Middle East : Des vols émiratis entre Israël et l’Éthiopie pour soutenir la milice

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina 

Le site « Middle East » a révélé qu’un avion-cargo, précédemment lié à la fourniture d’armes à des mercenaires soutenus par les Émirats arabes unis au Soudan et en Libye, a effectué au cours des derniers jours un certain nombre de vols entre des bases militaires à Abou Dhabi, en Israël, à Bahreïn et en Éthiopie, dans le but d’attiser la guerre soudanaise.

Le rapport mentionne qu’un avion de transport lourd de type Antonov An-124, immatriculé sous le numéro UR-ZYD et exploité par la compagnie émiratie « Maximus Air », a effectué une série de vols répétés entre des bases militaires à Abou Dhabi et l’Éthiopie, précisément l’aéroport de Harar Meda, la base principale de l’armée de l’air éthiopienne.

Les données de suivi des vols montrent que ces mouvements n’étaient pas passagers, mais s’inscrivaient dans un schéma régulier sur une courte période de temps.

Le rapport explique que ces vols ont eu lieu dans un contexte d’escalade d’une lutte d’influence régionale intense entre les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite au Yémen et dans la Corne de l’Afrique, une lutte qui s’est répercutée directement sur le cours de la guerre au Soudan. Après des manœuvres saoudiennes ayant affaibli les positions émiraties au Yémen et en Somalie, Abou Dhabi a été contrainte de se repositionner, l’Éthiopie émergeant comme un nouveau point d’ancrage dans sa stratégie militaire et logistique.

Bien que le but de ces vols et tout lien direct entre eux restent flous, ils se sont déroulés dans un contexte de lutte d’influence croissante entre les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite à travers le Yémen et la Corne de l’Afrique, ce qui a bouleversé les équilibres géopolitiques dans la région et suscité des craintes quant à une nouvelle escalade dans la guerre au Soudan.

L’annulation par le gouvernement somalien de tous ses accords avec Abou Dhabi a conduit à un redéploiement d’éléments émiratis en Éthiopie, laquelle est devenue, selon de multiples sources dont un ancien conseiller du gouvernement éthiopien, centrale dans la stratégie des Émirats dans la région. Le conseiller, qui a travaillé avec le gouvernement d’Addis-Abeba pendant plus d’une décennie, a déclaré que le Premier ministre Abi Ahmed « semble certainement voir l’avenir dans l’alignement ferme de l’Éthiopie sur l’alliance émiratie plutôt que sur d’autres options ».

La source a ajouté que « certains responsables du ministère éthiopien des Affaires étrangères et d’autres pensent que ce sont les Émirats qui tenaient les rênes de la décision pour l’Éthiopie en ce qui concerne le gouvernement, la milice, l’Érythrée et le port d’Assab au cours des deux dernières années », en référence au port érythréen d’Assab, dont le conseiller a déclaré qu’Abi « a failli envahir l’année dernière en réponse au souhait d’Abou Dhabi ».

Jalal Harchaoui, analyste spécialisé dans l’Afrique du Nord et l’économie politique, a déclaré au « Middle East » que les Émirats arabes unis, depuis le déclenchement de la guerre au Soudan, « ont agi avec une rapidité, une audace et un engagement financier dépassant tout autre acteur extérieur impliqué dans le conflit ».

 

Cependant, il a ajouté que « la victoire de l’Arabie saoudite sur les Émirats au Yémen à la fin de l’année dernière a renforcé la crédibilité régionale de Riyad », et que les Saoudiens « dépensent désormais généreusement et sur un rythme offensif pour changer le cours de la guerre au Soudan ».