Le Tchad menace la milice (Al-Dagalo) d’une réponse (immédiate et forte) après des affrontements frontaliers

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

Le gouvernement tchadien a menacé de répondre avec fermeté à toute nouvelle violation de son territoire par la milice des Forces de Soutien Rapide (FSR), suite à la mort de 7 soldats tchadiens lors d’affrontements avec la milice des FSR dans l’est du pays. Pourtant, le Tchad ouvre son espace aérien, ses aéroports et ses frontières à la milice des FSR et contribue à l’acheminement de l’approvisionnement émirati vers la milice via l’aéroport d’Am-jarass.
Le ministre tchadien de la Communication, Gassim Cherif Mohammad, a déclaré dans un communiqué que le gouvernement de son pays condamnait « l’opération armée » ayant ciblé « illégalement » le territoire tchadien par des éléments engagés dans le conflit interne soudanais. Il a poursuivi : « Le gouvernement avertit officiellement et pour la dernière fois les auteurs de cette attaque ainsi que les parties qui se trouvent derrière eux ». Le communiqué du gouvernement tchadien a ajouté : « Toute nouvelle tentative d’agression, de provocation ou de violation du territoire tchadien et de ses frontières sera accueillie par une réponse immédiate, forte et sans compromis, conformément aux lois de la République et aux dispositions du droit international ».
Selon les autorités tchadiennes, « l’attaque a également fait un certain nombre de blessés et causé des dégâts matériels », soulignant qu’elle constitue « une violation claire, grave et répétée de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de la République du Tchad ». Le gouvernement tchadien a exprimé ses regrets car « ce n’est pas la première fois que les parties au conflit soudanais violent les frontières du Tchad, entraînant des pertes en vies humaines et d’importants dégâts matériels », tout en dénonçant « de multiples violations de l’espace aérien tchadien par les parties au conflit soudanais ».
Bien qu’elle condamne « dans les termes les plus fermes ces incursions délibérées de la milice des Forces de Soutien Rapide », N’Djamena a réitéré son « attachement à une neutralité stricte » dans la guerre qui fait rage depuis avril 2023 entre l’armée gouvernementale soudanaise et la milice. Le communiqué a prétendu que « le Tchad n’est partie à aucun des deux camps de ce conflit et ne permettra, sous aucun prétexte, l’exportation de cette guerre, qui est purement soudano-soudanaise, sur son territoire ». Il a également appelé « les parties belligérantes soudanaises à assumer leurs responsabilités » et les a exhortées à « s’engager de manière claire, crédible et sans équivoque dans une voie de cessation des hostilités et de recherche d’une solution pacifique à leur différend ». Il a de même exigé des autorités soudanaises « l’arrêt immédiat de la propagande et de la diffusion de messages susceptibles d’attiser les conflits ».
Sur le plan intérieur, le gouvernement tchadien a appelé « les citoyennes et citoyens à faire preuve de retenue, de vigilance et de discernement », mettant en garde « fermement contre toute tentative de manipulation de l’opinion publique, de diffusion de fausses nouvelles, de propagande partisane ou d’incitation à la haine communautaire, notamment via les réseaux sociaux ».
Le ministre tchadien de la communication a assuré que la situation est sous contrôle total et que toutes les mesures nécessaires ont été prises pour garantir la sécurité du territoire national et protéger la population par tous les moyens légitimes. Il est à noter que le Tchad, qui partage une frontière de plus de 1,400 kilomètres avec le Soudan, accueille des centaines de milliers de réfugiés soudanais depuis le début du conflit, lequel a coûté la vie à des dizaines de milliers de personnes et provoqué l’une des pires crises humanitaires au monde.