Le Soudan appelle le conseil de sécurité à adopter une position ferme contre le recrutement, le financement et le déploiement de mercenaires dans le pays

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

Le représentant permanent du Soudan auprès des Nations Unies, l’ambassadeur Al-Harith Idris, a appelé le conseil de sécurité de l’ONU à adopter une position plus ferme et plus stricte contre le recrutement, le financement et le déploiement de mercenaires au Soudan, avertissant que ces activités constituent une menace directe pour la paix et la sécurité internationales.
Lors d’une session du conseil de sécurité de l’ONU, l’ambassadeur Al-Harith a appelé à la création d’un mécanisme spécial de surveillance des sanctions, similaire aux groupes d’experts sur la Libye et la République centrafricaine, enquêtera sur les réseaux de mercenaires liés aux Émirats arabes unis et préparera des rapports périodiques à leur sujet pour le Conseil de sécurité. Il a également appelé à l’imposition de sanctions ciblées, notamment à l’affirmation de la souveraineté du Soudan, à l’adoption d’une position plus stricte et à l’imposition de sanctions contre les milices.
L’ambassadeur Al-Harith a déclaré qu’il faut empêcher les Émirats arabes unis d’étendre la portée de la guerre, indiquant que le Soudan rejette les termes de l’accord conclu avec les Émirats et résistera à la création de toute entité factionnelle ou gouvernement parallèle sous son égide. Il ne tolérera aucune manipulation sous prétexte d’allégement visant à accorder un statut de facto au gouvernement d’espionnage présumé. Le Soudan résistera à la fragmentation que les ennemis à l’étranger, leurs agents à l’intérieur du pays et les supports régionaux à sa solde cherchent à mettre en œuvre.
L’ambassadeur Al-Harith a ajouté que le Soudan a fourni au Conseil de sécurité des rapports fiables et des renseignements précis sur les réseaux de mercenaires et les voies d’approvisionnement aériennes et terrestres, en particulier celles provenant de la Libye, du sud du pays et de la région de Koufra. Il a noté qu’un État de la région a bloqué l’accès de l’équipe de l’ONU à certaines zones de son territoire afin d’éviter de révéler son implication dans ce qu’il a décrit comme un plan systématique visant à détruire le Soudan.
Al-Harith a affirmé que la milice rebelle des Forces de soutien rapide (FSR) continue d’imposer un siège planifié à El Fasher avec un soutien extérieur, conduisant à un effondrement total de la situation humanitaire. Le camp de déplacés de Zamzam a été transformé en base militaire, déplaçant plus d’un demi-million de personnes.
La milice a également empêché l’aide humanitaire d’atteindre les civils et a utilisé la famine comme arme contre eux, Il a ajouté que les défenses aériennes fournies par des acteurs extérieurs à la milice rebelle empêchent le succès des largages aériens de fournitures humanitaires à El Fasher, seule option disponible pour sauver la vie des civils assiégés par la brutalité de la milice.
Le représentant permanent du Soudan auprès des Nations Unies a accusé les Émirats arabes unis d’organiser et de soutenir le transfert et la formation de mercenaires, notamment en provenance de Colombie, par l’intermédiaire de sociétés de sécurité privées basées dans le pays, notamment une société dirigée par le colonel colombien à la retraite Alvaro Quijano.
Al-Harith a confirmé que les autorités ont surveillé 248 vols en provenance des Émirats arabes unis vers le Soudan, transportant du matériel militaire et des formateurs, contribuant ainsi à la prolongation de la guerre et à l’escalade de la violence contre les civils.
Selon le représentant soudanais, les opérations mercenaires comprenant l’utilisation d’armes prohibées, notamment du phosphore blanc à El Fasher, ainsi que l’implication d’enfants soldats dans des opérations de combat.
Les services de renseignement ont recensé la mort de 121 civils sur une courte période, dont de dizaines tuées par des tirs de snipers et des drones suicides.