
Une proposition de trêve américaine suscite la controverse au Soudan.. Le ministère des Affaires étrangères : une bouée de sauvetage pour la milice pour se réarmer
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
Des sources diplomatiques soudanaises ont déclaré lundi que l’administration américaine a soumis une proposition aux parties belligérantes au Soudan prévoyant l’instauration d’une trêve humanitaire d’un mois, dans le cadre de nouveaux efforts visant à arrêter la guerre qui se poursuit dans le pays depuis avril 2023.
Les sources ont révélé à Asharq que la proposition ne comprend pas de détails concernant le retrait des troupes ou leurs zones de déploiement, et qu’elle est exempte de mécanismes clairs pour contrôler la trêve et garantir le cessez le feu. Elles ont ajouté que l’envoyé du président américain, Mossad Boulos, a présenté l’initiative pour tester les chances de réussite d’une trêve humanitaire, en vue de passer à des étapes ultérieures dans le cadre des efforts visant à mettre fin à la guerre et à parvenir à des arrangements plus durables.
En revanche, le ministère soudanais des Affaires étrangères a accusé des pays et des organisations, qu’il n’a pas nommés, de tenter d’exploiter la situation humanitaire pour imposer des conditions politiques sous le couvert de la trêve humanitaire, estimant que la proposition pourrait offrir aux Forces de soutien rapide l’occasion de reprendre leur souffle, de se réarmer et de se redéployer.
Le ministère a déclaré, dans un communiqué mardi, que certains pays et organisations cherchent à exploiter les conditions humanitaires pour servir un projet politique visant à imposer des conditions de règlement au Soudan, avertissant que la trêve proposée pourrait permettre aux Forces de soutien rapide de commettre davantage d’exactions à l’encontre des civils.
Il a ajouté que ce qu’il a qualifié de projet politique de certains pays occidentaux vise à protéger les Forces de soutien rapide des défaites qu’elles subissent, et à les introduire dans des négociations alors qu’elles contrôlent encore des parties du territoire et des installations civiles, ce qui menace la sécurité et l’unité du Soudan.
Le ministère des Affaires étrangères a considéré que ces efforts contredisent la référence de la « Déclaration de Djeddah », que le gouvernement a acceptée comme base de négociation et d’arrêt de la guerre.
De son côté, une source soudanaise a déclaré que le gouvernement est ouvert à interagir positivement avec toute proposition de paix présentée par n’importe quelle partie, mais elle a souligné que le succès de toute initiative exige de traiter des questions fondamentales, notamment la protection des civils, l’arrêt du flux d’armes et la fin de la présence des Forces de soutien rapide dans les zones civiles, dans le cadre d’un schéma global visant à mettre fin à la guerre.
La source a accusé l’envoyé américain de ne pas accorder une attention suffisante à l’arrêt de la guerre, à la satisfaction des besoins des Soudanais et à la protection des civils, estimant qu’il cherche à réaliser des gains politiques avant les élections américaines de mi-mandat au Congrès, selon ses termes.
Cette proposition intervient alors que se poursuivent les efforts diplomatiques visant à arrêter les combats et à faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire, sur fond de divergences concernant les conditions de la trêve et les garanties de sa mise en œuvre.