
Les États-Unis s’abstiennent d’accorder un visa à Al-Burhan et posent comme condition l’acceptation de la trêve de Boulos
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
L’agence Reuters a révélé que les États-Unis d’Amérique ont bloqué le visa d’entrée du président du Conseil de souveraineté, le général Abdel Fattah al-Burhan, pour assister aux réunions de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, quelques jours seulement avant la date prévue de son discours devant l’instance internationale.
Reuters a rapporté que la démarche de Washington visant à refuser le visa est liée à la condition que Al-Burhan accepte de signer une proposition de cessez-le-feu de 90 jours, présentée par Mossad Boulos, conseiller principal des États-Unis pour les affaires arabes et africaines, ce qui a été rejeté par la partie soudanaise.
Dans le même contexte, le département d’État américain a refusé de commenter ces informations auprès de Sudan Tribune, se contentant de déclarer qu’il ne commente pas, en règle générale, les procédures relatives aux cas de visas particuliers.
En revanche, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a exprimé sa profonde préoccupation face aux rapports indiquant qu’aucun visa d’entrée n’a été délivré jusqu’à présent au président du Conseil de souveraineté de transition au Soudan.
Guterres a exhorté Washington, dans un communiqué, à garantir la délivrance du visa conformément à ses obligations au titre de l’accord relatif au siège, et en temps opportun, afin de permettre à Al-Burhan de participer en personne aux travaux de l’Assemblée générale, le communiqué a souligné que la pleine participation de toutes les délégations aux travaux de l’organisation est essentielle à son bon fonctionnement.
Le communiqué a précisé que le secrétariat général des nations unies a immédiatement soulevé la question auprès des autorités américaines et reste en contact avec elles à ce sujet.
Dans le même cadre, le représentant permanent du Soudan auprès des nations unies, l’ambassadeur Al-Harith Idriss Al-Harith, s’est empressé d’envoyer une lettre au Secrétaire général Antonio Guterres, lui demandant d’intervenir immédiatement auprès des autorités du pays hôte au niveau le plus approprié, après que Washington s’est abstenue de délivrer un visa d’entrée à Al-Burhan.
La lettre a confirmé que le gouvernement soudanais a accompli toutes les procédures requises pour la participation du président du conseil de souveraineté à la semaine de haut niveau.
Elle a averti que la persistance de cette situation empêcherait dans les faits le chef d’un État membre des Nations unies de participer lui-même aux travaux de l’Assemblée générale. L’ambassadeur s’est appuyé sur l’accord relatif au siège conclu entre les Nations unies et les États-Unis en 1947.
La lettre a souligné que le droit des États membres à participer pleinement aux travaux de l’Organisation ne doit pas être lié à des calculs politiques bilatéraux et elle a exigé la délivrance du visa pour le président et les membres de sa délégation officielle sans aucun retard supplémentaire.
En coexistence avec la tenue de l’Assemblée générale, le président du Conseil de souveraineté soudanais a publié une tribune dans le magazine américain Foreign Policy intitulée Comment apporter la paix au Soudan. Dans cet article, Al-Burhan a rejeté la description de la guerre comme un conflit entre deux factions, et a appelé la communauté internationale à soutenir un plan qu’il a présenté au conseil de sécurité, fondé sur un cessez-le-feu permanent sous supervision onusienne, une armée nationale unique sous contrôle civil, et un dialogue soudanais menant à des élections libres.