que dit l’Union africaine sur les réunions, les visites, les rencontres et la participation du Soudan aux réunions de l’IGAD ne dépasse pas le cadre d’une activité de relations publiques destinée à distraire l’armée de l’accomplissement de son rôle et à accorder plus de temps à la rébellion pour s’étendre dans de nouveaux espaces afin d’imposer la trêve prônée par Mossad Boulos. Mais comment cela pourrait-il se réaliser au vu de la stratégie de l’armée visant à libérer le pays avant la fin de l’année ?

En conclusion, nous disons que les victoires de l’armée ces jours-ci et l’ouverture de la voie vers le Darfour sont ce qui a poussé la rébellion à intensifier les attaques de drones, et c’est ce qui a incité les Émirats à renforcer le front d’attaque via l’Éthiopie après avoir perdu de nombreux autres fronts qu’ils exploitaient à cette fin.

C’est pourquoi nous affirmons que tarir les sources d’approvisionnement des drones et frapper leurs plateformes de lancement, dans n’importe quel pays que ce soit, reste une mesure légitime tant qu’il s’agit de légitime défense du territoire et de la souveraineté. Quant aux propos de Boulos et à ses accusations contre l’armée soudanaise concernant une entrée sur le territoire tchadien, ils ne sont rien d’autre qu’une tentative de décourager l’armée et de la forcer à stopper son avance, exactement comme on a cherché à le faire avec la calomnie de l’utilisation d’armes chimiques par l’armée — une calomnie acclamée par  Sumoud , Gahat  (Forces de la liberté et du changement) et  Taqaddum , et que les États-Unis, détenteurs du droit de propriété de cette allégation, ont été incapables de prouver, refusant même de relever le défi du gouvernement qui leur proposait d’envoyer une commission d’enquête et une équipe de recherche pour établir la véracité de cette affirmation, Tel est Massad Boulos et tels sont les États-Unis qui soutiennent les Émirats dans leur guerre et leur complot contre le Soudan ; le message a été bien compris et il n’y a plus de place pour de nouvelles manœuvres.