El Fasher est une scène de crime : Fletcher met en garde contre des atrocités généralisées, mais la milice d’Hemedti l’empêche d’entrer dans la ville

 

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

Le sous-secrétaire général des Nations Unies aux affaires humanitaires, Tom Fletcher, a averti que la ville d’El Fasher, dans le nord du Darfour, s’était transformée en ce qu’il a décrit comme une « scène de crime », témoin d’atrocités généralisées contre les civils, dans l’une des phases les plus dangereuses du conflit dans la région.

Fletcher a déclaré que les témoignages des survivants qu’il a entendus dressaient un tableau d’« horreur » qui touche particulièrement les femmes et les enfants, notant que 20 % des personnes tuées dans la ville étaient des enfants.

Lors d’une conférence de presse au poste frontière d’Adré avec le Tchad, Fletcher a expliqué avoir rencontré une femme qui avait vu son mari se faire tuer sous ses yeux. Elle s’est enfuie avec l’enfant malnutri de sa voisine, mais s’est cassé la jambe à un point de contrôle en tentant de s’échapper. Il a ajouté que ces témoignages ne représentent qu’une infime partie de la tragédie humanitaire qui se déroule dans la ville assiégée. Les civils continuent de fuir en quête de sécurité.

Le coordonnateur des secours de l’ONU a confirmé que la situation humanitaire au Soudan est « catastrophique et tragique », les deux tiers de la population ayant besoin d’une aide d’urgence. Le plan de réponse pour 2025 n’a reçu que 32 % des fonds nécessaires, ce qui entraîne une réduction importante du niveau d’aide.

Fletcher a révélé que la milice des Forces de soutien rapide l’avait empêché d’entrer à El Fasher, malgré les discussions qu’il avait eues avec ses représentants dans la région de Korma, au cours desquelles il avait insisté sur la nécessité de protéger les civils et d’assurer un passage sûr pour leur sortie et l’entrée des convois de secours.

Il a confirmé que les Nations Unies ont obtenu des accords partiels des autorités de Port-Soudan et des milices pour l’acheminement de l’aide, prévenant qu’elles dénonceront toute partie qui entravera les convois humanitaires.

Le Secrétaire général adjoint a souligné la nécessité d’ouvrir des enquêtes sur les violations commises à El Fasher et d’empêcher qu’elles ne se reproduisent, précisant qu’il contactera  le conseiller du président américain pour les affaires africaines et des responsables des États membres afin de mobiliser une pression diplomatique significative pour assurer la protection des civils en  empêchant le flux d’armes, facilite l’accès inconditionnel à l’aide et contribue à mettre fin à l’effondrement humanitaire qui s’accélère au Darfour.