Séisme militaire en Éthiopie : bombardement de la base de  Bahr Dar, suspension des vols et début d’opérations d’évacuation internationales

 

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

 

L’Éthiopie a franchi un tournant sécuritaire et militaire qui est le plus dangereux depuis deux ans, à la suite d’une série d’attaques violentes ayant visé des installations et des sites militaires aériens, parallèlement à l’annonce par une nouvelle alliance de l’opposition d’opérations militaires coordonnées et à grande échelle visant des aéroports et des bases aériennes majeures dans le pays.

Des sources sur le terrain concordantes ont rapporté que l’aéroport et la base aérienne de Bahr Dar, en plus de la base militaire de Harar Meda et de l’aéroport de Kombolcha, ont été soumis à des frappes menées par des drones appartenant à l’opposition. Les rapports ont fait état de dégâts matériels et de pertes humaines dans les rangs des militaires et des techniciens à l’intérieur de ces installations.

L’attaque est intervenue quelques heures après l’annonce par ce que l’on appelle l’Alliance des forces populaires éthiopiennes pour la survie qui regroupe sept mouvements armés principaux, dont notamment le Fano amhara, l’Armée de libération oromo et le Front de libération du peuple du Tigré du début d’une bataille globale visant à isoler le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed et à le renverser.

Les forces de l’alliance de l’opposition ont renforcé leur contrôle sur trois aéroports stratégiques dans les régions du Nord, dont l’aéroport de Mekele, ce qui a poussé la compagnie Ethiopian Airlines à suspendre tous ses vols vers les régions du Tigré et d’Amhara en raison de l’insécurité de l’espace aérien et des pistes.

Dans une tentative d’exporter la crise interne, le chef d’état-major de l’armée éthiopienne, le maréchal Birhanu Jula, a adressé des accusations aux pays voisins, l’Égypte, le Soudan et l’Érythrée, leur reprochant de fournir un soutien militaire et logistique direct aux mouvements rebelles. Les ministères des Affaires étrangères d’Égypte et du Soudan ont démenti catégoriquement ces allégations.

Le Caire, par la voix du porte-parole de son ministère des Affaires étrangères, a qualifié ces accusations de  nuls et non avenues, affirmant son engagement envers les principes de bon voisinage et de non-ingérence dans les affaires intérieures des États.

Ces développements ont suscité une inquiétude internationale quant à la possibilité d’un effondrement de la stabilité dans la région de la Corne de l’Afrique et d’une extension de la guerre d’usure vers la capitale, Addis-Abeba. Plusieurs pays occidentaux et asiatiques, dont Israël, ont commencé à coordonner des opérations d’évacuation d’urgence pour rapatrier leurs ressortissants et leurs touristes bloqués dans les zones d’affrontements au Nord, sur fond d’avertissements de l’ONU concernant l’aggravation de la situation humanitaire en raison des coupures d’électricité et de la paralysie des voies d’approvisionnement terrestres.