200 milliards de dollars : le coût de la reconstruction du Soudan après la guerre

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

Le ministre des Finances, Jibril Ibrahim Mohamed, a estimé le coût de la reconstruction du Soudan après la guerre à environ 200 milliards de dollars, dans l’une des estimations les plus explicites de l’ampleur des destructions subies par les infrastructures et l’économie nationale en raison du conflit qui perdure dans le pays.
Le ministre a souligné que ces chiffres reflètent l’ampleur du déficit de financement auquel l’État sera confronté dans la phase d’après-guerre, à la lumière d’un déclin drastique des ressources et de l’érosion des capacités d’autofinancement, selon l’Agence de presse soudanaise (SUNA).
Jibril Ibrahim a expliqué, dans des déclarations faites à l’Agence France-Presse (AFP) depuis son bureau temporaire dans la ville de Port-Soudan, que la guerre a causé la perte de la plupart des sources de revenus de base du Soudan, entraînant une paralysie quasi totale de la capacité de l’État à financer les projets de développement et de services, en plus de compliquer la réponse aux besoins humanitaires croissants.
Il a souligné que la poursuite des combats avec la milice au Soudan a eu un impact direct sur tous les rouages de l’économie. Le ministre a précisé que des secteurs vitaux tels que l’or, le pétrole et l’agriculture ont subi des effondrements successifs, parallèlement à la baisse des exportations et à l’interruption des chaînes d’approvisionnement. Cela a contribué à l’aggravation de la crise des recettes publiques, a augmenté la pression sur la monnaie nationale et a conduit à une contraction de la production dans plusieurs secteurs stratégiques. Il a considéré que ces défis constituent un véritable test pour la capacité de résilience économique de l’État.
Dans le cadre de la recherche d’issues à la crise, Jibril Ibrahim a affirmé que le gouvernement s’oriente vers le renforcement des partenariats entre les secteurs public et privé, les considérants comme l’une des voies réalistes pour attirer les investissements et contribuer à la reconstruction des infrastructures détruites.
Il a précisé que parmi les priorités de ces efforts figure le développement d’installations vitales, en tête desquelles les projets du port de la Mer Rouge, en raison de leur rôle central dans la revitalisation du commerce extérieur et la connexion du Soudan aux marchés régionaux et internationaux.
Des observateurs ont souligné que l’estimation du coût de la reconstruction à hauteur de 200 milliards de dollars place le Soudan devant un double défi : la nécessité d’instaurer un minimum de stabilité politique et sécuritaire, parallèlement à la reconstruction de la confiance avec les partenaires internationaux et les institutions financières, afin de garantir le flux du soutien et des investissements requis.